L’organisation caritative Islamic Relief USA (IRUSA) a annoncé avoir rompu ses liens avec son partenaire international, Islamic Relief Worldwide (IRW), dans un contexte de fortes pressions politiques aux États-Unis. Dans des documents judiciaires, IRUSA explique avoir pris cette décision pour protéger son statut fiscal, menacé par des enquêtes demandées par des élus américains. Le républicain Jason Smith, influent au Congrès, s’est d’ailleurs félicité de cette rupture, qu’il attribue à l’action de sa commission.
En réalité, la séparation ne date pas d’hier : amorcée dès 2019, elle a été accélérée par les pressions politiques récentes. IRUSA affirme n’avoir jamais participé à des activités illégales, tout en jugeant le maintien de liens devenu risqué. Depuis plusieurs mois, certaines organisations musulmanes sont dans le viseur de responsables politiques, qui évoquent des soupçons de liens indirects avec des groupes terroristes. Des accusations contestées par les ONG concernées.
IRUSA a également engagé des poursuites contre IRW à New York, l’accusant de nuire à sa réputation, notamment via des collectes de fonds aux États-Unis jugées trompeuses. De son côté, Islamic Relief Worldwide, ONG internationale basée au Royaume-Uni, régulièrement accusée de proximité avec les Frères musulmans, rejette fermement ces accusations et se présente comme une organisation strictement humanitaire.
Cette affaire illustre un climat de méfiance croissante envers les ONG musulmanes aux États-Unis, en particulier depuis le génocide à Gaza.

