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Les DRH en faveur de la suppression de jours fériés chrétiens

Si tous les directeurs des ressources humaines pouvaient se donner la main et former la grande chaîne de solidarité pour les jours fériés déchristianisés, la face de l’Hexagone n’en serait peut-être pas changée (quoique…), mais la diversité des religions au sein de l’entreprise ne pourrait que mieux s’en porter.

Les appels incantatoires à la laïcité sont faciles, leur mise en œuvre au nom du vivre-ensemble est difficile, surtout quand cela passe par la suppression  des jours fériés de l’Ascension, du 15 août, et du lundi de Pentecôte.

Casse-tête organisationnel, à l'instar de l’essai peu concluant de la suppression du lundi de Pentecôte par solidarité envers les personnes âgées, ou électrochoc culturel, quel que soit son effet, la proposition de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) est placée sous le signe de l’audace, en prenant au mot tous ceux  qui n’ont que la loi de 1905 à la bouche, à tout propos et souvent hors de propos, pour mieux ostraciser la deuxième religion de France.

Respectueuse de la pluralité, cette suggestion privilégie l’intérêt général au cœur d'un monde du travail rythmé par les fêtes chrétiennes, en permettant à chacun de choisir, qui, une fête musulmane, qui, une fête juive. Seules les grandes fêtes emblématiques à forte dimension sociétale que représentent Noël, le lundi de Pâques et la Toussaint seraient bien entendu conservées, afin de "constituer un facteur de cohésion sociale", insiste l'association qui veut par cette mesure accroître le sentiment d'équité et favoriser compétitivité et productivité.

L’Eglise, par la voix de Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, a fait montre d’une belle ouverture d’esprit en assurant sur Europe 1 que "La République est laïque. C'est elle qui, en fonction du droit du travail, a posé les jours fériés. La signification religieuse, nous y sommes attachés, mais le respect de la diversité, c'est certainement une des sources de paix de la société".

Le calendrier entrepreneurial revu et corrigé sera-t-il inscrit à l’ordre du jour de l’agenda gouvernemental ? C’est en tout cas le vœu le plus cher de l’ANDRH, qui souhaite lancer un débat national sur la question,  mais c’est sur la pointe des pieds que Michel Sapin, ministre du Travail et de l’Emploi, s’est avancé sur ce terrain qu'il doit craindre miné, en invitant à la prudence…

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