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Marseille : le projet de la grande mosquée enterré par le tribunal administratif

D’atermoiements en revers cuisants, le projet de la mosquée de Marseille a connu une gestation pour le moins chaotique, ponctuée de recours juridiques de l’extrême droite locale, et son dernier obstacle juridique de taille scelle définitivement son sort : le tribunal administratif de Marseille vient en effet d’annoncer qu’il avait purement et simplement annulé le permis de construire. En suspens depuis dix-huit mois, déchaînant les foudres des habitants et des commerçants, c’est un coup de grâce qui est cette fois-ci porté à cette grande réalisation cultuelle et culturelle de la cité phocéenne, censée accueillir 150 fidèles par jour en moyenne, 1 000 à 1 500 le vendredi et 10 000 à 14 000 pendant les fêtes.

Mettant en avant les incertitudes sur les modalités de stationnement, le tribunal administratif a tranché en suivant les préconisations du rapporteur public. La réalisation d’un parking de quatre cent cinquante places, que la communauté urbaine projette dans une ZAC voisine, n’a “pas encore fait l’objet d’un engagement formel”, a souligné la juridiction.

L’impact visuel de l’édifice a également pesé dans la balance, et l’a fait pencher du côté des peurs populaires lancinantes, craignant de voir ce phare de l’islam sortir de terre et s’élancer dans le paysage urbain. “Insuffisance du document graphique permettant d’apprécier l’insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain” a justifié le tribunal, qui enterre ainsi un chantier mort-né, dont les premiers coups de pelle devaient être donnés en février à Saint-Louis, sur le site des anciens abattoirs, dans le nord de la ville.

La déception se lisait sur les visages des promoteurs et défenseurs de la mosquée, au premier rang desquels l’architecte Maxime Repaux ne cachait pas sa consternation : « Je trouve assez hallucinant qu’on nous annule le permis de construire pour une histoire de parking alors qu’on cherche à sortir l’islam du garage et qu’on veut arrêter les prières de rue”.

Bizarrement, alors que le conseil régional du culte musulman (CRCM) avait appelé en septembre à la création d’un lieu de culte “digne de ce nom”, cet arbitrage de la justice intervient après la parution dans le quotidien La Marseillaise d’une note des plus alarmistes, signée de la sous-direction de l’information générale (ex-renseignements généraux) des Bouches-du-Rhône, sur la multiplication des lieux de culte à Marseille de nature à entraver “la normalisation” de la religion musulmane. Il n’y a pas de fumée sans feu…

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