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Syrie : de la responsabilité de dénoncer

Le Ramadan nous ouvre ses portes. Ce moment de piété, de recueillement et de solidarité est l’occasion pour la communauté de foi qui réunit plus d’un milliard de musulmans de communier dans un même élan spirituel. Pour le peuple syrien, ce Ramadan s’annonce différemment. La chaleur et les privations ne seront pas pour lui les difficultés les plus dures à surmonter. Il aura à faire face à un régime de terreur qui tue. Qui tue depuis des mois dans un silence assourdissant.

Il faut appeler les choses par leur nom. Ce qui se passe aujourd’hui à Hama, Deir Zor, Deraa ou Homs est un massacre. Si le régime syrien a une armée, ce n’est certainement pas pour se préparer à une éventuelle guerre avec Israël. Ses tanks sont occupés aujourd’hui à mater une révolte populaire et pacifique qui ne demande qu’une chose : vivre dans la dignité.

Face aux images qui nous viennent de ces villes où s’entasse les corps des martyrs, il est impossible pour nous de rester muet. Le silence face à une telle répression reviendrait à être de lointains complices d’une tragédie qui nous est pourtant servi en direct. Les centaines de milliers de manifestants qui sont sortis ce vendredi après la prière de Jumu’a aux quatres coins de la Syrie nous avaient pourtant lancés ses appels de désespoir : « Samtoukoum yaqtoulouna », votre silence nous tue. Ils ne faisaient que rappeler à la conscience des musulmans du monde une tradition prophétique aujourd’hui largement délaissée : le mutisme devant l’inacceptable ne fait pas partie de l’éthique du musulman.

Alors il faut dénoncer. Dénoncer cet Etat voyou qui est sur le point de réitérer son massacre de 1982. Dénonce et contribuer à éveiller les esprits qui ne supportent plus, en 2011, de s’indigner passivement face au lynchage de tout un peuple. Le Ramadan est le mois de la paix du cœur mais aussi de la solidarité des consciences.

La communauté de foi qui unit les croyants est semblable à un seul corps nous enseigne notre Bien-aimé Prophète(Saw). Il y a aujourd’hui une partie de ce corps qui est maltraité et qui va très mal. A défaut d’avoir un élan de solidarité qui traverse les 56 pays de l’Organisation de la Conférence islamique, il appartient aux musulmans de France de condamner les agissements d’un régime aux abois et de signifier au peuple syrien notre pleine solidarité dans sa lutte pour sa libération. Sa libération prochaine insha’Allah.

Nous sommes tous des Syriens. Nous sommes tous Hama.

Nabil Ennasri

Président du Collectif des Musulmans de France (CMF).

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