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Les mères voilées interdites de sorties scolaires par la justice

Le verdict du tribunal de Montreuil, dans la Seine-Saint-Denis, tombe comme un couperet, et scelle le sort des mères de famille voilées désireuses d’accompagner des enfants lors de sorties scolaires : toute école primaire pourra exiger dans son règlement intérieur que ces "mamans à part" retirent le foulard qui fâche, sans que les grands principes constitutionnels s’en trouvent le moins du monde affectés…

Une mère du collectif Mamans toutes égales vient donc d’être déboutée de son recours en justice contre le règlement, pour le moins liberticide, d’une école de Seine-Saint-Denis. La neutralité sans limites du temple scolaire était en marche, et même si le ministre de l’Intérieur Claude Guéant avait reculé devant la controverse qui grondait, assurant qu’aucune loi ne refoulerait les mamans voilées de l’enceinte éducative, ce jugement, qui est un vrai satisfecit pour le gouvernement, les livre à la vindicte sans autre forme de procès, et pire encore, les fait passer pour des dangers publics.

Abondant dans le sens de la démagogie laïcarde, cette décision a été très favorablement accueillie au sein de l’UMP, toujours talonné de près par Marine Le Pen et sa préférence nationale brandie en étendard, et notamment par celui qui se fait le chantre de l’éradication du voile dans le paysage urbain, Luc Chatel, ministre de l’Education. Ce dernier ayant déjà publiquement pris parti en faveur du refus d’une école de Pantin d’autoriser une femme voilée à accompagner une sortie, à laquelle participait son fils.

En dépit d’une levée de boucliers contre un dévoiement caractérisé de la loi de 1905, différents établissement scolaires, allant dans le sens du vent nationaliste, ont pris la liberté de modifier leur règlement intérieur, et tant pis si l’esprit de la loi est altéré !

L’exemple de l’école primaire de Montreuil fait figure de cas d’école : l’école Paul-Lafargue, dans une modification apportée à son règlement intérieur, a prévu que les parents accompagnateurs ne puissent pas porter de signes religieux. La Mairie de Montreuil, par la voix de Dominique Voynet, a eu beau dénoncer cette modification inique, le rectorat a plaidé pour le rejet du voile, au motif qu’il a « un effet de prosélytisme ». Le tribunal administratif a suivi ce raisonnement, jugeant que : la modification au règlement intérieur de l’école était « une application du principe constitutionnel de neutralité du service public ».

La course à la présidentielle n’a pas encore reçu le top départ officiel, mais, pas de doute, les voyants du populisme le plus funeste sont déjà tous au rouge !

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