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Toi devras bien parler la France, si toi vouloir devenir un bon français

La nationalité française à l’aune de la maîtrise du français

Désormais, il ne suffira plus d’avoir de bonnes raisons de choisir l’exil en France, ni même de désirer ardemment acquérir la nationalité du pays des Lumières pour devenir un citoyen à part entière, il faudra se plier à un examen de passage linguistique au coefficient renforcé, seul à même de délivrer le visa vers l’eden idéalisé, où l’herbe est certes encore plus verte qu’ailleurs, même si ses vastes plaines sont plus escarpées que naguère.

Faire partie de la grande communauté nationale ne se décidera plus à l’aune de motivations sincères, probantes et mûries, mais d’une sélection rigoureuse qui autorisera à endosser l’identité et l’héritage de la mère patrie ceux qui n’écorcheront pas la langue de Molière.

Ainsi, un décret d’application de la loi du 16 juin 2011 paru mercredi au Journal Officiel renforce le contrôle du niveau de français exigé des postulants à la nationalité française en modifiant la méthode d’évaluation : « Environ 1 million d’étrangers présents sur le territoire national ne parlent pas le français », indique Les Echos, selon une estimation du ministère de l’Intérieur. “Les candidats à la naturalisation, soit par décret (90.000 l’an dernier), soit par mariage (20.000), devront désormais prouver leur maîtrise de la langue”, souligne le journal.

Dès janvier 2012, les prétendants à la nationalité française devront donc tous être diplômés es « maîtrise du français » manié avec rigueur et toujours de bon aloi, ou bien se verront renvoyer à leurs chères études…

A l’heure où les linguistes distingués, les amoureux du beau langage, de la culture et de l’intelligence ont déserté nos petits écrans au profit d’émissions vides de sens, d’animateurs sans vocabulaire, et de candidats de téléréalité ignares, qui rivalisent dans l’art de galvauder le bien-parler, à l’ère des textos qui ont réinventé le morse et se sont banalisés au point de pervertir l’orthographe, alors même que l’éducation nationale s’alarme face aux lacunes lexicales et sémantiques endémiques, quelle belle ironie du sort d’exiger l’excellence de la part d’étrangers, citoyens en devenir, là où les Français, jeunes et moins jeunes, seraient pour beaucoup recalés et déclarés inaptes à leur propre citoyenneté !

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