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Psychanalyste et musulmane dans le contexte français

Dernière  partie de l’entretien avec la psychanalyste Marie-Odile Delacour-Huleu qui  évoque aujourd’hui la difficulté de revendiquer son attachement à une spiritualité ( islam en l’occurrence) et une pratique  psychanalytique.

Peut-on être psychanalyste et musulmane dans le contexte français d’aujourd’hui?

Peut-on être psychanalyste et musulmane dans le contexte français d’aujourd’hui?Dernière partie de l’entretien avec la psychanalyste Marie-Odile Delacour-Huleu qui évoque aujourd’hui la difficulté de revendiquer son attachement à une spiritualité ( islam en l’occurrence) et une pratique psychanalytique.

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Publiée par Oumma.com sur Lundi 29 avril 2019

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6 commentaires

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  1. @Croissant de lune et A. Reyes.
    Effectivement oui on a critiqué la psychanalyse par manque de scientificité et d’efficacité.

    Onfray je ne sais pas ce qu’il raconte. J’ai tenté de le lire mais j’ai renoncé : sa façon de tenter de faire du Nietzsche sans en avoir ni le style ni la profondeur m’a immédiatement rebuté. Par ailleurs, un philosophe comme Onfray qui juge la psychanalyse ne me paraît pas super probant non plus. Il faut être soit un scientifique soit un philosophe des sciences du niveau de Kuhn pour dire des choses valables à mon avis.

    Pour les enfants autistes, le « packing » a été très attaqué. Il consiste à envelopper des enfants dans des linges froids et humides. Technique qui n’a pas démontré de résultats probants voire qui s’est montrée néfaste mais qui a eu un développement théorique pour la justifier. Sans doute dérivé de la thèse du « moi peau » d’Anzieu.

    Pour condamner la psychanalyse, il faut plutôt regarder les études sur l’évaluation des psychothérapies et en déduire les indications où elle a peut avoir sa pertinence. C’est ça la tendance aujourd’hui.

    Sinon il n’est pas absurde de connecter spiritualité et psychologie, voire psychothérapie. J’ai cité Jung plutôt pour l’approche théorique. On peut citer les TCC et la neuropsychologie qui examine aujourd’hui les effets de la méditation (donc dérivée du bouddhisme) sur les troubles et le fonctionnement psychiques. Voir notamment les thérapies basées sur la « pleine conscience » qui arrive sur le marché grand public dans le cadre des techniques de développement personnel qui sont sans doute des foutaises pour la plus grande part, destinées à faire du pognon. Je connais en effet très bien le bouddhisme et son approche spirituelle basée sur des pratiques ainsi que la psychologie : il vise bien à modifier l’esprit et peut donc sans doute avoir des effets psychothérapeutiques meme si ce n’est pas sa vocation à la base. Qu’en est-il de l’islam et notamment du soufisme cité par l’auteur ? Aucune idée.

    Enfin, l’auteur ne dénonce pas l’hermétisme de l’islam à la psychanalyse mais le contraire. Le fait que la psychanalyse (enfin le courant dominant en France issu de Freud et de Lacan) rejette tout recours aux approches spirituelles, dont l’islam.

    • @Zarathoustra

      Vraiment dommage que vous ayez renoncé à la lecture du “Crépuscule d’une idole”. Certes, 600 pages, avec pas mal de répétitions, mais très convaincant. D’ailleurs qui a jamais été guéri par un psychanalyste? Ruiné, on peut citer des exemples, mais guéri?
      Ceci étant posé, on ne guérit pas pas la folie. Elle se guérit toute seule, ou pas. Ce n’est peut être pas une maladie.
      Pas plus que la foi, d’ailleurs. Juste une dérive cognitive. Au final le lien entre foi et psychanalyse est assez pertinent. C’est celui entre deux dérives de la pensée logique qui convergent pour produire un tissu d’âneries.
      Respect. (Crainte). Il n’y a plus que le respect pour cautionner l’absurdité. Par définition.

      • @patrice. Je suis revenu de la psychanalyse comme panacée je vous rassure. De Nietzsche également au passage. Je vous parle d’évaluation des psychothérapies meme si les méthodes peuvent être contestées. Donc pas de philosophie mais de démarche à vocation scientifique, qui repose fondamentalement sur une logique statistique. Si ce type de démarche aboutit à la conclusion qu’il n’y a aucune indication valable pour la psycho dynamique aucun problème pour moi?

  2. Vous classez la note en “sciences”, mais la psychanalyse n’est pas une science. (Pour l’entretien, je n’en dirai rien, ne l’ayant pas écouté). La psychanalyse s’apparente plutôt à une religion, qui comme toutes les religions a ses croyants, ses dogmes et quelques vérités à dire mais porte aussi beaucoup d’illusions. (Pour ma part, je n’envisage pas l’islam comme une religion mais comme une révélation nous incitant, comme le veut le Coran, à réfléchir).

  3. Oui, et ça consiste en quoi cette psychanalyse? Je laisse à meilleur connaisseur de trancher mais à priori ça me semble incompattible, non, on ne peut pas être en même temps Musulmans ou Musulmane et psychanaliste. Psychothérapeute utilisant différents procédés d’analyse comme modèle mais à but thérapeutique et sans nécessairement y croire, je dirais oui, mais un Musulman ne peut pas croire à des hypothèses et théories au minimum hasardeuses aux résultats thérapeutiques pas probants. Selon moi, mais demandez à d’autres, je dirais qu’il faut choisir ma sœur entre votre dine et votre supposée discipline, le charlatanisme est défendu en Islam on ne peut pas sortir de là. C’est pas politiquement correct mais on n’est pas ici pour se raconter des histoires. Michel Onfray a très bien et rigoureusement ruiné la psychanalise en France, il fallait que cesse ces délires notamment s’agissant du traitement d’enfants auttistes dont la cause était je ne sais selon quel raisonnement renvoyée à la mère ou à la fonction de mère etc. Et surtout ça ne marchait pas, et les quatre vérités de Michel Onfray ont irrémédiablement ruiné la psychanalise en France malgré les gérémiades d’Elizabeth Roudinesco qui s’écriait, “Pourquoi tant de haine”?

    Si vous voulez soigner les gens, aider les gens, la psychanalyse ne vous sert à rien, ici nous sommes sur un site de Musulmans, pas sur France-Culture, désolé.

    Croissant de lune.

  4. Témoignage original. Mais je ne pense pas que c’est dans la laïcité à la française qu’il faille rechercher cette « distance » entre psychanalyse et religion ou plus largement spiritualité. Dès ses origines, la psychanalyse se heurte au scepticisme voire à l’hostilité de la religion chrétienne qui imprègne les sociétés européennes, il me semble. Le paradigme du développement psychosexuel de l’être humain avec sa thèse de l’enfant « pervers polymorphe », que Freud développe dans ses Trois essais sur la théorie sexuelle, fait en effet scandale. Par ailleurs, Freud nourrit un rapport ambivalent avec le judaïsme : il plaide pour l’émergence d’un nouveau type, le « juif psychologique », prônant plutôt un athéisme basé sur la science. En résumé, approche psychanalytique et approche spirituelle n’ont jamais fait bon ménage, exception faite de Jung influencé par le mysticisme occidental et extrême oriental mais qui a été considéré comme dissident par Freud.

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