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L’image d’Israël fortement dégradée dans l’opinion américaine

Selon Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis à l’IRIS, « de la part de la population américaine en général, il y a de plus en plus un désaveu d’Israël ». Intervenant sur France Info, il décrit une évolution sensible de l’opinion, notamment chez les jeunes générations. Israël n’est plus perçu comme « le petit frère […] protégé par les États-Unis », explique-t-il. « La jeunesse américaine aujourd’hui a une autre perception d’Israël. Ce n’est plus le petit pays qui s’est créé par la force des survivants d’Auschwitz », affirme-t-il encore. « Ils le perçoivent comme un pays parfois oppresseur, colonisateur », ajoutant que Benjamin Netanyahu « a donné à Israël un visage génocidaire […] pour ces jeunes ».

Romuald Sciora souligne également un tournant au sein de la communauté juive américaine. « Ils ont toujours bien souvent soutenu Israël. Aujourd’hui les choses ont changé », observe-t-il. Selon lui, une majorité se dit désormais opposée « non pas à Israël évidemment mais à la politique de Netanyahu et à la poursuite de la colonisation ». Des mobilisations, notamment sous le slogan « Not in my name », ont illustré cette prise de distance.

 

 

Cette évolution marque un tournant plus net de l’opinion américaine, surtout chez les jeunes et dans des milieux longtemps pro-israéliens. Benjamin Netanyahu est de plus en plus directement visé : ses choix sont accusés d’avoir fortement abîmé l’image d’Israël, en renforçant les critiques sur la colonisation, la guerre et, pour certains, des accusations de dérives à caractère génocidaire.À gauche, au sein du Parti démocrate, des figures comme Rashida Tlaib, Ilhan Omar ou Bernie Sanders haussent le ton. Ils dénoncent la politique israélienne et appellent à revoir, voire conditionner, le soutien américain. Une position autrefois marginale mais désormais plus visible, surtout chez les jeunes élus et militants.

À droite aussi, des voix se font entendre. Dans la mouvance MAGA, une partie de la base et certaines figures critiquent de plus en plus Israël, dénonçant un alignement jugé excessif et le coût des engagements extérieurs. Une ligne encore minoritaire, mais qui participe à banaliser la critique.

Au final, la contestation s’élargit dans les deux camps. Elle pourrait peser davantage sur le débat politique américain, où le soutien à Israël apparaît de moins en moins automatique.

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