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Le malaise politique des musulmans de France (2/2)

Dans la première partie de cet article,  nous avions dressé un état des lieux du débat sur le vote des musulmans de France et tenté de comprendre la nature de la relations idéologique de la gauche avec l'islam. Nous poursuivons cette analyse avec la question du nationalisme défendu par Albert Ali et tenterons modestement de cerner les raisons du retrait politique des Français de confession musulmane et les moyens d'en sortir.   

Ainsi, la République et les valeurs libérales et révolutionnaires qu'elle porta ne lui permit pas, en dépit des espoirs qu'elle souleva, de construire une relation équilibrée, authentique et équitable avec ses fils naturels. En-deça de l'idée, ne gît que l'homme et les hommes ne naissent pas hors sol. Ce qui nous ramène naturellement à Albert Ali, le patriote français musulman, l'homme qui aimait la France et voudrait nous en faire aimer. Le partisan sincère et résolu d'un nationalisme d'adhésion, de conviction, d'enracinement et d'accomplissement quotidien. De sacrifice, aurait-il pu ajouter.

L'idéologie nationaliste que nous propose d'embrasser Albert et qu'il justifie, comme tous ses contradicteurs y compris l'auteur de ces lignes sur une position théologique islamique, mérite qu'on s'y arrête un instant. La Nation, l'amour de la terre maternelle et nourricière, l'identification naturelle et légitime à un enracinement national, à une communauté de destin, de valeurs diront certains, et finalement le sentiment d'appartenir à une famille et à un peuple particulier, singulier, peuvent-ils constituer une option crédible et souhaitable pour les musulmans de France, un énième saut de l'ange politique qui leur offrirait enfin ce dont la gauche les a privés ?

Les discours et les actions politiques des formations de droite et d'extrême droite de ces vingt dernières années acheveraient de nous en dissuader. Pour autant, un examen des fondamentaux nationalistes reste indispensable pour compréhendre les logiques profondes à l'oeuvre dans ce rejet et cette exclusion inévitable des figures d'altérité que l'on rencontre fréquemment chez les nationalistes.

Le combat devant l’Hôtel de ville le 28 juillet 1830. Jean-Victor Schnetz. Paris, Musée du Petit Palais.

Le combat devant l’Hôtel de ville le 28 juillet 1830. Jean-Victor Schnetz. Paris, Musée du Petit Palais. 

 

Le peuple élu, la Terre promise et le mythe des Nations     

Au coeur de ce modèle politique, nous trouvons le monde du judaïsme traditionnel qui a représenté l'une des sources d'inspiration les plus décisives et les plus fécondes de la construction identitaire européenne, image des Nations, dans une relation dialectique complexe faite d'attraction et de répulsion. L'historien Pierre Vidal-Naquet nous retrace le processus qui a mené les peuples d'Europe a puisé leurs récits nationaux dans la double figure grecque de l'Atlandide, visage sublimé de l'Athènes impériale, mais aussi d'Israël. “Au IIe siècle et au IIIe siècle de notre ère, le monde méditerranéen commence à devenir chrétien.Cela signifie notamment pour les intellectuels qui prennent en charge cette mutation, le fait d'avoir à remplacer leur mythologie et leur histoire, de la guerre des Géants à la guerre de Troie, par la mythologie et l'histoire des Hébreux et des Juifs, depuis Adam jusqu'à la naissance du Christ (1).”

Le modèle fondé sur le triptique archétypal du judaïsme (peuple élu (2), Terre promise, Verbe révélé) ne cessera plus d'irriguer et de nourrir les revendications multiples à la suprématie nationale (3) surgies des décombres de l'Empire romain. “Ces “nations naissantes” (…) avaient le choix entre deux modèles de souveraineté : l'impériale romaine ou la royale hébraïque. Il fallait choisir entre César et David. Dans la future France, comme dans la future Espagne, le choix fut – hors le bref intervalle carolingien –  en faveur de la royauté israélite, ce qui eut son importance dans la formation des thaumaturges(4)”. Pour l'historien français, il en résulte ce fait essentiel: “La multiplication des peuples élus, monnayage de l'ancien Israël, multiplication dont il existe des traces aujourd'hui encore (…) a joué un rôle capital dans le paysage idéologique de l'Europe et de l'Amérique. Mais il ne suffit pas d'être le peuple élu, ou plus exactement, cette notion ne saurait s'appliquer à l'ensemble du peuple. Il faut que les aristocraties en place et les familles royales aient leurs propres généalogies (…) Le “sang goth”, sang pur par excellence, devait traverser les siècles (5).”

De l'exclusion par le sang à l'héritage par le sol

L'histoire biblique et les catégories propres au judaïsme déterminèrent en profondeur la structure collective de la culture européenne. La quête obsessionnelle des origines des vieilles nations européennes puisa abondamment dans ce répertoire pour y construire sa propre mythologie politique et se réaproprier la notion d'élection en un sens ethno-culturel éminemment pathologique.

Pour de nombreux érudits et idéologues, l'Amérique devint ainsi “le pays où les dix tribus d'Israël avaient trouvé asile (6)”, tandis que d'autres considéraient que “la tribu de Dan était devenue le Danemark (7)et que le grand William Blake pouvait déclarer dans une profession de foi messianique que “les antiquités de toutes les nations sous le ciel ne sont pas moins sacrées que celle des Juifs (8)”. Le noyau même qui définit le rapport au monde des nationalistes fonctionne sur un tel schéma exclusif et déterministe. La valeur personnel et le choix philosophique individuel n'y joue qu'un rôle secondaire.

Dans cette perspective, la Nation n'est pas un horizon mais un héritage destiné au seul partage de ses ayant-droits. L'origine et la légitimité par le sang, déterminante et sous-jacente dans l'acception courante, populaire et même élitiste de ce qu'est un national de souche, n'a d'ailleurs rien perdu de sa force. La conséquence directe de cette filiation idéologique reproduisant le principe de l'élection fondé sur le sang est l'identification consubstantielle d'une figure d'altérité, celle de l'étranger ou de l'Autre qui, en délimitant ma propre frontière identitaire, contribue à me définir négativement et/ou positivement.

Cathares, protestants, juifs, Vendéens royalistes, immigrés italiens, polonais ou africains, musulmans, ces multiples figures négatives, ces épouvantails de l'être collectif national ont évolué au gré des métamorphoses de l'histoire française, assumant successivement ce rôle fondamental et cette fonction si déterminante de l'étranger.

Comprendre la nature de ce substrat nationaliste, qui n'est pas réductible à la France ou l'Europe mais fonctionne de manière mimétique dans l'ensemble des pays dominés par la passion nationale y compris dans les pays du Sud, c'est aussi saisir l'erreur de jugement qui amène un Albert Ali à croire que l'islamophobie de Marine Le Pen ne serait que l'une “des contradictions historiques de notre pays”. Rien n'est moins vrai.

Bien au contraire, la politique menée vis à vis des harkis, la dénonciation des Juifs qui s'étaient pourtant largement assimilés allant jusqu'à franciser leurs patronymes, le rapprochement actuel de l'extrême droite française avec les officines sionistes y compris en Israël où la libération d'un certain fascisme n'est rien moins que l'aboutissement d'une logique nationale poussée dans ses excès (9), tous ces phénomènes passés ou présents sont la traduction en actes de ces déterminations latentes et en puissance du nationalisme qu'Orwell qualifiait en son temps de “soif du pouvoir”, “la volonté constante de tout nationaliste étant d'accroître celui de son pays, ou du groupe auquel il a choisi de s'assimiler (10).”

  

La constitution de réseaux sociaux réels, informels et performants est la clé de voûte d'une politisation durable et influente pour des citoyens engagés.

 

L'hérésie nationaliste dans le miroir de l'universalisme musulman

Ces éléments ne peuvent qu'invalider a fortioritoute légitimation islamique de ce postulat nationaliste. L'argument développé par Albert Ali selon lequel «la volonté Divine a érigé les peuples en communautés distinctes et homogènes pour s’entre connaître et non se mélanger» est en ce sens un exemple caractéristique d'une lecture nationale et partisane des versets du Coran. Elle feint d'ignorer que l'exil volontaire ou involontaire, l'émigration et la présence de communautés diverses en Europe et en Occident participe de cette entreconnaissance préconisée par le Coran. 

Pire, elle confond dans son appréciation partiale et fragmentaire les formes historiques créées par le Très-Haut (les nations) et le projet anthropologique défendu par l'islam. Les moyens et la finalité. De quelle finalité parlons-nous ? Du tawhid bien sûr, encore et toujours, mais du tawhid comme principe d'unification de l'humain autour du projet divin, processus progressif et ininterrompu, en mouvement perpétuel, qui ne se fige jamais et qui tend à mener l'homme du devenir à l'Etre.

Ce processus est un mouvement hiérarchique global, récital harmonique d'une prestation orchestrale d'ensemble, mettant en action et articulant la totalités des formes humaines opérantes (individu, famille, groupe social, nation, oumma…). Faire de l'une de ces formes particulière (la Nation) l'horizon conceptuelle de l'ensemble équivaut à exiger du violencelliste de renoncer à sa partition et à substituer la flûte ou la basse à son instrument naturel.

La perte de vue de cette globalité harmonique où chaque élément, chaque forme existentielle, à la manière d'un macro-puzzle, a un rôle et participe de la possibilité de l'ensemble explique en grande partie cette propension contemporaine à l'éclatement idéologique qui ne produit dans les faits que du particularisme, de l'exclusivisme et du différentialisme. La même erreur explique l'aveuglement de certains auteurs à proclamer pompeusement et de manière incantatoire la fin de la oumma, et d'autres à l'imposer verbalement, dogmatiquement et à la présumer parfaitement homogène sur le plan culturel sans comprendre sa nature éminemment créatrice, conciliatrice, là-encore «harmonisante», sa capacité remarquable à réconcilier les formes de la vie et où les relations interculturelles dans leur différences historiques deviennent la condition d'une préservation générale de l'humanité, quant à la corruption, la tyrannie ou la suprématie d'une de ces composantes sur les autres. 

Et c'est un autre verset du Coran qui nous le rappelle : «Si Dieu ne repoussait pas certains hommes par d'autres, la Terre serait corrompue. Mais Dieu est Celui qui dispense la grâce aux mondes (2, 251)», formulant par là-même le principe salvateur et précieux de l'équilibre (al-tawâzun). 

L'unité divine et l'unité de la valeur

C'est dire qu'une telle vision transnationale exclusivement orientée vers l'Unique ne pouvait valider une quelconque option néo-tribale comme le disait déjà en son temps le philosophe américain Ismaïl al Farouqi11 qui a développé d'importants travaux autour du principe de l'unité divine comme générateur de l'unité de la valeur. « A l'évidence contraire aux principes qu'impliquent la société islamique, le tribalisme et le nationalisme sont identiques dans leurs fondements, même si la « tribu » de l'un peut se révéler beaucoup plus restreinte et petite que la « nation » de l'autre. Tous deux affirment qu'une valeur est une valeur pour ses membres parce que, disent-ils, c'est le groupe qui fait des valeurs ce qu'elles sont. Il est leur source et leur créateur.

Ce point de vue autorise en même temps tout groupe à établir son propre standard, sa propre valeur, s'il le souhaite (12)».Cette position, selon Ismaïl al Farouqi, est précisément contradictoire avec la vocation universaliste de l'islam qui fonde une société de valeurs et d'adhésion à un impératif catégorique et moral unique, conséquence axiologique directe de l'Unicité divine. «L'unité de Dieu comprise comme unité de la vérité autant que de la valeur, implique que la valeur est une valeur pour toutes les créatures, et donc indépendante de toutes, et que l'obligation morale et la vocation éthique, étant fondements de la créature, s'appliquent également à toutes (…) Quand à la vocation éthique, toute distinction entre un homme et un autre homme est une menace contre l'unité de la valeur, et par voie de conséquence, contre l'unité de Dieu (13)».

Le réseau et les piliers de l'infrapolitique

Cette brève et succinte plongée analytique dans les abysses matricielles des idéologies de gauche et de droite serait incomplète sans entrevoir des pistes de réflexions pratiques pour évaluer quelles formes de solutions politiques s'ouvrent à nous, « si tant est qu'on puisse offrir une solution à son semblable, c'est à dire à une liberté (14)». Disons avant toute chose et pour clarifier notre point de vue qu'il ne s'agit pas d'évaluer des solutions politiques pour les seuls musulmans car, faut-il le rappeler, la politique est l'affaire de tous et on ne gouverne pas pour un groupe communautaire mais pour un peuple entier.

La dimension collective et universelle de la pratique politique doit être définitivement intégrée car elle différencie pour le musulman, comme pour le juif, le chrétien, l'agnostique, celui qui vote et celui qui gouverne, à l'instar de la double éthique wéberienne (15), l'éthique de conviction individuelle et personnelle et l'éthique de responsabilité de ceux qui, au pouvoir, se retrouvent à prendre des décisions qui incombent non à soi mais à tous. Pour autant, on ne fait de la politique qu'à partir d'un point de départ social, économique et culturel précis et non d'une abstraction citoyenne sans contenu.

Si donc nous envisageons la question de l'insertion politique des Français de confession musulmane dans le champ national, c'est à partir d'un point de départ et non d'un objectif final. Ceci étant dit, quelles stratégies pouvons-nous envisager de ce point de vue ? Tout d'abord, il est nécessaire de saisir que l'approche du politique envisagée collectivement et au-delà du simple geste individuel citoyen, est précédée de deux étapes : le niveau infrapolitique lui-même orientée vers le champs métapolitique des valeurs dites transcendantales.

Le niveau infrapolitique concerne la construction de réseaux de pouvoir pour répondre à une exigence très simple : exister politiquement, c'est exister en tant que force politique.  Du reste, rien de révolutionnaire dans ce constat : la société moderne est structurée sur la base de réseaux de pouvoirs, d'influences et d'intérêts. Informels ou organisationnels, privés ou publics, économiques ou politiques, ces réseaux cristallisent des intérêts mais aussi des valeurs portés par des individus ou des groupes sociaux déterminés.

Ils représentent des leviers d'action politique qui permettent, en réunissant des ressources matérielles et financières, mais surtout en mettant en lien et en regroupant des individus animés par des valeurs communes autour de projets sociaux à valeurs ajoutés (ouverture d'écoles pour l'éducation, de centres et d'associations pour les solidarités sociales et intergénérationnelles, les formations professionnelles et l'insertion économique ou la lutte contre la précarité et contre toutes les formes de violence sociales, l'organisation de rencontres interculturelles et de réflexions par des think tanks…) de modeler et d'orienter le cours du développement politique, social et plus largement historique d'une société.

Toutes les expressions politiques et économiques qui émergent au sommet de l'Etat ne surgissent pas de nulle part et ne sont jamais en dernière instance que la face visible de forces sociales sous-jacentes. Force est de constater qu'aujourd'hui ces réseaux ne sont que peu investis par les musulmans, qu'eux-mêmes n'ont pas su en créer mis à part les organisations religieuses et à vocation cultuelle et qu'un retard très lourd en terme de vision et de production a généré une situation de ghéttoïsation et de marginalisation sociale.

Vestige de la République de Salé fondée par des corsaires euromusulmans au XVIIe siècle.

 

Le piège des lobbys communautaires

Il n'y a pas de force politique sans force organisée : l'erreur de n'envisager cette force qu'à travers la mobilisation citoyenne de masse, par nature limitée et conjoncturelle, doit être levée.  En ce sens, le réseau s'avère être un moyen d'action redoutablement efficace, pérenne et rationnalisé. D'aucuns ont parlé de lobby musulman. Là-encore, c'est confondre le moyen et la fin car qu'est-ce qu'un lobby musulman ? Un réseau de pouvoir consacré à défendre unilatéralement les intérêts objectifs ou présumés comme tel des musulmans, en agissant politiquement et économiquement exclusivement en fonction de ces intérêts.

Un lobby est-il une réponse appropriée ? En observant la société française dans sa réalité sociologique, on serait tenté de le croire et c'est la grande difficulté en même temps que le plus grand piège qui nous guette. Oui, notre société est largement communautarisée sur tous les plans (ethno-culturel, social, sexuel) et le lobby est un symptôme de ce mal. Oui, les élites intellectuelles et sociales de ce pays, à de rares exceptions près, défendent des intérêts de classes, de race ou de sexe et n'hésitent pas à recourir à la domination que leurs confèrent  leurs positions pour faire prévaloir leurs vues et neutraliser celles des autres.

Le mimétisme en la matière est-il donc la voie à suivre ? A l'évidence non, car substituer une domination à une autre  n'a jamais été le dessein poursuivi par l'islam. En ce sens, il est fondamental de ne pas confondre lobby et réseau, le premier étant centripète et le second centrifuge dès lors qu'il est orienté vers l'accomplissement de principes universels, communs, islamiques pour les musulmans, évangéliques pour les chrétiens ou Lumiéristes pour les laïcistes et qu'il traduise plus ou moins cette mixité dans les faits ce qui reste le principal challenge à relever.

Loin des considérations théorique nous sommes confrontés ici à des réalités purement humaines.Créer des plateformes plurielles, des coalitions d'hommes et de femmes réunies sur des objectifs de justice commune participant de la maslaha (intérêt général), dans une réhabilitation contemporaineduhilf-al fuddul (16), est devenue une impérieuse nécessité. L'histoire ancienne regorge d'alliance de cette nature propre à changer le visage du monde à l'image des corsaires euromusulmans de la République de Salé au XVIIe siècle une Ligue regroupant des musulmans, des juifs, des Espagnols, auxquel «s’ajoutera une population de «renégats» (…) Français, Hollandais, Allemands et Anglais néoconvertis17» tous unis contre les visées hégémoniques de l'Empire espagnol.

La notion de convergence est ici précieuse car elle permet de dépasser les clivages idéologiques sans les effacer et créent les conditions d'un authentique vivre-ensemble, et mieux, d'un agir-ensemble propre à impulser une dynamique de transformation sociale des plus fécondes. L'élément clé dans cette perspective individuelle ou collective est l'humain, la rencontre, l'échange, la confrontation entre des univers différents mais imbriqués les uns dans les autres.

De nombreux témoignages d'élus, de responsables de la société civile ou de hauts cadres issus d'origine modeste et/ou de confession musulmane relatent cette dimension de la réforme progressive et quotidienne des mentalités que permet l'engagement dans des structures mixtes. Malheureusement, ce champ de l'engagement extra-communautaire demeure encore relativement vierge et n'a pas été investi comme il se doit. L'enjeu est de taille car cette voie correctement tracée dégagerait les contours d'un nouveau modèle politique entre assimilation et communautarisme.Un modèle qui reste à inventer et dont, en ces temps troubles, nous avons plus que jamais besoin.                                       

Notes :

1-Pierre Vidal-Naquet,La démocratie grecque vue d'ailleurs, édition Champs Flammarion.

2-Sur la notion d'élection divine voir L'Exode (19:5-6): « Désormais, si vous êtes dociles à Ma voix, si vous gardez Mon alliance, vous serez mon trésor entre tous les peuples! Car toute la terre est à Moi, mais vous, vous serez pour moi une dynastie de pontifes et une nation sainte» et  le Deutéronome (14:2): «Car tu es un peuple consacré à YHWH, ton Dieu, et c'est toi qu'il a choisi, YHWH, pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples répandus sur la terre».

3–  Si la dimension universaliste du monothéisme juif est une donnée incontestable des Ecritures, la forme et la trajectoire du récit et de la destinée des Fils d'Israël a épousé une autre voie, celle du particularisme national ainsi que le souligne le disparu Robert Martin-Achard, professeur d'Ancien Testament à la Faculté de théologie de l'Université de Genève dans son ouvrage Israël et les nations : La perspective missionnaire de l'Ancien Testament. «Le monothéisme conduit naturellement à l'universalisme puisque Yahvé est le seul Dieu, il est le seigneur de toutes les nations, il doit être connu de tous. Les peuples païens lui appartiennent et doivent lui rendre hommage » écrit-il. Mais l'auteur rappelle que d'autres exégètes contestent cet universalisme, relevant « les traits particularistes »de l'Ancien Testament et soulignant que « les peuples païens devront s'incliner non seulement devant Yahvé mais aussi devant Israël », que « les nations travaillent au profit du peuple élu », et que « le prophète de l'exil se préoccupe en premier lieu de la libération de son peuple et de son retour glorieux à Jérusalem et non du salut des nations»

4La démocratie grecque vue d'ailleurs

5-ibid

6-ibid

7-ibid

8-ibid

9-Dans son ouvrage Race and Nationality, l'un des penseurs du sionisme Vladimir Jabotinsky s’efforce de définir ce qu’est pour lui la nation absolue. Il écrit : «Cette nation devrait vivre depuis des temps immémoriaux sur un territoire aux frontières précises, une île de préférence, capable d’accueillir tous les membres d’une nation, sans exception. Il serait par ailleurs préférable qu’il n’y ait aucune minorité à l’intérieur de ces frontières. Cette nation parlerait une langue radicalement différente de celle des nations frontalières. Mieux encore, une langue radicalement différente de celle de toutes les nations du monde, une langue issue de cette nation elle-même, une langue qui reflèterait toutes les étapes de ses pensées et de ses émotions. Cette nation pratiquerait une religion nationale, non empruntée, comme l’islam en Iran mais issue d’elle depuis les temps les plus anciens comme le bouddhisme en Inde ou le judaïsme des Juifs. Enfin, cette nation serait en possession d’une tradition ininterrompue partagée par tous ses membres depuis la plus haute Antiquité». Pour Jabotinsky, les Juifs sont de par leur substance et leurs attributs l’archétype de la nation. http://zakhor-online.com/?p=3263

10-Orwell, Notes sur le nationalisme, 1945. Il convient de préciser que Georges Orwell distinguait le nationalisme positif ou négatif, d'affirmation ou d'exclusion (celui qui met toute son « énergie à prôner ou vilipender une cause » qu'il pense toujours en termes de « rivalité et prestige (…) victoires, défaites, triomphe et humiliation ») et le nationalisme de transfert (qu'il étend à toutes les formes de détermination idéologique de classe, de race ou de religion). 

11-in Tawhid, philosophie du monothéisme musulman, édition IIIT France. Spécialisé dans l'étude comparée des religions, Ismaïl al Farouqi est l'un des deux philosophes musulmans, avec Fazlur-rahman, à avoir exercé la plus grande influence aux Etats-Unis où il enseigna dans les universités de Chicago et Syracuse.

12-ibid

13-ibid

14- Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Points essais.

15-En réalité, il s'agit d'une seule et même éthique mais qui correspond à deux moments et à deux positions axiales différentes dans l'espace et le temps, de la même manière que la contemplation d'une oeuvre picturale diffèrera selon la position de l'observateur, l'éclairage et sa distance avec le tableau.

16-Le pacte de la chevalerie établi à la Mecque à l'époque pré-islamique et stipulant un engagement des tribus arabes pour défendre toutes personnes victimes d'une oppression ou d'une injustice. Le Prophète (PBDSL) avait loué cette initiative des années après la révélation.   

17-La République fondée par les Hornachéros qui a précédé l'expulsion des Morisques décrétée par l'Espagne et auxquel s'adjoindront de nombreux peuples n'étaient pas seulement mû par le goût de l'aventure et de la justice. Le gain et l'ambition personnels n'étaient pas absents de leurs coalition. Néanmoins, celle-ci permit d'ouvrir une valeureuse poche de résistance méditerranéenne aux appétits maritimes de l'Empire ibérique. http://fr.zaman.com.tr/article/sal%C3%A9-une-r%C3%A9publique-de-corsaires-euromusulmans

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