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Un Suédois musulman évincé du parti Social-démocrate

A 28 ans, les rêves politiques du Suédois de confession musulmane, Omar Mustafa, s’écroulent brutalement, ce dernier étant contraint de démissionner de ses fonctions au sein du parti Social-démocrate, après avoir été poussé sans ménagement vers la sortie.

Que s’est-il passé pour que ce jeune président de l’Association islamique de Suède, qui jouissait de la confiance de ses pairs, au point de se voir ouvrir les portes de leur conseil d’administration en tant que membre à part entière, en soit évincé tout aussi précipitamment ?

Encore ébranlé par ce limogeage humiliant et sans appel, Omar Mustafa garde la tête haute, se disant victime d’une terrible cabale qui n’a cessé de le discréditer aux yeux de tous, le faisant passer pour le vilain méchant loup musulman entré dans la bergerie, ou pire encore qui l’a infiltrée pour faire triompher la cinquième colonne verte…

Et pour briser la lourde chape de plomb du silence et révéler la teneur des attaques islamophobes qui lui coûtent aujourd’hui sa carrière prometteuse, celui-ci a choisi de riposter dans une lettre ouverte publiée dans le quotidien The Local.

"La direction des Sociaux-Démocrates considère qu’il est impossible de concilier un  mandat au sein du parti et dans la société civile musulmane", écrit Omar Mustafa en introduction, avant de dénoncer une décision arbitraire qui ne laisse rien présager de bon pour l’avenir : "l’arbitrage du parti est non seulement regrettable, mais elle envoie un très mauvais signal à l’ensemble des musulmans, et au-delà à tous les sociaux-démocrates qui sont des gens de foi".

De leur côté, ses farouches détracteurs et excommunicateurs, tous des apparatchiks du parti, n’en démordent pas : Omar Mustafa était une brebis galeuse qu’il fallait bannir urgemment. Face aux esprits incrédules et aux démentis du principal intéressé, ils répliquent en mettant en avant les sempiternels griefs que l’on a coutume de faire endosser aux musulmans, au centre desquels leur fameuse incompatibilité avec à peu près tout, solidement ancrée dans l’inconscient collectif, fait toujours recette.

Pour clore ce chapitre mouvementé dans les arcanes du grand parti d’opposition suédois, Omar Mustafa a choisi de tourner la page en se projetant dans l’avenir, sous le signe d’un engagement au service de la société civile musulmane qu’il a chevillé au corps, en vue de tendre vers une société où la "justice, l'égalité et les droits de l'homme" ne seront pas de vains mots ou réduits à de jolis slogans qui sonnent bien.

 

 

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