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Les femmes veulent être mieux représentées dans les parlements du monde arabe

La vidéo d’une session parlementaire jordanienne a affolé la toile le 3 décembre dernier. L’extrait largement partagé et intitulé « Asseyez-vous Hind ! » montre le député Yahya al-Saud qui, n’ayant pas pu amener sa collègue à s’asseoir pour l’écouter, a maudit le système de quota qui a ouvert les portes du parlement aux femmes, notamment la députée Hind al-Fayez en 2013.

En 2006, une étude sur la couverture médiatique des campagnes électorales menée par Nibal Thawabteh a indiqué que le pourcentage des femmes dans les parlements arabes s’élevait à 4.6% comparé à 12% dans les parlements Africains et 16% en Europe et dans les Amériques. La moyenne de la représentation féminine dans les parlements du monde ne dépasse pas 13%, ex-aequo avec la moyenne dans le Parlement Palestinien.

En 1996, cinq femmes seulement étaient élues au parlement, mais suite au combat des féministes pour imposer un quota de femmes atteignant 20%, leur nombre a augmenté et 17 ont gagné lors des élections parlementaires de 2006. Aujourd’hui, l’Union Générale des Femmes Palestiniennes (UGFP), en coordination avec des organisations féministes, s’apprête à augmenter le quota à 30%.

Le 5 janvier dernier, l’UGFP a programmé des réunions avec les partis de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine), ainsi qu’avec des enseignants, des journalistes et des associations d’avocats afin de discuter sur l’augmentation de la représentation féminine dans leurs conseils.

Interrogée par Al-Monitor, la militante Nawal Zaqout de l’UGFP a souligné qu’un travail intensif est en train de s’effectuer et qui vise à augmenter le quota qui garantit la présence de femmes dans les syndicats, les partis politiques et le parlement. Elle a indiqué que cette activité s’inscrit dans le cadre d’une stratégie ambitionnant de faire un bond en avant pour promouvoir la participation des femmes aux postes de prise de décisions politiques, en collaborations avec les organisations onusiennes de la femme.

Et d’ajouter : « Jusque-là, il y a unanimité [durant les réunions de l’UGFP] quant à l’augmentation du quota de femmes, de 20% à 30%, à Gaza, en Cisjordanie y compris à Jérusalem. » Elle a insisté sur la nécessité d’un quota dans une société patriarcale.

Et pourquoi cette question surgit-elle à ce moment précis ? La réponse a été recueillie auprès de la militante féministe Andalib Adwan qui a mis l’accent sur l’importance de préparer les élections parlementaires et présidentielles qui risquent d’être annoncées d’un moment à l’autre. C’est le moment propice pour que le mouvement féministe fasse pression pour l’amendement de la loi électorale.

Elle a confié à Al-Monitor : « Le quota de 20% a été requis lors des élections de 2006, néanmoins, nous n’avions obtenu que 13%. C’est pourquoi, nous demandons aujourd’hui que le quota atteigne 30% afin de garantir aux femmes au moins 20% des sièges du parlement. »

Ayant assisté à la réunion du 10 février regroupant l’UGFP et les partis Palestiniens, dont le Fatah et la gauche marxiste, Adwan a mis l’accent sur la représentation féminine au sein de ces partis comme suit, telle que présentée par leurs dirigeants : les femmes représentent 12% du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), et 17% de ses dirigeants. Elles représentent 40% du Front Arabe Palestinien et 30% de l’Initiative Nationale Palestinienne. Le taux des femmes au poste de dirigeant dépasse 30% dans l’Union Démocratique Palestinienne (FIDA) qui pour rappel est présidée par une femme, Zahira Kamal.

Il convient de noter que lors des premières élections présidentielles de 1996, le seul concurrent du candidat Yasser Arafat était une femme, la militante féministe Samiha Khalil. Au cours des élections parlementaires de 2006, la Cisjordanie a, selon le système de représentation proportionnelle, attribué un quota de 20% aux femmes, y compris la moitié des sièges du parlement, tandis que l’autre moitié était soumise au système de circonscriptions électorales lequel ne dispose pas de quotas.

Le Hamas est toujours exclu des réunions de l’UGFP puisqu’il ne fait pas partie des factions de l’OLP. Pourtant, les femmes au Hamas soutiennent le système de quota et prennent part aux réunions de l’UGFP, quoique ce dernier ne semble pas apprécier cela. Huda Naim, députée qui représente le Hamas a confié à Al-Monitor : « Le système de quota n’éveille en moi aucun sentiment de rivalité et de concurrence, néanmoins, je reconnais qu’il est important à ce stade. »

Elle a ajouté que les femmes ont peu de chance de gagner aux élections sans le système de quota tout en précisant qu’aucune candidate indépendante n’a pu gagner en Cisjordanie et à Gaza sans le soutien du parti auquel elle est affiliée. Le système de quota, a-t-elle poursuivi, n’est appliqué que dans les communautés patriarcales qui ne soutiennent pas la présentation de femmes aux élections.

S’agissant des activités de l’UGFP aspirant à augmenter le quota, Naim a répondu que les femmes au sein du Hamas, y compris elle, ne sont pas invitées aux activités de l’UGFP et des institutions féministes pour des considérations politiques et formelles.

Et d’ajouter : « Je suis assurément en faveur de l’augmentation du quota à hauteur de 30%. Nous avons besoin de la présence féminine au parlement pour qu’elles approuvent des lois qui traitent les femmes de façon équitable. Nous avons actuellement besoin que des efforts extraordinaires soient déployés pour adopter des lois garantissant les droits des femmes, étant donné le manque de femmes au parlement. »

Le Hamas n’a pas voulu donner son accord pour la publication du pourcentage de femmes au sein du Hamas et du Conseil de la Choura du Hamas. Selon les déclarations de Naim, le pourcentage de femmes dans le Conseil de laChoura du Hamas est calculé sur la base du pourcentage des femmes membres du Hamas. « Le Conseil de la Choura est le seul organisme du Hamas où les femmes sont intégrées, alors qu’il y a un vis-à-vis féminin dans tous les autres organismes dominés par l’homme, » conclut-elle.

Mais pour espérer que des femmes remportent le plus de sièges aux prochaines élections, il faudrait plus que l’augmentation du quota. Il faudrait d’abord passer au système de représentation proportionnelle plutôt que l’actuel système de vote parallèle.

Dans l’actuel système de vote, 50% sont élus par un système de représentation proportionnelle, et les 50% restants sont élus au moyen d’un concours entre les candidats individuels dans les circonscriptions plurinominales. Dans ce dernier, c’est l’influence des familles et des tribus qui l’emporte sur le scrutin de liste, ce qui pèse lourdement sur les chances des femmes.

 Traduction : Info-Palestine.eu – Niha
 

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