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Pourquoi Rousseau était un Gilet Jaune

A défaut de lire Rousseau, on aime le caricaturer. Ce doux rêveur aux illusions champêtres ne serait bon qu’à susciter des ferveurs prépubères. Au mieux, il serait un préromantique dont l’œuvre désuète moisit dans les rayons des bibliothèques. Au pire, un illuminé, un écorché vif, un psychopathe dont les principes funestes auraient engendré le totalitarisme. Vilipender ce manant, ce paria de la philosophie égaré dans un siècle de jouisseurs fortunés remonte à une longue tradition. Perspicace, Henri Guillemin soulignait la profonde solitude de Jean-Jacques à l’ombre des Lumières. « Rousseau, au XVIIIème siècle, c’est l’homme qui dit, ouvertement, sur la société telle qu’elle est, tout ce qu’on ne doit pas dire lorsqu’on est bien élevé et qu’on veut faire carrière. Il ne se contente pas d’exaspérer les Encyclopédistes avec ses propos sur l’âme, sur Dieu, sur la fin de l’homme, mais il les horrifie, en outre, et les épouvante, en parlant sans respect des grands et des riches. On n’est pas très porté, du côté philosophique, à des considérations de cette espèce. La secte, dira Robespierre, déclamait quelque fois contre le despotisme, mais ses membres s’employaient au mieux à se faire pensionner par les despotes. D’Holbach, Helvétius, appartiennent à la haute bourgeoisie financière ».

Les Encyclopédistes poursuivaient Rousseau de leur mépris. Mais Voltaire n’est pas en reste. « Il s’est glissé par ses spéculations, écrit Guillemin, dans la classe entretenue et n’entend pas qu’on touche au système. Pour lui, ouvriers et paysans constituent la populace, et le premier devoir des travailleurs est de rester muet dans cette servitude laborieuse qui nourrit les nantis ». Rousseau ? Pour Voltaire, c’est un gueux qui voudrait que les riches fussent volés par les pauvres. Ce que la bourgeoisie déteste, en lui, « c’est l’homme du Discours sur l’inégalité et du Contrat social, ce livre, écrit Mallet du Pan, qui fut le Coran des discoureurs de 1789. Il n’y a pas d’écrivain plus propre à rendre le pauvre superbe, note Joubert le 15 avril 1815. Et Brunetière d’insister, avec une grimace de dégoût, sur le pedigree nauséeux de Rousseau : les parents de Rousseau étaient peuple, au sens le plus fâcheux du mot ; la vulgarité de ses origines, c’est le premier trait de son caractère. Au point culminant de la réaction bourgeoise, après ces Journées de Juin 1848 qui l’ont jeté « dans des tremblements », Sainte-Beuve accable Rousseau de son mépris de classe. « Rousseau a été laquais, dit-il, et il ajoute finement : On s’en aperçoit. Taine, au lendemain de la Commune, ne voit dans toute la pensée de Rousseau qu’une rancune de plébéien, pauvre, aigri, et qui, entrant dans le monde, a trouvé la place prise et n’a pas su s’y faire la sienne ; il n’échappe à l’envie que par le dénigrement » (Henri Gullemin, Du contrat social, Présentation, UGE, 1973).

Et si cette haine pour Rousseau témoignait en faveur de sa philosophie, montrant qu’il n’avait pas seulement une longueur d’avance sur son temps, mais aussi sur le nôtre, et qu’il ne pouvait échapper à son destin solitaire en attaquant l’injustice sur tous les fronts ? Ce n’est pas seulement sa psychologie singulière qui dressait Rousseau contre une société vermoulue, mais sa pensée profonde, son système philosophique. Il détestait la bourgeoisie pour son égoïsme rapace, pour ses mœurs dépravées : elle le haïssait, elle, pour ses idées. Son époque, il la définissait dans une lettre au Mercure comme « un siècle de charlatanerie où les plus grands fripons ont toujours l’intérêt public à la bouche ». Et dans l’Emile, il lançait cet avertissement : « Vous vous fiez à l’ordre actuel de la société sans songer que cet ordre est sujet à des révolutions inévitables ». Sa philosophie, on le sait, préfigurait la Révolution française. Mais prenons garde à ne pas arrimer Rousseau au port de la bourgeoisie ascendante. La rigueur de sa pensée emportait le philosophe-paria fort loin de ces rivages rassurants. Et s’il a nourri de ses idées le processus révolutionnaire, il a surtout anticipé son usurpation par la bourgeoisie.

Une philosophie de la liberté

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Quelle est sa philosophie ? Un principe en donne la ligne directrice : qu’il s’agisse d’éducation ou de gouvernement, il condamne comme contraire à la nature tout ce qui porte atteinte à la liberté humaine. La liberté est en effet la qualité native de l’homme, elle fait « la dignité de son être ». C’est encore ce qu’il veut dire lorsqu’il affirme dans le Contrat social que l’homme est « né libre » ou lorsqu’il écrit dans le Discours sur l’inégalité : « ce n’est pas tant l’entendement qui fait parmi les animaux la distinction spécifique de l’homme que sa qualité d’agent libre ». Mais commençons par le commencement. Découvrons l’homme de la nature enfoui sous l’homme de l’homme. Pour remonter au véritable état de nature, il faut faire abstraction de l’homme social, il faut se représenter l’homme dans son état natif, sorti des mains de la nature, nimbé de son innocence originelle. S’abandonnant à l’anthropologie-fiction, il faut imaginer les hommes dispersés, épars dans les forêts. Cet état d’isolement est une fiction, mais on ne peut s’en passer si l’on veut « bien juger de notre état présent ». Dans cet état d’isolement, l’homme jouit de l’indépendance la plus complète car il se suffit à lui-même. Rien ni personne ne saurait l’asservir. Aucun lien de dépendance ne lie l’homme à l’homme dans l’état de nature, et c’est dans ce sens que cet état est exemplaire.

Il faut bien comprendre que la fiction philosophique de l’état de nature ne décrit pas un état antérieur de l’humanité. Elle a pour fonction théorique de souligner la liberté naturelle : aucun homme n’est naturellement fait pour commander ou obéir. L’oppression qui caractérise les sociétés inégalitaires n’est pas une fatalité, mais un phénomène contingent. Que des hommes soumettent d’autres hommes est un fait historique, et non une nécessité propre à l’espèce. La description de l’état de nature souligne donc la servitude propre à l’état social. Mais l’homme civil n’est pas seulement soumis à la volonté d’autres hommes, le pauvre à la volonté du riche, l’esclave à celle du maître. Il y a en outre dans l’état civil une servitude morale, la soumission à l’opinion et au préjugé. Bien loin de juger par lui-même, l’homme civil n’a plus qu’une préoccupation, celle de se conformer à l’opinion des autres. Au sens strict du terme, l’état civil est synonyme d’aliénation : c’est du regard des autres, ce ferment de corruption, que l’individu tire le sentiment de sa propre existence.

C’est pourquoi le passage de l’état de nature à l’état civil se solde par la perte de la liberté. Ce passage de l’état naturel à l’état social n’était pas inéluctable, mais il est irréversible. Contrairement à ce qu’on dit parfois, il n’y a aucune nostalgie d’un âge d’or perdu chez Rousseau. Il sait bien que la culture a enveloppé la nature et que cette transformation a arraché l’humanité à l’animalité. En revanche, la perte de la liberté qui est la conséquence de l’état social n’est pas inéluctable. Si cette perte était définitive, ce serait une condamnation sans appel de la société civile. Mais société et liberté ne s’excluent pas irrémédiablement l’une l’autre. L’œuvre politique de Rousseau montre au contraire que l’homme, par des institutions appropriées, peut gagner l’équivalent de ce qu’il perd en quittant l’état de nature. Il peut s’unir à ses semblables sans faire le sacrifice de sa liberté, puisqu’il peut trouver dans la société l’équivalent civil de sa liberté native.

Le règne de la loi

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Le problème posé par le Contrat social est précisément d’instituer l’autorité politique sans que cette institution se fasse au préjudice de la liberté humaine. L’homme devenu citoyen doit rester « aussi libre qu’auparavant », dit Rousseau. Est-ce possible ? Oui, « si chacun fait par le pacte social l’échange de sa liberté naturelle contre la liberté civile et la liberté morale » (Contrat social, I, 8). Or ces deux formes de liberté sont forgées par l’éducation et la culture, ce sont des libertés reconquises à travers une forme de soumission. Pour Rousseau, la liberté n’est pas le caprice : elle n’est pas une fonction du désir, mais un effet de la loi, elle est exigence et non pas jouissance. Si la philosophie de Rousseau déplaît aux bourgeois, c’est parce qu’elle n’est pas libérale : la seule liberté qui nous soit accessible est celle du citoyen, et non de l’individu. Elle passe par la soumission à la loi commune, et non à l’intérêt privé. La liberté est une conquête de l’homme sur lui-même : elle met en œuvre ses plus nobles facultés et l’élève à la vertu.

Mais comment peut-on rester libre en obéissant à la volonté générale ? Ce n’est pas seulement parce qu’il s’agit d’une soumission volontaire ou consentie. « Tout homme étant né libre est maître de lui-même, nul ne peut sous quelque prétexte que ce puisse être, l’assujettir sans son aveu ». C’est aussi – et surtout – parce que l’obéissance à la volonté générale garantit le citoyen de toute dépendance particulière. La loi libère le faible de la domination du puissant, elle interdit toute sujétion de l’homme par l’homme. « La liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à n’être pas soumis à celle d’autrui ». Dans l’état civil légitime, le citoyen « n’obéit qu’aux lois, et c’est par la force des lois qu’il n’obéit pas aux hommes ». Obéir à un homme, c’est avoir un maître, tandis qu’en obéissant à la volonté générale on se soumet à une autorité impersonnelle qui ne saurait supprimer la liberté.

Mais ne confondons pas le fait et le droit. « Dans les faits, les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n’ont rien », rappelle Rousseau. L’histoire enseigne que les lois sont faites par les riches. Malédiction de l’état social, cette inégalité est-elle définitive ? Non, puisque, dans le Contrat social, Rousseau indique les conditions sous lesquelles la loi est vraiment la loi, c’est-à-dire l’expression de la volonté générale. La loi ainsi entendue est un idéal, bien entendu, dont les lois existantes sont des parodies grotesques. Mais la philosophie politique de Rousseau n’aurait aucun sens si elle n’envisageait la possibilité d’une autre société. Dans l’état civil légitime – qui reste à construire – la loi n’est plus l’instrument du riche : elle émane du peuple, elle incarne l’intérêt commun. En obéissant à la volonté générale, le citoyen n’obéit qu’à lui-même. Car la volonté générale n’est pas pour lui une volonté étrangère, mais sa propre volonté, sinon comme homme du moins comme citoyen, c’est-à-dire comme partie d’un tout. « La volonté constante de tous les membres de l’Etat est la volonté générale, c’est par elle qu’ils sont citoyens et libres » (Contrat social, IV, 2).

La loi du peuple

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Mais pour que la loi soit une vraie loi, c’est-à-dire l’expression de l’intérêt commun, que faut-il faire ? La réponse de Rousseau est simple : il faut que le peuple fasse la loi. « La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée, elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point (..) Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi. Le peuple anglais pense être libre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant l’élection des membres du parlement : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l’usage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde. » (Contrat social, III, 15). La volonté générale est l’exercice même de la souveraineté, et c’est ce qui en interdit la représentation. Car que signifierait en réalité « représenter » la volonté ? Ce serait admettre que quelqu’un pourrait vouloir pour un autre. Or c’est philosophiquement impossible : la volonté est ce qui en tout homme n’appartient qu’à lui, elle est la manifestation irréductible de sa liberté. « Le principe de toute action est dans la volonté d’un être libre, on ne saurait remonter au-delà » (Emile, IV).

Le raisonnement est imparable : la souveraineté étant une volonté, et la volonté étant par essence irreprésentable, la souveraineté ne saurait légitimement être représentée. Soit le peuple veut, soit il ne veut pas, mais il n’y a pas de demi-mesure. Si des représentants pouvaient s’exprimer en son nom, cette représentation déformerait la volonté populaire. Elle introduirait des nuances qui en altéreraient la pureté, conformément à tel ou tel intérêt particulier. En réalité, la volonté des représentants se substituerait à celle des représentés. Mais si la souveraineté est irreprésentable, c’est aussi parce que la volonté est générale. Parce qu’elle est une volonté générale, la souveraineté dit la loi, mais ne l’applique pas. Pur vouloir, la volonté générale ne se délègue pas. Seul le pouvoir exécutif, chargé de l’exécution des lois, se délègue, car il détermine les conditions d’application de la loi aux cas particuliers.

C’est pourquoi les « députés du peuple », autrement dit ses représentants, ne peuvent être que « ses commissaires », des exécutants investis d’une mission strictement définie. « Ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi ». Seul le peuple est souverain, puisque la volonté générale est celle de tous les citoyens visant l’intérêt commun. Les représentants ne sauraient se substituer au peuple dans l’exercice d’une souveraineté dont il est le détenteur légitime. Mais s’il est exclu qu’ils aient le dernier mot, Rousseau suggère néanmoins qu’ils puissent participer à l’élaboration de la loi. Il ne dit pas, en effet, que toute loi que le peuple n’a pas votée est nulle. Il emploie au contraire le terme de « ratification » pour désigner l’acte souverain par lequel le peuple approuve une proposition de loi. Cette ratification, toutefois, est absolument requise. Une loi que le peuple entier n’a pas approuvée explicitement ne mérite pas ce nom. Toute législation sur laquelle chaque citoyen ne s’est pas personnellement prononcé est illégitime. Traduisons : une loi qui n’a pas été approuvée par référendum ne vaut rien.

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35 commentaires

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  1. @Patrice, @Spera… d’abord ”Joyeux Noël” que ce soit ou non approprié, et quoique avec retard, c’est sincère.
    Il semble que oumma.com permette seuls 3 échanges directs entre commentateurs, ce qui me pousse à en débuter un autre car le sujet m’interpelle, lorsque Pink Floyd apparaît (et rouler bourré) à côté de ce qui est qualifié d’universel, comme telle musique, or il me paraît évident qu’il ne saurait exister de musique universelle, celle-ci étant par nature une manifestation subjective.
    En quoi les pensées de Rousseau, des Lumières, d’Ibn-Arabi ou Ibn-Roshd ou de tout autre philosophe seraient universelles ? Et de ce fait devraient être connues, enseignées, débattues… voire appliquées.

    • @Tahar

      Joyeux Noël à vous aussi.
      Je me demande ce qui vous pousse à juger sans intérêt le débat philosophique.
      Pink Floyd a produit de tels chef d’oeuvre que ce groupe restera dans l’histoire de la musique, sans doute au même niveau que Mozart ou Berlioz. C’est une musique complexe, élaborée, qui fonctionne comme les symphonies de jadis, avec une infinité de variations sur plusieurs thèmes imbriqués. A défaut d’aimer, on ne peut qu’apprécier la qualité.
      Rouler Bourré devrait être un droit constitutionnel, au moins au sein d’un univers républicain libéré des contraintes puritaines.
      S’agissant des goûts et des couleurs, il faut aussi être capable de se libérer la tête, pour apprécier des créations hors culture occidentale. Sauf la musique chinoise. Eux, faut qu’ils arrêtent. C’est pas leur truc. L’acupuncture, ils savent faire, la cuisine, ils savent faire, la peinture, ils savent faire. Mais la musique, ils savent pas faire. C’est génétique. Quand Dieu a distribué les talents, il a oublié les chinois et la musique.
      On ne peut pas tout avoir. Le monde, et du talent.
      Encore que…
      Ouna gangnam style, oups, oups
      Bis….
      Pas mal. Limite René la Taupe.

      • @Patrice, bonjour et merci de prendre le temps.
        Je ne comprends pas ce qui vous pousse à écrire : ”juger sans intérêt le débat philosophique”. Si tel je suis perçu il y a malentendu sinon pourquoi aurai-je tenté de relancer le débat sur ce qui devrait ou non être qualifié d’universel ?

        Pink-Floyd (et Bob Dylan…) je vote ”oui”, les chinoiseries inaptes à la musique ? Abstention… mais décréter ”L’Urinoir” de Marcel Duchamp comme de l’art ? À moins que ainsi que mes lectures me l’ont laissé saisir : ”la beauté est dans l’œil du spectateur”, ce qui semble être le message de l’auteur.
        Et donc la qualité de l’œuvre musicale est dans l’oreille, même chinoise.
        Quant aux concepts philosophiques, il me semble que tous sont universels autant qu’ils le sont ainsi perçus par l’oreille, l’œil, l’esprit, le cœur… mais ne peuvent être imposés par la contrainte, car…
        Car philosopher est argument et contrainte violence et si celle-ci devient argument, il y a tyrannie et non plus philosophie qui est sagesse.

        Ce qui à mon sens signifie que philosopher devrait être universel mais non tel ou tel concept particulier, s’il est fait preuve de sagesse.

        À titre d’exemple ; l’environnement. Le droit des peuples à user de leur liberté et détruire les forêts sur leur territoire national… ou considérer les conséquences d’un tel geste sur leurs voisins, voire sur l’humanité entière ? Quel concept prévaudra : liberté individuelle ou responsabilité collective ? Liberté de semer le pavot ici ou responsabilité des dégâts potentiels ailleurs ? Pour l’heure c’est la contrainte qui est choisie comme réponse et non le débat philosophique.

        Essayons d’aller plus loin : ainsi que l’a fait remarquer un penseur : s’il est légitime à une puissance étrangère de contraindre une autre à détruire ses champs de pavot car ils causent des dégâts chez elle, il serait tout aussi légitime à la deuxième de contraindre la première à détruire ses vignobles pour les mêmes raisons.

        Nonobstant la politique et les relations internationales, manifestement il doit y avoir discussion, échange et partenariat, ce qui est bien plus proche de la philosophie que d’évoquer tel ou tel concept idéel supposé universel comme la démocratie et la légalité ici et pas ailleurs pour légitimer certaines décisions.

        Je veux dire qu’aujourd’hui l’humanité est tellement interdépendante que nul concept ne serait universel sans la participation de tous à son élaboration (nul ne doute des concepts mathématiques, tous utilisent le calcul binaire dans les smartphones, pc et tablettes. Mais ce n’est pas le cas du Big-bang ou du darwinisme).

        Désolé pour la longueur (langueur ? espère non) du commentaire mais j’essaie de faire valider mon entendement là où c’est possible selon mon humble niveau qui ne permet pas l’accès à des cercles mieux informés mais plus ardus, voire abscons.
        Cordialement.

        • @Tahar

          Je ne suis pas plus que vous accro à l’art moderne. Sauf peut être quand il demeure complexe. C’est parfois le cas. Dali, par exemple, retient mon attention, alors que Picasso m’exaspère. Côté musique, j’aime Pink Floyd parce que c’est une musique complexe, avec beaucoup de variations, beaucoup de cohérence aussi. Au final chaque album a des allures de symphonie. C’est particulièrement évident avec l’album “The Wall”, qui a servi de support à un film au demeurant éblouissant.
          Bref, possible que Pink Floyd soit l’agoniste de Mozart pour notre époque, même si je préfère Génésis, à cause des harmonies inédites et sophistiquées qui réjouissent mon oreille de musicien amateur.
          A noter au passage le fait que j’ai autant de plaisir à écouter le Requiem de Berlioz, ou le groupe de jazz de Patrice Caratini.
          Sinon, vous posez le problème de la liberté des peuples à nuire potentiellement à la planète. La culture du pavot en Afghanistan, de la coca en Colombie, ou encore la déforestation amazonienne.
          Ce sont là de vrais problèmes, qui ne seront résolus que par la négociation. Car au final, les pays riches polluent plus et pillent les ressources de la planète. C’est pareil. C’est un problème d’argent et de rapport de force, d’autant que les bénéficiaires su système sont au pouvoir, ou cachés derrière le pouvoir.
          Enfin, s’agissant de la philosophie, elle est en effet intemporelle, mais surtout très diverse. Par exemple, je me retrouve assez bien dans Démocrite, et pas du tout dans Platon.
          Voila voila
          Bonne année.

        • @Tahar

          J’allais oublier.
          Les chinois sont des gens très intéressants, qui ont inventé plein de trucs géniaux. Mais faut qu’ils arrêtent de faire de la musique. C’est pas leur truc. Ca doit être génétique. Je ne critique pas, j’écoute.
          Bref.

    • Tahar,

      Bonjour et merci, joyeuses fêtes à vous aussi.

      On ne prétend pas que les Lumières doivent être enseignées à Pékin ou Abou dabi. Il se trouve que ces philosophes étaient français et que leurs idées se sont propagées en Europe. Elles sont à l’origine des droits de l’homme et donc de nos valeurs, il est parfaitement normal de les enseigner en France. Quand on a des valeurs il faut s’y accrocher bec et ongle et ne rien céder à d’autres valeurs contradictoires.
      Quant à leur universalité je la comprends comme applicable en droits et devoirs à tous ceux qui vivent en France et en Europe quelle que soit leur religion ou leur couleur.

      • @Spera… bonjour et merci d’avoir pris le temps.

        Nous sommes d’accord en gros, j’ai exposé ma vision dans le commentaire fait à @Patrice ci-dessus.

        Il y a juste un point qui me semble nécessiter des clarifications : ”Quand on a des valeurs il faut s’y accrocher bec et ongle et ne rien céder à d’autres valeurs contradictoires.”
        Ceci est valable dans un espace donné (la France) avec ses valeurs en effet à défendre contre d’éventuelles autres venues d’ailleurs. Néanmoins n’y aurait-il pas quelques possibles nuances ? Cassoulet ou choucroute ? Garonne ou Alsace ? Faut-il restreindre l’espace hexagonal initial à celui des régions pour que leurs dites valeurs ne rentrent ni en conflit ni en compétition ? Gastronomie, foot, rugby… bien des domaines bénins créent des conflits dès qu’ils sont en contact. Et bien des fois la contrainte a dû être mise à l’œuvre pour calmer les ardeurs valeureuses.

        Il n’est pas facile de faire preuve de sagesse, surtout quand la contrainte est possible (voir la colonisation et l’absence totale de dialogue et de partenariat) et quand des valeurs sont en compétition ; peut-être faut-il reconsidérer la définition de ces valeurs ?
        Peut-être se recroqueviller dans ses valeurs ferme-t-il la porte à quelque chose d’autre de méritant, voire meilleur ? Cassoulet ou choucroute ? Pourquoi pas pizza et couscous et kebab et nems et… et… et… ? Mozart ou Pink-Floyd ? Ou Mozart et Pink-Floyd et Reggae et Gnawa et… et… et… ?
        Mondialisation ou universalisation ? Nations, patries, régions ou Humanité ?

        On peut aller plus loin : individualisme ou humanisme ? suicide ou survie ?

        Cordialement.

        • J’ai dit valeurs contradictoires vous traduisez par “venues d’ailleurs'” sans doute avez vous des exemples en tête. Il y a des valeurs contradictoires qui viennent de l’intérieur, vous n’avez qu’à écouter certains politiques, c’est pourquoi j’ai employé un terme générique.
          Je vous rejoins sur le ET et le OU.
          On peut manger cassoulet et couscous et pizza et nems. On m’a régulièrement demandé si j’étais Beatles ou Stones, je suis Beatles ET Stones. Il est dommage d’obliger à faire des choix inutiles et donc employer le ET le plus possible.
          Par contre il est des sujets où il faut bien se prononcer. On ne peut par exemple être à la fois pour et contre la peine de mort. C’est un choix sans nuance et ceux qui se disent contre mais rajoutent sauf pour tel ou tel cas sont des hypocrites en fait ils sont pour point barre.
          On ne va pas mettre nos valeurs en compétition, qu’elle idée saugrenue !, alors qu’elles conviennent à tous pourtant bien différents et à toutes les religions pourtant bien differentes, sauf une. On est pas sortis du sable si on commence à faire ça.
          On ne se recroqueville pas sur des valeurs auxquelles on adhère au contraire on les soutient, on les défend parce qu’elles nous protègent tous.

          • @Spera bonjour… je crois que nous arrivons à la limite de notre échange que je trouve édifiant.
            Sans focaliser sur les valeurs ”contradictoires” ou ”d’ailleurs” il me semble pertinent de reconnaître que toute valeur a ses limites ; liberté ET égalité peuvent-elles aller ensemble ? Libre de faire ce que je veux tout en faisant preuve de fraternité ? Trop simple.

            Je crois que l’humanité est arrivé à ce point ; quelles valeurs ? Spéculations à Wall-street engendrent famine ailleurs créant émigration donc insécurité ici ; tout est lié qu’il est impossible en toute honnêteté de décider en solo des valeurs de l’humanité e ET ensuite de les défendre.

            Belle journée.

          • @Tahar

            On en revient toujours à la formule magique, qui résout tout. “La liberté des uns s’arrête là où finit celle d’autrui”. C’est les passe partout universel qui permet de trancher la plupart des débats. … Si on admet le principe.

  2. Assalamou ‘alaïkoum.

    En plus de ce qui a été déjà dit à propos des enfants que Jean-Jacques Rousseau a faits et abandonnés aux seuls soins de la mère, le peu que j’ai lu des confessions m’ennuie, cette capacité de se justifier toujours, de se pardonner à soi-même. Un fait choquant vraiment qu’il rapporte dans ses confessions, hébergé je ne sais plus chez qui, il a volé des rubans, et a laissé accuser la servante qu’on a chassé de son service dans la maison, mise à la rue, l’allocation chômage n’existait pas. Pas de problème, Jean-Jacques Rousseau s’en justifie en larmoyant que s’il a volé les rubans, c’était pour les offrir à cette pauvre femme.

    Certes, Robespierre avait Rousseau pour meilleure référence, le seul républicain des dits philosophes, mais Robespierre ne s’est pas du tout inspiré de sa vie réelle, bien au contraire. Je réaffirme mon admiration pour Robespierre quitte à heurter les édonistes Charliesques qui étalent leur insouciance et leur m’enfoutisme sur ce site, oui, j’aime le personnage Robesppierre à l’égal de Jeanne d’Arc, mes deux personnages préférés de l’histoire de France.

    Croissant de lune.

    • @]Croissant

      Peu avant la révolution, Robespierre revendiquait encore son titres de noblesse. Il a d’ailleurs porté la perruque jusqu’au bout.
      Robespierre fut aussi le fossoyeur des libertés, et des droits de l’homme, si bien que votre adhésion à ses thèses ne m’étonne guère.
      S’agissant de Jeanne d’Arc, je conçois votre amour de la schizophrénie, et votre proximité idéologique avec le FN.
      C’est tout sauf un reproche, mêmes si vos idoles sont des dingues qui tuaient des gens. Ceci dit, ça vous rappelle sans doute votre propre religion?
      Mais c’est vrai que c’est bien de tuer des gens. Piller, violer, embrocher les enfants, brûler vifs les hommes, etc. Enfin, le quotidien des croyants. Et brûler les livres, aussi, vus que Dieu n’aime pas trop les gens qui pensent.
      C’est tout sauf une critique. Je ferais pareil à sa place.

  3. Mimile c’est vrai qu’il y a des jeunes qui dealent dans certains quartiers ; il y a aussi beaucoup de jeunes d’origine arabe dans les facs de math physique medecine et ils réussissent fort bien ;peut etre vous meme allez vous etre soigne un jour par un(e) interne d’origine marocaine….et vous Rousseau qu’en pensez vous?je vous souhaite aussi un joyeux noel

  4. Pas d’arabe mimile, mais des hommes et des femmes, des croyants de toutes confessions, des athées, mais également des musulmans et musulmanes sauf à vous rappeler que vous êtes sur une plateforme qui parle d’islam, et sans oublier ces quelques irréductibles négateurs qui n’ont de soucis qu’à cacher leurs interrogations existentielles en tentant de les noyées dans un univers qui tournoie autour de leur petit nombril, témoignent tous les jours de l’actualité et à travers elle, de faire connaitre cette religion et le message de paix qui s’en dégage.

    ” Barbarus hic ego sum quia non intelligor illis.”
    ( On me tient pour barbare parce qu’on ne me comprend point.)
    Ovide

    Salam mimile

      • Merci Cochise, j’aurais réussi ceci de remuer des zygomatiques figés dans le marbre de tes inepties et qui me vaut te t’adresser ce petit trait d’humeur:

        O vide à vide ou avide, peu me chaut. Tu n’en auras pas néanmoins, meilleur conseil à t’éviter de parler dans le vide, quand tu feras le vide en toi et autour de toi.

        Le ficher S reprendra aussi la formule, si tu le veux bien: On le tient pour banal parce qu’on le comprend bien assez.

    • @mimile, pas très sympa, non ?
      Perso je préfère noter qu’un site dédié à une ”une vue islamique (donc forcément à forte couleur arabe)” se soit transformé quasiment en club littéraire francophone, plus sympa, non ?

      En tout cas édifiant, du moins pour mon ignorante personne qui se rappelle à peine ses dissertations obligatoires de ses années de lycée (pas plus haut que cela, mea-culpa).

      Pour finir, il n’y a eu quasiment que des commentateurs arabes (du moins supposés tels selon les pseudos ou les prénoms publiés) sue ce même site dédié à la vision islamique du monde, quand le sujet fut Ibn Khaldoun ou Ghazali… chacun sa tasse de thé, il ne saurait y avoir un thé universel… enfin, Mc Do ne l’a pas encore instauré, mais qui sait ce que le futur offrira de fiction (ou friction) ?

      • Tahar, il y aurait eu un article sur les contes érotiques arabes du 14 ème siècle ou sur Tahar ben Jelloun pour le monde moderne, j’aurais pu intervenir mais j’avoue que ceux que vous citez je ne les connais pas. Les philosophes des Lumières font partie du cursus commun à tous les lycéens de France qu’elle que soit leur confession c’est donc une tasse de thé commune sinon universelle.
        J’ai cependant appris que certains philosophes n’étaient plus enseignés dans quelques lycées franciliens parce que soit disant inaccessibles à l’intellect des élèves. Sans doute une idée des enfants de ceux qui parlaient de référent bondissant. C’est odieux et vous auriez là une excellente raison de vous révolter.

        • @Spera… bonjour et merci d’avoir pris le temps de répondre.
          Si vous voulez aller plus loin il suffit de ”googler” Ghazali ou Ibn Khaldoun (ou Ibn Roshd ou Ibn Arabi… ou… ou…) pour avoir une idée de la hauteur de ceux-ci qui n’ont rien à envier à Rousseau ni aux Lumières (dont certains s’en sont inspirés).

          Quant à l’universalité d’une philosophie il y a beaucoup à dire, ce n’est pas aussi simple ; ”Le contrat social” concerne-t-il les milliards de chinois et indiens ? Peuples dont la culture et la philosophie millénaires sont basées sur d’autres concepts.

          Pour finir, est-ce parce que le ministère a décrété obligatoire l’étude des Lumières qu’un lycéen doit en être fan ? Le raisonnement serait applicable aussi à la théorie des ensembles qui est obligatoire, ou à toute partie du cursus scolaire.

          Mais je ne me révolte plus, je n’en ai plus l’âge, je constate point. Je constate qu’il y a de moins en moins de vues non-formatées par tel dogme ou telle idée préconçue, comme si tous les humains devaient voir le monde d’une seule façon.

          • @Tahar

            Pas besoin d’être fan pour étudier un philosophe. J’ai étudié Platon, qui est aux antipodes de ma vision du monde, et Aristote, le penseur adoubé par le moyen âge, avec tout de même un certain intérêt. Tout n’est pas à jeter. Idem pour Rousseau. Mais je gage que vous en convenez.
            Sinon, c’est vrai que l’analyse critique a sévèrement régressé, depuis les années 70, à savoir l’apogée de l’humanité. (Plus de religions, Pink Floyd, les soldats qui désertent, et tout le monde qui copule) (Sans parler du fait qu’on roulait bourré).

          • Tahar, chacun a le droit d’aimer ou pas mais pour le savoir il faut y avoir accès. Moi j’étais une buse en math, une véritable torture. Pareil en fac avec la linguistique quand il m’a fallu réduire en équation une phrase en Swahili. Si vous ne vous souvenez plus de vos cours, peu importe, il vous en reste l’essentiel c’est à dire réfléchir, analyser, avoir l’esprit critique et savoir l’exprimer.

    • Tiens, Mimile, alors puisque vous n’avez pas dealé mais étudié, à vous l’honneur, développez-nous un commentaire profond sur le thème, “Jean-Jacques Rousseau est-il un Gilet Jaune?”

      Je repasse ce soir pour la copie, soyez à la hauteur puisque vous blâmez et accablez les autres. Restez dans les limites de la légalité toutefois, ce site n’est pas un défouloir ni un dépôtoir, que savez-vous des dits Arabes à part des clichets prédigérés?

      Croissant de lune.

    • @steve
      Tout de suite la confusion et la propagande
      Mais c’est perdu !
      Tu aurais pu plutôt comparer au système Suisse qui ressemble bien plus à ce qu’explique Bruno Guigue, notamment lors des fréquentes votations.
      Bien tenté.

    • @Steve

      Ca me parait constituer une bonne définition. Robespierre et Lénine s’en sont inspirés. Rien ne manque, pas même l’apologie de la dictature du peuple et celle de la peine de mort.
      Mais l’analyse est quand même assez pointue, et moins niaise qu’on ne saurait l’imaginer. C’est donc bien les marxisme qui se dessine dans ces écrits, même si l’économie est laissée de côté.
      Comprenez: C’est intéressant. C’est tout.

  5. moi aussi je prefere Voltaire à Rousseau;faire 5 enfants à sa gouvernante et les abandonner tout en ecrivant un manuel sur l’education des enfants;il fallait oser ;mais j’aime aussi Frederic Dart et Balzac !Joyeux noel Patrice et Spera!

  6. @Spera

    Frédéric Dard? Je ne l’apprécie plus trop, mais c’est comme Vian. Ca vieillit mal. Alors que Mark Twain, ou Groucho Marx n’ont pas pris une ride.
    En fait, mes idoles actuelles (…) sont Maupassant et Balzac. Retour au classique, après en avoir été dégoutté en Hypokhâgne. Retour à l’écriture, aussi, dont ces boutins d’étude de lettres m’avaient éloigné.
    Pour ce qui est de Voltaire, je le détestais, surtout parce qu’il concluait avant de commencer. Je l’ai donc redécouvert il y a peu. Je reconnais que c’est drole et passablement bien écrit. A noter quand même le fait que j’avais, aussi, redécouvert récemment Rousseau, que je méprisais dans les années 70, en comprenant enfin la pertinence de sa pensée. Il avait d’ailleurs du mérite à faire ces analyses subtiles en l’absence exhaustive d’informations solides. Ceci dit, il méprisait les faits. Ca, c’est pas bien.
    Du coup, j’hésite entre les trois, car chacun d’eux a beaucoup apporté aux Lumières. On se moque un peu de savoir que c’étaient des hypocrites, surtout Rousseau, ou des corrompus cyniques, comme Voltaire. “Corrompus” au sens figuré.
    Ma sympathie va quand même à Diderot. Il est bien plus fin que Voltaire, et beaucoup plus décadent.
    Joyeuses fêtes de Noël, amie. A ce propos, je dîne avec Alex, demain soir (l’âne de la crèche). Enfin,” demain” dimanche, vu que le 24 , il est de service. Il m’a invité à l’Hypothalamus, je sais, pas très luxe, mais ça n’est qu’une bête.

    • Je dois avouer que Diderot connais pas, à part le fait qu’il ait écrit une encyclopédie avec d’Alembert.
      Soit il est passé à la trappe de ma mémoire, soit mon prof n’était pas passionné et a moins développé. Il était peut-être aussi moins interressant ou accessible vu l’âge auquel on étudie le siècle des Lumières.
      Je partage votre goût pour Maupassant moins pour Balzac avec une exception la Peau de Chagrin sans doute pour le fantastique une de mes passions littéraires.
      Joyeux Noël à vous aussi , je ferai la teuf avec le boeuf mais dans un autre restaurant par délicatesse.

      • @Spera

        Joyeux noël à vous aussi.
        Vous dînez avec Bernard? Gaffe aux bouses. Mais je reconnais qu’il est très sympathique, surtout pour un bœuf. Je dois quand même vous mettre en garde: Il picole. Ne le laissez pas conduire.

  7. Comme j’ai récurremment dit du bien de Rousseau, je me dois de nuancer un peu.
    Un pédagogue qui abandonne ses cinq enfants à l’assistance, un spartiate qui fait le pique assiettes, chez les riches, un ennemi des philosophes qui ne fréquente que des philosophes, un amoureux de la liberté en faveur de la dictature et de la peine de mort, un amoureux de la campagne qui n’y a jamais mis les pieds, un thuriféraire des travaux manuels incapable de planter un clou….
    Il a cependant levé un lièvre en faisant le lien entre civilisation et violence. Même si, comme le souligne l’article, sa conception du bon sauvage était passablement floue, faute de données issues du réel, on a aujourd’hui confirmation du fait que le meurtre est un pur produit des sociétés inégalitaires. Il n’en n’est que plus paradoxal que Rousseau puisse recommander une forme de dictature violente, façon dictature du prolétariat, et pas forcément astreinte au respect des droits de l’homme. Rousseau a d’ailleurs été l’inspirateur de Robespierre.
    Mon intérêt pour Rousseau procède donc du fait qu’il fut le premier à lier la dérive morale, et la dérive vers la violence, aux inégalités des sociétés de classes. A son époque, cette analyse a paru très niaise, en particulier à Voltaire et Diderot, le nanti cynique, et le fêtard immoral. (Le plus moderne des trois).
    Mais chacun a apporté sa pierre l’édifice, à savoir la chute de la monarchies de droit divin.
    Je note aussi le fait que Rousseau était celui des trois qui était absent d’humour. Quant au plus prolétarien, c’était sans nul doute Diderot, qui se torchait avec les pauvres et méprisait la Cour. Sans doute était-il le seul athée des trois.
    Ca ne t’intéresse pas, ce que je raconte? Je dois dire…
    Joyeuse St Noël quand même. Enfin un dieu qui existe vraiment! Je l’ai vu à Carrefour.

    • J’étais sûre que vous feriez un commentaire…
      Merci de parler de l’abandon de ses enfants, c’est ce qui m’a fait m’en méfier au plus haut point dans mes années lycéennes après avoir adoré l’Émile. Les gens qui disent et font le contraire sans citer personne…j’ai donc opté pour Voltaire ad vitam aeternam (7 ans de Latin et toujours le Gaffiot dans ma bibliothèque), lui en plus avait de l’humour ou du cynisme c’est selon, en tout cas cela m’a valu des points supplémentaires au bac d’un prof excédé d’entendre des fans de Rousseau.
      Cela dit il faut que je le relise sans animosité il semblerait qu’il ait eu des analyses pertinentes.

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