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Une affiche dénonçant la prière des musulmans au sein d’une entreprise automobile, entre rumeurs et contrevérités

Pour recomposer le paysage politique du territoire, les cantonales ont surtout composé avec un climat particulièrement toxique, pollué par des débordements islamophobes incessants, que le poison de la rumeur sournoise a dangereusement envenimés.

Véritable serpent de mer, alimenté par des ouï-dire qui ont fait couler beaucoup d’encre et de salive, la prière des musulmans, qu’elle soit dans l’enceinte d’une mosquée, sur le bitume ou au travail, aura donné le tempo endiablé de ce scrutin local, jusqu’à se matérialiser sous la forme d’une affiche placardée sur les pointeuses de l’usine d’un sous-traitant de l’industrie automobile.

Sans nommer son cœur de cible, identifiable entre mille, cet « avis à la population » diffusé par TI Automotive, à Nazelles-Négron (Indre-et-Loire), qui enjoignait les salariés pratiquants à ne plus prier sur leur temps de travail, en raison de supposées “dérives des pratiques religieuses“, sentait la discrimination à plein nez.

L’exercice d’une pratique religieuse relève du domaine de la sphère privée et ne peut se faire que durant une période non-contractuelle, comme les temps de pause“, tel est l’argument avancé par le DRH de l’entreprise à Libération, lequel n’a pas hésité à jeter en pâture ses parias tout désignés, les quinze malheureux employés musulmans sur les 380 que compte la société, au nom de sombres raisons, qui se sont avérées un tissu de ragots et de mensonges.

Créant des remous internes, l’affiche, restée une dizaine de jours, a produit son petit effet, certains salariés s’insurgeant contre une prise de décision infondée, essentiellement nourrie de bruits de couloir, tandis que, selon La nouvelle République, les délégués du personnel ont exigé des explications, n’ayant jamais eu vent de séance de prière pendant le travail.

Pris en défaut, mais également à son propre jeu, le DRH s’est livré à une stupéfiante pirouette arrière, relativisant une démarche qualifiée de “préventive“, mais qui bizarrement avait les accents de la dissuasion, tout en se flattant de l’esprit d’ouverture qui règne dans l’entreprise, déclarant : “Les gens peuvent d’ailleurs prier sur leur temps de pause du moment qu’ils ne sont pas vus“. Une mauvaise foi confinant à l’exercice de haute voltige, qui en ferait perdre son latin…

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