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New York : le meurtre d’une jeune avocate musulmane engagée suscite une immense émotion

Un mois aura été nécessaire à un médecin légiste new-yorkais pour éclaircir les circonstances de la mort de Ola Salem et mettre un terme à l’insupportable attente de ses proches, totalement anéantis par sa disparition brutale. La très dynamique et attachante avocate de 25 ans, engagée dans la défense des femmes et des enfants victimes de violences conjugales et de maltraitances, a bel et bien été assassinée, le 24 octobre dernier.

Le corps sans vie de cette jeune américaine d’origine égyptienne, née dans le quartier résidentiel de Coney Island, à Brooklyn, a été retrouvé, entièrement vêtu et dissimulé sous des feuilles, dans une partie boisée du parc Bloomingdale situé sur la côte sud de Staten Island.

Connue et appréciée à la fois pour sa piété, son franc-parler, son sens de l’humour et son extraordinaire pugnacité, la poussant à braver toutes les difficultés, les dangers et parfois même l’autorité, cette ardente défenseuse des droits des femmes musulmanes, qui ne tolérait pas de les voir méprisés, piétinés ou, pire encore, violés, serait morte par asphyxie due à une torsion du cou.

A ce stade de l’enquête, aucune piste n’est écartée par la police. Cruelle ironie du sort, celle de la violence conjugale ayant tourné au drame est actuellement étudiée.

« Elle était très profonde, avait une vraie conscience politique, mais elle était aussi d’une nature joyeuse. Je peux fermer les yeux et l’entendre rire encore », a déclaré avec une profonde tristesse une amie proche Dania Darwish, la présidente du Aisyah Women’s Centre, le premier foyer d’accueil privé créé à New York pour les femmes musulmanes en détresse. Des femmes forcées de fuir, seules ou avec leurs enfants, le domicile conjugal afin d’échapper à des conjoints mués en tyrans domestiques.

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Avant d’y trouver elle-même refuge, après un mariage tumultueux et une séparation avec son mari des plus houleuses, Ola Salem s’y était investie pleinement et activement dès son ouverture, en tant que bénévole, prodiguant des mots de réconfort ainsi que de précieux conseils juridiques à ses coreligionnaires en plein désarroi.

Aussi, l’annonce de sa mort a-t-elle suscité une immense vague d’émotion. Les messages de condoléances accompagnés de prière en sa mémoire ont afflué sur les pages Facebook des membres de sa famille. Tous ont loué ses grandes qualités humaines et professionnelles, son sens de l’engagement et de l’abnégation, sa combativité, son implication dans des oeuvres de bienfaisance et des campagnes de sensibilisation au cancer du sein, tout en rappelant qu’elle ne laissait jamais rien percevoir de ses propres fragilités, peurs et souffrances.

Accablées de chagrin, les femmes musulmanes abritées au sein du Aisyah Women’s Centre ont souhaité lui rendre hommage en créant une page GoFundMe portant son nom. L’argent récolté tombera dans l’escarcelle d’un foyer où la regrettée Ola Salem aura vécu ses derniers instants, avant que son destin ne soit foudroyé, un jour funeste d’octobre.

«  Elle était un symbole d’espoir et de positivité pour beaucoup d’entre nous. Nous pouvons encore entendre ses éclats de rire à travers nos murs et sentir sa présence si lumineuse et bienveillante autour de nous », ont-elles écrit sous une plume bouleversée.

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