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Un boucher québécois pris de peur devant la violence islamophobe

Comme à chaque fois que ses fervents partisans la brandissent en étendard, la préférence nationale ne produit rien de bon, et à part désagréger la cohésion sociale et faire naître des vocations de justiciers islamophobes, on cherche en vain les bienfaits de cette atomisation délibérée des valeurs républicaines.

Pourtant, les apprentis sorciers du nationalisme font des émules un peu partout en France, en Europe, et au-delà des océans, jusqu’au Québec, où la charte des valeurs québécoises, qui revendique fièrement sa filiation avec la laïcité coercitive à la française, a été l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Les passions anti-voile ignobles, cristallisées par l’accident tragique qui a récemment coûté la vie à une mère de famille d’origine marocaine dans le métro, étant encore dans toutes les mémoires.

Souibgui Abdelbari est un commerçant québécois anéanti, qui a peur aujourd’hui, et pour cause ! Dans la ligne de mire de vandales qui se sont soudainement acharnés contre sa boucherie halal, ce propriétaire sans histoire d’un commerce prospère, installé dans la localité de Sherbrooke, vit un cauchemar depuis plusieurs jours, rythmé par des agressions à répétition qui sont allées crescendo.

D’abord recouvert de tags orduriers à plusieurs reprises, son magasin, dont le devant s'est retrouvé jonché de 500 petites croix en papier, a eu quelque jours après les vitres brisées, et ce au cours de deux nuits consécutives, avant d’être pris pour cible par des tirs de fusil. Pris de panique devant cette spirale de violences sans limites, Souibgui Abdelbari craint actuellement pour la sécurité de sa famille, mais, combatif, a décidé de témoigner en désignant l’élément déclencheur de ces passages à l’acte : "Pour moi, c’est lié à la charte de la laïcité ! Quelqu'un qui fait des choses comme ça, peut faire pire encore demain", s’est-il indigné devant la presse, en posant devant sa vitrine.

Quelques semaines auparavant, c’était une mosquée locale qui était dans le viseur de commandos islamophobes, souillée par des inscriptions racistes dont la teneur ne varie pas d’un iota. Consterné, Abdellah Chaker, le vice-président du lieu de culte, avait choisi de taire l’incident pour ne pas faire le jeu de ses adversaires : "Ce que ces gens veulent, c'est qu’on diffuse leur message. Nous avons donc décidé de ne pas leur faire de publicité", avait-il déclaré sobrement.

Le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, a, pour sa part, condamné haut et fort les actes inqualifiables commis à l’encontre de Souibgui Abdelbari, inquiet, et on le serait à moins, de voir les dégâts occasionnés par une charte de la laïcité foncièrement hostile au port du voile et à la visibilité musulmane, à l’échelle d’une ville tranquille, où il faisait jusqu'ici bon vivre, tous ensemble.

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