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Souad Merah, entre mise au point, mea culpa et condamnation de M6

M6 l’a mise en pleine lumière, à son insu, la semaine dernière, devant une caméra cachée censée révéler sa face cachée par un réalisateur, Mohamed Sifaoui, qui joue les infiltrés d’opérette à la solde d’intérêts supérieurs, Souad Merah reste sous les feux de l’actualité brûlante, mais cette fois-ci de son plein gré et face à l’objectif d’I-télé.

Dissimulée sous un niqab qui ne laisse entrevoir que son regard, la sœur du « tueur au scooter », à l’origine d’une onde de choc de forte magnitude dans l’opinion, n’a pas fait mystère de ses griefs à l’encontre de M6. Cette dernière accuse la chaîne de l’avoir "provoquée et piégée par un montage", en utilisant son frère consentant, Abdelghani, lui-même étroitement lié à Mohamed Sifaoui, décidément omniprésent, par un livre qui suinte le marketing sensationnaliste, et qui ne profitera qu’aux artisans de ce gros coup médiatique (reportage + livre) au fort retentissement.

Dévoilant une autre facette que celle, mise en relief par M6, de la sœur farouchement militante, soutenant la fureur criminelle de son frère, et antisémite, Souad Merah a oscillé entre une mise au point teintée de contrition qui lui a fait dire "je suis une mère et je peux comprendre la douleur des mères des victimes",mais aussi "Ce n'est pas parce qu'on est parent de quelqu'un qu'on est forcément complice. Je ne suis pas d'accord avec ce qu'il a fait", et la dénonciation d’un journalisme dénué d’éthique et très orienté : "Depuis le début les journalistes puis Abdel ont tout fait pour nous salir, nous rendre responsable de Mohamed. Ce qu'on raconte sur nous est faux. Nos parents ne nous ont pas fait grandir en ayant la haine des juifs. Nous ne sommes pas antisémites", condamne-t-elle.

Et de confier, étranglée par l’émotion : "Il a beau avoir fait ce qu'il a fait, ça reste mon frère, je condamne ses actes, je ne suis pas d'accord avec ce qu'il a fait. Mais il reste mon frère, ma chair et mon sang. Je l'aimerai quand même", conclut-elle des larmes dans la voix.

Que retiendra le citoyen lambda, non initié, mais abreuvé d’images choc, de petites phrases électrisantes et d’analogies nauséeuses, de cette soi-disant quête de vérité journalistique qu’on lui inflige, sans la moindre précaution, et sous le prisme d'une transparence qui laisse pour le moins songeur ? Là est toute la question, que certains directeurs de conscience seraient bien avisés de se poser à eux-mêmes…

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