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Le prochain gouvernement irlandais va-t-il interdire les produits des colonies israéliennes ?

Le Sinn Fein, dirigé par Mary Lou McDonald, a promis de laisser les produits des colonies israéliennes hors du marché irlandais.

Deux des plus grands partis politiques d’Irlande se sont engagés à interdire les produits des colonies israéliennes de Cisjordanie occupée s’ils forment un gouvernement.

Le Fianna Fail et le Sinn Fein sont arrivés en première place d’après le dernier sondage d’opinion réalisé en amont des élections législatives du 8 février prochain.

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Chacun de leur manifeste indique qu’ils souhaitent voir le Projet de Loi sur les Territoires Occupés passer dans les textes de loi. Cette législation interdirait d’importer ce qui vient de colonies construites en contravention du droit international – telles celles qu’Israël a construites en Cisjordanie et sur les Hauteurs du Golan.

Le manifeste du Fianna Fail dit que le parti ferait « avancer le Projet de Loi sur les Territoires Occupés » dans le gouvernement.

Le Sinn Fein a fait la promesse plus explicite « d’interdire aux produits issus des colonies illégales israéliennes en Palestine d’entrer sur le marché irlandais en mettant le Projet de Loi sur les Territoires Occupés en application ».

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La législation a déjà gagné le soutien d’une majorité de l’Oireachtas, le parlement irlandais. Cependant, la majorité gouvernementale sortante – conduite par le parti de droite Fine Gael – a invoqué une mystérieuse procédure pour bloquer le projet de loi, déclarant qu’il est contraire aux obligations de l’Irlande en tant que membre de l’Union Européenne.

« Envie de changement »

Niall Collins, ancien porte-parole pour les affaires étrangères du Fianna Fail, a souligné que son parti soutient le Projet de Loi sur les Territoires Occupés.

« Nous n’avons pas eu à le mettre dans notre manifeste », a-t-il dit à The Electronic Intifada. « Mais nous avons insisté pour le faire. »

La « prochaine étape du processus », a dit Collins, serait l’inclusion du projet de loi dans le programme législatif sur lequel le Fianna Fail serait d’accord avec un autre parti – ou d’autres partis – lors de la formation d’une coalition.

« Personnellement, je suis déterminé à le voir aboutir », a dit Collins. « Ce doit être dans le nouveau programme de gouvernement. Il y a une envie de changement. Il y a des quantités de question relatives à la santé, au logement et aux sans-abris ici en Irlande. Mais notre position sur la Palestine a aussi été de notre ressort et elle est abordée à la porte des électeurs. Les gens témoignent d’une conscience aiguë de cette question. »

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Le dernier sondage d’opinion préélectoral – publié le week-end dernier – place Fianna Fail et Sinn Fein conjointement à la première place, avec 24 % des votes pour chacun.

Comme il est hautement improbable qu’aucun parti n’obtienne une majorité absolue, des négociations dans le but de former une coalition de gouvernement prendront place après les élections.

Micheal Martin, dirigeant du Fianna Fail, a écarté l’idée de former un gouvernement avec le Sinn Fein, parti qui penche à gauche et qui a soutenu la lutte armée de l’Armée Républicaine Irlandaise avant de devenir partie prenante dans le processus de paix dans les années 1990.

Bien que l’IRA ait annoncé qu’elle déposait les armes en 2005, Martin a prétendu que le Sinn Fein était contrôlé par des « figures de l’ombre ».

D’autres députés du Fianna Fail ont cependant indiqué qu’ils seraient favorables à une coalition avec le Sinn Fein. Et Mary Lou McDonald, qui a remplacé il y a deux ans Gerry Adams à la tête du Sinn Fein, a insisté pour dire qu’il n’y a pas de « force de l’ombre » qui guiderait son parti.

Les promesses électorales doivent être traitées avec prudence. Le Fianna Fail, parti conservateur, a rompu dans le passé des promesses sur la politique étrangère.

Alors qu’il était en campagne pour les élections législatives de 1997, Fianna Fail s’était engagé à préserver la neutralité militaire de l’Irlande et à ne pas permettre à l’Irlande de devenir un partenaire officiel de l’OTAN, alliance conduite par les Etats Unis.

La promesse a vite été oubliée par un gouvernement dirigé par le Fianna Fail. L’Irlande a rejoint en 1999 le programme de l’OTAN trompeusement nommé Partenariat pour la Paix.

Avec le Fianna Fail au pouvoir, l’Irlande a prêté assistance aux invasions de l’Afghanistan et de l’Irak en permettant aux Etats Unis de refaire le plein de leurs avions de guerre à l’Aéroport de Shannon.

Pression

Bien qu’il ait inscrit le Projet de Loi sur les Territoires Occupés dans son manifeste, le Fianna Fail doit encore prouver qu’il appliquera la législation une fois au gouvernement.

Le faire exigerait de résister à la pression de l’Union Européenne, qui est contre l’interdiction des produits des colonies israéliennes. Un certain nombre de politiques américains ont eux aussi exhorté l’Irlande à abandonner le projet de loi.

« En fin de compte, quiconque formera le nouveau gouvernement se retrouvera sous la pression des USA et de l’UE pour enterrer le Projet de Loi sur les Territoires Occupés et pour s’aligner sur les tentatives internationales de réduire au silence la critique d’Israël Etat d’apartheid », a dit Fatin al-Tamimi de la Campagne de Solidarité Irlande Palestine.

« Mais ils se retrouveront aussi sous une énorme pression de la part du public irlandais pour prendre une position encore plus ferme en soutien du combat héroïque du peuple palestinien pour obtenir la liberté, la justice et l’égalité », a-t-elle ajouté. « Nous sommes sûrs que le pouvoir du peuple garantira l’adoption de cette loi. »

Le Projet de Loi sur les Territoires Occupés a été rédigé par Sadaka, autre organisation irlandaise qui défend les droits des Palestiniens. Tous les partis politiques de l’Oireachtas, excepté le Fine Gael au pouvoir, ont voté en faveur de cette loi.

Marie Crawley, représentante de Sadaka, a dit que son organisation est « cent pour cent certaine » que la loi entrera en vigueur.

« Les engagements que nous avons reçus des partis qui feront très vraisemblablement partie du prochain gouvernement sont considérablement plus solides que de vagues affirmations », a-t-elle dit. « Les partis ont pris ces engagements en sachant qu’ils devraient rendre compte de ces déclarations préélectorales. »

Ciaran Tierney est une blogueuse primée et une ancienne journaliste de presse écrite. 

Twitter : @ciarantierney (https://twitter.com/ciarantierney),

Website : ciaran tierneycom (http://ciarantierney.com/).

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada

Commentaires

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  1. Les pays arabes vont-ils rembourser les biens du million de juifs chassés de leurs pays après 1948, 1956, 1967, et 1973 ?
    Soit toutes les défaites arabes qu’il fallait faire payer aux juifs ?

    Ca aurait été si simple d’accepter la résolution de l’ONU, en 1948…

  2. Connaissant l’Irlande et leur sens très affuté et réel des affaires, je serais plutôt surpris qu’une telle mesure soit prise. D’autant qu’elle ne serait pas tout à fait raccord avec la réglementation de l’UE (boycot par un membre pas autorisé) à laquelle l’Irlande est tout particulièrement attachée et ce pour d’excellentes raisons. Disons que derrière des déclarations, il y aura plusieurs façons de faire venir les marchandises… Business is business…

  3. N’exagérons rien. Si les Maghrébins veuillent jouer aux Palestiniens, bonne chance á eux.
    Encore faut il qu’ils acceptent que les Arabes de la-bas ne sont pas les mêmes que ceux
    du Maghreb et qu’ils risquent de se rendre ridicules ou tout simplement détestés.

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