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Introduction générale à l’esprit de la lettre du Saint Coran (2/2)

La sagesse hindoue emploie très généralement le négatif relativement à Dieu : ainsi, il vaut mieux dire que Dieu n’est pas ceci ni cela plutôt qu’affirmer qu’Il est ceci et cela, à moins que nous ne répétions ce qui aura été préalablement révélé. D’ailleurs, l’émir ‘Abd al-Qâdir al-Jazâïrî (‘), dans son Livre des Haltes, parce qu’il était du nombre de ceux qui connaissaient le Seigneur, ne diverge guère des Hindous à ce propos.
Certains musulmans, en effet, considéraient Dieu (*) comme Transcendant —ils avaient raison. D’autres Le voyaient Immanent —là aussi, l’émir ne les réfuta point. Mais continua-t-il : «si tu dis que Dieu est Transcendant et Immanent, tu n’as pas menti bien que tu n’aies point tout dit. Et si tu dis qu’Il est autre chose que Transcendant et Immanent, cela demeure toujours incomplet.» Ainsi, en se limitant à ce négatif, il n’est pas arrêté de définition de Dieu, ce qui correspond bien mieux à l’état d’humilité et de sagesse caractérisant l’individu sensé. C’est d’ailleurs nécessaire que nous nous y limitions, puisque Dieu, étant la Vérité, le Bien, la Justice, bref : l’Absolu, ne peut être défini, auquel cas Il ne serait plus Absolu.
Et contrairement à ce que beaucoup croient, l’absence de définition ne rend pas la chose en question inexistante ou incompréhensible. Que l’on prenne l’exemple de la Vérité : qui donc osera affirmer ne pas appréhender ce qu’elle est ? Et en cas qu’un extravagant sceptique voudrait remettre en cause cet axiome, imaginons-le accusé d’un crime qu’il n’aurait commis ; nul doute qu’on l’entendra se défendre : «Ce n’est pas vrai ! Je n’ai rien fait !», ce qui suffit à le contredire de façon radicale et définitive, tant sur la Vérité que sur le Bien et autres Attributs divins (*).
Mais comme nous le relevions, l’Humanité moderne se caractérise par son Oubli de l’Être, faisant que ce qui était intuitivement su ne l’est plus et que, par conséquent, nous devions en recourir au Concept ; de la sorte, il est normal que nous en soyons venus à excogiter des définitions sur ces Attributs divins : c’est ainsi que la justice est devenue le principe moral impliquant la conformité de la rétribution avec le mérite, le respect de ce qui est conforme au droit. Comprenons que toute tentative de définition d’un Attribut divin restera caricaturale en tant qu’elle ne consiste qu’à tracer des carrés en un cercle tout en espérant vainement en couvrir la surface. Ainsi, et relativement à la Justice (comme aux notions assimilées), la définir est impossible, d’où il sort que pour l’intellectualiser, il faille en revenir à son opposé, c’est-à-dire l’injustice.
N’étant pas un Attribut, elle est donc aisément définie : il figure d’ailleurs pas moins de quinze occurrences de sa définition en le Coran (2:114, 6:144, 32:22, inter alia) qui toutes, en substance, la qualifient en tant qu’elle est le fait de dissimuler, dénier, altérer ou abandonner délibérément la Vérité (*). Il est à remarquer que la même racine trilittère Z‒L‒M exprime, en plus de l’injustice, le concept de Ténèbres qui ne peuvent être qu’opposées à Dieu (*) :
« Dieu est le Maître tutélaire de ceux qui ont foi en Lui. Il les fait émerger des ténèbres vers la lumière, tandis que les infidèles ont pour patrons leurs fausses divinités qui les arrachent de la lumière pour les plonger dans les ténèbres et les faire choir pour l’éternité dans l’Enfer» (Cor. 2:257).
C’est que la Vérité (*) induit Justice et Lumière quand le Faux vient avec l’Injustice et les Ténèbres. Par suite, la définition donnée de la Justice est donc bien fade, car la Vérité, en tant qu’elle contient les Attributs de Bien et de Justice, ne se réduit pas à ne dire que la vérité : ceux qui la manifestent indiquent plutôt qu’ils ont la claire certitude de la certitude d’être. Inversement, ne sont trompés que ceux qui n’ont pas cette absolue certitude d’être ; l’escroc multi-récidiviste Christophe Rocancourt s’accorde volontiers avec ce constat quand il déclare : «quelqu’un qui est foncièrement honnête, tu peux pas lui prendre de l’argent !»
C’est donc faute d’être que nous nous risquons au Faux ou à commettre un acte injuste —ce dernier cas nous rendant alors passibles de la Sanction divine. Illustrons donc.
Le Coran nous relate les divers châtiments subis par certains peuples des temps anciens : les ‘Âd furent exterminés par un ouragan ; un grondement terrifiant anéantit les Thamûd ; la Terre happa Coré, ses acolytes et les Madyanites ; l’Eau châtia les Égyptiens qui mécrurent en Moïse (‘’) et la plupart des contemporains de Noé (‘’). Tous furent injustes, mais chacun à leur manière : Coré se montra d’un orgueil extrême, les Thamûd dénièrent un Signe manifeste de la Vérité, Pharaon la dissimula à son peuple… car un même concept peut se décliner de diverses manières ; c’est ainsi que le concept d’Humain, auquel nous répondons tous, ne nous rend pourtant pas uniformes de visage.
Ceux qui s’imaginent que le Coran s’en prend à telle ou telle fraction de l’Humanité ne font que montrer par là leur vision tribale du monde car notre Dieu ne punit que l’injustice et jamais l’appartenance ou la non-appartenance à une quelconque fraction illusoire. Quelques exemples prouveront nos affirmations.
         ” Et quand ils refusèrent d’abandonner ce qui leur avait été interdit, Nous leur dîmes : «Soyez transformés en singes répugnants ! (Cor. 7:166)
À la lecture de ce verset, il en qui se choquent en imaginant que le Coran établit un parallèle entre juifs et singes, ce qui est une véritable inconséquence. À un premier égard, ce parallèle est faux en tant qu’à cette époque, il ne s’agissait pas de juifs mais de membres de la oumma ou ekklesia (termes signifiant communauté) de Moïse (‘’) qui ne pouvaient être que musulmans (il est toutefois plus que probable que leurs descendants se judaïsèrent, ce qui d’ailleurs explique la confusion générale sur les concepts de juif, Hébreu, israélite et autres similaires). À un second égard, si il est des juifs de par le monde, c’est bien qu’ils ne furent pas tous transformés. Il suffit que ces critiques se soignent de l’hémiplégie mentale dont ils souffrent en lisant le verset qui le précède : «Puis lorsqu’ils oublièrent ce qu’on leur avait rappelé, Nous sauvâmes ceux qui avaient dénoncé le mal et infligeâmes un châtiment terrible aux injustes pour leurs actes pervers» (Cor. 7:165). Et pourtant, les entendra-t-on jamais dire que Dieu a sauvé “des juifs” ?
              ” C’est aussi à cause de la pratique de l’usure, bien qu’elle leur [aux juifs] ait été interdite, et de leur habitude de s’accaparer injustement des biens d’autrui, que Nous avons préparé pour ceux d’entre eux qui sont infidèles de terribles tourments. (Cor. 4:161)
L’on voit encore une fois la précision et la justesse du discours divin. Ceux qui, parmi les juifs, pratiquent l’usure sont effectivement des criminels. Le Coran est loin des poncifs antisémites du XIXè siècle qui voulaient que l’usurier soit juif et que le juif soit usurier puisque l’interdiction figure dans le Coran de façon générale :
             ” Ceux qui pratiquent l’usure se présenteront, le Jour de la Résurrection, comme des aliénés possédés par le démon et ce, pour avoir affirmé que l’usure est une forme de vente, alors que Dieu a permis la vente et a interdit l’usure. Celui qui, instruit par cet avertissement, aura renoncé à cette pratique pourra conserver ses acquis usuraires antérieurs et son cas relèvera du Seigneur ; mais les récidivistes seront voués au Feu éternel.” (Coran 2:275)
              ” Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt ni pour argent, ni pour vivres, ni pour rien de ce qui se prête à intérêt. Tu pourras tirer un intérêt de l’étranger, mais tu n’en tireras point de ton frère, afin que l’Éternel, ton Dieu, te bénisse dans tout ce que tu entreprendras au pays dont tu vas entrer en possession.” (Deutéronome 23:19-20)
On le voit : si Dieu est Justice, ce qu’Il qualifie de profondément mauvais doit être interdit non seulement pour tous mais aussi vis-à-vis de tous. Y aura-t-il des individus pour ne pas voir que ce Livre-là contient des principes universels quand ce Livre-ci enseigne une justice à double standard ? Que Dieu soit loué, la différence est claire !
Dieu propose comme exemple aux infidèles la femme de Noé et celle de Loth. Toutes deux étaient unies à deux vertueux d’entre Nos serviteurs et elles les trahirent. Mais le fait d’avoir été leurs épouses ne les sauvera point du châtiment du Seigneur lorsqu’elles s’entendront dire :
          «Entrez dans l’Enfer avec les autres damnés !» (Cor. 66:10)
Ce qui vient une nouvelle prouver que Dieu ne S’en prend qu’à l’injustice et à ceux qui effectivement la commettent. Dieu est Si Juste qu’Il sauva Loth (‘’) mais non sa femme, bien qu’ils fussent mariés : vraiment, la conscience tribale de certains est plus qu’étrangère au Dieu de l’Islam. Ne sont punis que les criminels et jamais le peuple auquel il appartient, car en effet, l’acte de subsumer un criminel à un peuple entier ne peut s’accorder avec Sa Justice.
À rebours des idées reçues, ne doutons donc jamais que Dieu (*) ne punit que l’injustice ; ainsi, tout individu qui, indépendamment de sa religion, de son origine et autres critères, commettrait un même péché connaîtra une même condamnation ; en effet, le Dieu des musulmans ne pratique ni la condamnation ab ante ni in solidum. En opposant la morale islamique universelle à la juive particulière, nous voyons bien l’écart. Mais il est plus flagrant encore lorsque nous lisons en l’Ancien Testament (Nombres 31:18) que furent exterminés tant de peuples tout en veillant à épargner les petites filles «qui n’ont pas partagé la couche d’un homme, et qu’elles soient à vous», ! Serait-ce par féminisme avant l’heure ou pour d’autres projets bien peu avouables ? Pharaon aussi tua les garçons et sauvegarda les filles, ce qui lui valut d’être qualifié par Dieu (*) d’abominable criminel (Cor. 28:4) et de subir le châtiment afférent. En bref, l’on suspecte l’Islam de véhiculer des principes que d’autres appliquent effectivement ! Mais cette suspicion n’est hélas pas sans fondements au vu de l’actualité et de l’état général des musulmans. Il nous appartenait seulement d’en montrer la fausseté quant à Dieu (*) et au Livre.
Ainsi, lire le Coran avec une conscience tribale ou tout simplement aliénée est forcément inopérant. Quant aux chrétiens qui s’y prêteraient, parce qu’ils sont en concurrence avec l’Islam qui est, à l’instar du Christianisme, une religion universelle, mais surtout en tant qu’ils admettent que Dieu ait pu se montrer d’une telle injustice puisqu’ils croient en l’origine divine de l’Ancien Testament, il faut que les conclusions qu’ils pourraient tirer de la lecture du Coran soient généralement faussées. Mais comme nous l’exposions, le problème est aussi chez les musulmans qui souvent s’imaginent le comprendre (ce fait est plus prégnant encore chez les titulaires d’une ijâza qui supputent que ce titre équivaudrait à une reconnaissance divine absolue et définitive). Car enfin, cet essai n’eût été possible, c’est-à-dire nécessaire, si les oulémas avaient tous tenu que Dieu (*) était effectivement la Vérité, le Bien et la Justice.
En fin de compte, comprenons que le Coran ne se révèle pas nécessairement aux musulmans car il s’ensuivrait que nul ne pourrait sincèrement se convertir à l’Islam : au contraire, le Coran ne se laisse comprendre que par ceux qui le lisent avec un cœur humble et pur, c’est-à-dire qui s’efforcent d’être objectifs et dont l’être est tourné vers le Bien, l’Impersonnel, l’Universel, le Tout (*). Se méprennent donc gravement ceux qui imaginent que seuls les musulmans en appréhendent le sens puisque l’islamité d’un individu ne le prévient nullement d’être un pervers. Il est d’ailleurs à noter que ceux qui haïssent au plus haut point l’Islam pensent de même que les assassins prétendument musulmans : les deux citent et font la même lecture de quelques passages bien précis, éludant bien volontiers le reste.
Ce n’est point étonnant, puisque l’un et l’autre n’y cherchent que ce qu’ils voulaient bien y voir. C’est donc très à propos que parlait Rûmî (‘) : «la Vérité est un miroir tombé de la Main de Dieu et qui s’est brisé ; chacun en ramasse un fragment et dit que toute la Vérité s’y trouve». Mais hélas, une lecture pervertie voudrait nous faire croire que Rûmî serait un apologète de la divergence et du «chacun sa vérité». Bien au contraire, le Coran, Parole de Vérité (*), agit à la façon d’un miroir de sorte que tous y voient non seulement ce qu’ils cherchaient mais davantage ce qu’ils sont effectivement. Et c’est cela qu’il nous appartient d’améliorer en nous-mêmes (par l’introspection) et chez les autres (par le bon exemple) car il n’y eût tant de débats sur l’Islam si les musulmans se comportaient ainsi que le commandait le Réel (*). D’ailleurs, le très pénétrant al-Ghazâlî (‘) avertissait : «la responsabilité de l’impiété est pour moitié imputable aux méfaits des musulmans eux-mêmes !» Que Dieu, donc, nous pardonne et nous guide ! 
En conclusion, et pour résumer ce qui précède, nous laisserons d’abord de côté le sujet initial sur lequel nous reviendrons plus loin.
Car en effet, nous craignons que certains ne soient comme désarçonnés face à l’amplitude des sujets que touche notre essai. Mais la chose était nécessaire, parce que la Réalité (*) forme un Tout (*) et qu’il n’est de véritable savoir sans que l’esprit n’ait ne serait-ce qu’effleuré ce Tout. À rebours des spécialisations en lesquelles les humains s’enfermèrent, si nous nous promenons dans la rue, nous ne verrons pas ici de l’économie, de la sociologie et plus loin, de la physique : le Tout est lié et ne porte signification qu’embrassé en sa totalité.
Ce n’est donc pas en vain que le Coran emploie la racine trilittère ‘A‒L‒M qui exprime notamment les concepts Univers, savoir, sage, Omnisapience [divine] ; d’ailleurs, le mot ouléma (grossièrement traduit par savant) la contient pareillement. Mais contrairement aux prescriptions du Coran indiquant que le véritable ouléma s’identifie à & comprend l’Univers, nous préférâmes ériger l’ouléma en tant que spécialiste.
Les Latins déjà intuitionnèrent que le vrai savoir est ainsi que le pose le Coran, c’est pourquoi ils employaient le terme comprehendere, qui signifie prendre, saisir ensemble, saisir par l’intelligence, pénétrer le sens de, surprendre, appréhender, etc. Ce que nous disons là n’est donc ni nouveau ni caché. Et au lieu de comprehendere ce Tout (*), ces spécialistes décomposèrent le Savoir (qui n’est autre que le Tout) en parcelles de spécialisations à l’origine des disciplines de fiqh, tafsîr, ‘aqîda, etc. Or n’est-il pas exact qu’une tour carrée apparaîtra sans doute de forme circulaire au loin faisant que l’individu se trouvant à sa proximité en viendra à diverger de celui en étant éloigné ? Par suite, seule une véritable comprehensio de la chose permettra l’émergence du Vrai : c’est pourquoi ceux qui se conforment tout-à-fait aux Révélations de Dieu jamais ne divergent puisqu’ils ne considèrent que le Tout qui ne varie pas en fonction des regards subjectifs que nous y portons.
L’on raconte qu’en le pays du matin calme, lors d’un beau jour de printemps, un disciple se prit à observer les branches d’un arbre être soufflées par le vent. Il interrogea son maître : «Maître, des feuilles ou du vent, lequel se meut ?»
Sans même y porter regard, le maître sourit et répliqua : «En réalité, il n’est rien qui se meut sinon ton cœur et ton âme.»
Et c’est en divisant ce Tout (*) en sujets et objets que naquit la discorde, ainsi que le Seigneur le révèle :
       ” Revenez donc repentants vers le Seigneur ! Craignez-Le et observez la Prière ! Ne soyez pas du nombre des idolâtres ; de ceux qui ont fait éclater leur religion en sectes différentes de sorte que chaque secte se mit à se prévaloir de sa doctrine (Cor 30:31-32).
Ne soyons donc point étonnés si le monde musulman qui pourtant croule d’universités et d’instituts islamiques se contredisant tous sur la plupart des sujets n’avance guère alors qu’il devrait être la Lumière du Monde en recommandant le Bien et en interdisant le Mal ainsi qu’il nous est commandé (Cor. 3:110). Et au lieu de noter la décadence de la chose, trop encore y voient un signe de richesse intellectuelle à tel point que, pour nombre de musulmans, la divergence est devenue normale sinon objet de louanges ; par suite, et pour se différencier des autres courants concurrents, certains excogitèrent la nécessité qu’il y avait de se qualifier de musulman chiite, de musulman salafi, etc., comme pour signifier que le Seigneur n’avait été suffisamment précis ; et bien que l’idée fût choquante, beaucoup y adhérèrent malgré l’Avertissement divin nous appelant à n’être point «du nombre des idolâtres qui font éclater la religion en sectes différentes». Par conséquent, le triomphe de cette version de l’Islam, en tant qu’elle a colonisé tant d’esprits, rend impossible toute critique radicale et efficace sans un développement prolixe et complexe —développement qui tend à exprimer notre appartenance à un Tout que notre mode de vie moderne nous pousse à rejeter dont la forme est involontairement ardue car le Concept ne pourra jamais précisément exprimer les Attributs divins (*).
Ces éléments nous ont permis d’aborder de façon adéquate l’objet principal de notre essai : le Coran est-il antisémite ? Appelle-t-il à l’agression ou au meurtre ?, puisqu’il nous a semblé qu’il y avait lieu de désigner les présupposés que ces questions contiennent. À titre d’illustration comique mais éclatante, en se demandant si notre conjoint nous trompe, une réponse ne suffit souvent pas ; c’est bien plutôt la raison qui nous fit douter qu’il faille examiner. Relativement à notre sujet, il apparaissait clairement qu’il s’agissait d’une remise en cause même de la religion islamique puisque le fait de se demander si les discriminations et la violence sont des principes islamiques induit déjà l’idée que le Coran est injuste, ce qui amènera bien des esprits à une conclusion simple : le Dieu des musulmans, n’étant ni la Vérité ni le Bien ni la Justice, fait que l’Islam est intrinsèquement pervers, d’où la nécessaire modération qu’il faille lui imposer.
La tribune publiée, en avril 2018, par diverses personnalités publiques françaises a suscité bien des réactions parmi les musulmans mais nous n’en trouvâmes point qui s’attaquait au cœur du problème, la plupart préférant soit discuter de leur caractère sémite —au demeurant improuvé, sauf à considérer autre que le Coran— qui les rendrait nécessairement anti-antisémites soit proposer d’autres versets, parler de la doctrine de l’Abrogation, etc….  en ces deux cas, il n’était de critique efficace puisque les fondements mêmes des questions vicieuses qui furent posées jamais n’étaient remis en cause. C’était donc à l’effet de produire une réponse efficace que nous nous y arrêtâmes.
Considérant d’abord l’Attribut de Vérité, nul doute qu’on ne trouvera de musulman qui osera nier que Dieu est la Vérité. Et pourtant, la plupart le nient lorsqu’ils admettent la doctrine de l’Abrogation qui pose, ainsi que nos temps modernes l’enseignent, qu’il n’est de vérité absolue et que Dieu (*) peut simultanément être la Vérité tout en modifiant Sa Parole. Mais qu’est-ce là sinon un blasphème évident et une attaque envers la Raison ? Car si la Vérité est amenée à changer, il faut qu’elle ne soit plus vérité ; davantage : qu’est-ce donc qui nous retient de jurer au Nom d’un Dieu inconstant pour ensuite allègrement nous dédire ? Cette parabole sera probablement plus parlante : Dieu est-il à l’exemple des Américains qui, après avoir juré qu’ils maintiendraient l’équation 35 dollars pour une once d’or, se défirent de leur engagement, causant que nombre de pays qui leur faisaient confiance en vinrent à se retrouver submergés de devises dont la valeur n’était plus que fiduciaire ?!
C’est parce que cette folie est si enracinée en les consciences que nous en arrivons à des aberrations toujours plus délirantes. Et comment serait-elle racinée si nous continuons à penser le monde par procuration et à travers des catégories inopérantes ? Mais surtout, il n’était possible de discuter du Bien et de la Justice divines si nous n’avions rappelé l’absolue identité de Dieu et de la Vérité. Ainsi, Dieu n’a jamais abrogé Sa Parole ; même, Il ne l’a jamais pu puisque Sa Parole est la Vérité (*), c’est-à-dire Lui-Même ; autrement dit, quand l’on tient que Dieu a abrogé Sa Parole, l’on dit donc que Dieu S’est abrogé, effacé, anéanti, détruit — et on ne pourra concevoir plus absurde que cela. Ceux qui, après cet enseignement, continueraient à professer cette folie, doivent savoir qu’ils s’en prennent à leur Seigneur en son Essence, péché équivalent à l’Associationnisme (alshirk).
Passant ensuite à la notion de Bien, nous illustrâmes notre propos par l’histoire de deux des fils d’Adam en opposant les récits biblique et coranique qui divergent relativement à l’identité de l’individu qui vit son offrande agréée. Dans celui-là, c’est la victime qui fut reconnue par le Seigneur (*) parce qu’elle offrit la plus belle part de sa production ; dans celui-ci, et avant qu’il ne conçût la moindre idée de crime, c’est le meurtrier qui le fut en tant qu’il sacrifia sans autre considération que plaire à Son Seigneur ainsi que l’enseigne le Coran. On le voit : quand certains posent déjà l’acte fondateur d’une Alliance mercantile avec le Seigneur, d’autres s’y refusent et s’arrêtent à n’accomplir le Bien que pour le Bien ; c’est d’ailleurs ce à quoi Spinoza appelait quand il écrivit que la béatitude n’est pas la récompense de la vertu mais la vertu même, et ce n’est pas parce que nous réprimons les désirs capricieux que nous jouissons d’elle, c’est au contraire parce que nous jouissons d’elle que nous pouvons réprimer les désirs capricieux. Or les musulmans croient encore massivement en la version biblique ainsi que des spécialistes en tafsîr la leur enseignent, de sorte que ce principe d’Alliance mercantile idolâtre perdure. Qu’il nous soit permis de conter un épisode qui vit un imam s’adresser à son auditoire duquel nous faisions partie : «Vous savez, Dieu compte ! Si vous faites des bonnes actions, cela vous rapportera tant de bons points [hassanat] ; et si vous faites autrement, vous aurez des mauvais points [sayyiat] !» À bon entendeur.
En en venant enfin à la Justice, nous montrâmes qu’elle était indéfinissable à l’exemple de la Vérité et du Bien puisqu’il ne s’agit, en fait, que de quelques unes des innombrables appellations de Dieu (*). Pour en approcher le sens d’un point de vue conceptuel, il a fallu effectuer un travail de négation du négatif : nous utilisâmes donc le concept d’injustice dont la définition est aisée en tant qu’elle n’est pas Dieu et nous vîmes qu’elle consistait en le fait de nier sciemment la Vérité, le Réel (*) ; de là, il découlait que la Justice appelle nécessairement la Vérité & le Bien et que la Vérité n’est pas le simple fait de ne jamais mentir, mais que, incarnée en l’Humain, elle le rend à lui-même et au monde, de telle sorte qu’il devienne comme allergique au Faux, aux Ténèbres et, par extension, au Mal. Dans son Ihyâ’, al-Ghazâlî (‘) rapporte que Moïse (‘’), après son entretien de quarante jours avec le Seigneur (*), ne pouvait entendre de vains discours sans être pris de nausées et de dégoût, tant enivré était-il du Discours Pur et Vrai de son Seigneur.
Nous portâmes par la suite notre attention sur les divers récits relatifs aux châtiments que subirent certains des peuples anciens et conclûmes qu’ils avaient été punis non en raison d’une caractéristique génétique quelconque mais seulement parce que tous se montrèrent, d’une façon ou d’une autre, injustes et enténébrés, c’est-à-dire frontalement opposés au Dieu de Justice et de Lumière Mêmes :
           “ Ils veulent par leur mensonges éteindre la Lumière de Dieu, mais Dieu tient à parachever Sa Lumière, n’en déplaise aux négateurs !” (Cor. 9:32)
Une comparaison particulière retiendra notre attention. En effet, le Coran et l’Ancien Testament s’opposent radicalement sur le problème de l’usure. Quand les musulmans se l’interdisent non seulement entre eux mais envers tout autre Humain, d’autres professent une morale à double standard qui la permet en certains cas et toujours envers l’Étranger, comme si nous n’avions pas tous la même filiation. Certains croiraient que ce reproche ne pourrait être fait aux chrétiens ; pourtant ils croient que l’Ancien Testament provient effectivement de Dieu : de la sorte, comment serait-il possible que le Faux ne parût en leur doctrine ou en un autre élément constitutif de leur pratique religieuse ? D’ailleurs, n’est-il pas exact que la Chrétienté se convertit à l’Usure quand bien même les Textes de l’Église la prohibaient ? Et il est normal que l’interdit absolu de l’Église ait cédé puisque Dieu l’aurait permise de façon relative !
Mais les musulmans n’en sont pas tous en reste puisque nombre d’oulémas, bien que n’entendant que peu à l’économie mais voulant tout de même s’exprimer sur le sujet, tiennent souvent que Dieu aurait interdit l’usure parce qu’elle appauvrirait ceux qui s’y adonneraient. Et l’on voit le résultat, puisque la conclusion est d’une absurdité telle que nombre de musulmans, de nos jours, ne semblent avoir de scrupules lorsqu’ils se font co-contractants avec Mammon. (Nous taisons volontairement le cas de ces véritables insensés qui supputent qu’elle serait permise parce que nous vivrions en Occident.) Mais rappelons que notre propos se restreint à ne montrer que la disjonction radicale entre ce que des musulmans présument et ce que Dieu a posé.
Ainsi, nous avons donc bien rédigé une Introduction générale à l’Esprit de la Lettre du Saint Coran : introduction, car ne prétendait qu’à indiquer et montrer la nécessité de la chose ; générale, en tant que nous n’avons été exhaustifs en exposant ses éléments fondateurs ; enfin, esprit de la lettre, parce qu’il s’agissait de dépasser la lettre pour toucher l’esprit auquel elle est liée sans toutefois pouvoir l’exprimer de façon adéquate, c’est-à-dire totale.
C’est faute d’avoir compris ce dernier point que tant d’écrivains se fourvoyèrent en Saintes Introductions générales à la Lettre de l’Esprit du Coran. Le renversement que nous opérons est réalisé à dessein : nous disons saintes puisque rarement contredites et venant parfois occuper un rang quasi-similaire au Saint Coran (*) ; lettre de l’esprit parce qu’elles sont le produit de consciences qui n’embrassent point le Tout, faisant que ces ouvrages soient souvent érudits mais peu sages, qu’ils ne s’épanchent que sur l’étude des sens premiers, qu’ils abondent en reprises du Pentateuque et qu’ils en viennent parfois à traiter de litotes et autres figures de style coraniques. À ce propos, il nous est parvenu un texte qui prétendait garantir l’origine divine du Coran puisqu’«il suffit d’apprécier sa finesse, ses comparaisons, ses métaphores, ses exordes, ses transitions, ses constructions pour réaliser un degré d’éloquence que ne pouvait atteindre un simple mortel».
Quant à nous, il n’est nullement question de tenir que la chose soit absolument inutile ; mais nous doutons fort qu’il ait existé des individus s’étant convertis en clamant : «le Coran contient tant de palindromes que j’en fus chamboulé au point de me convertir !» Car Dieu jamais ne révéla le Coran sur les considérations que nous citons là : Il ne le fit descendre que par miséricorde envers l’Humain qui oublia sa nature profonde.
C’est pour cela que le Coran est qualifié de Rappel. En réalité, le Coran n’est autre que le moyen de s’en retourner à soi-même en déchirant la déchirure qui tous nous affecte en tant qu’elle nous éloigne de notre Seigneur, la Vérité, la Réalité, le Bien, la Justice (*). Déchirure que nous-même n’avions déchiré puisqu’en 2014, nous rédigeâmes À propos du Coran, essai en lequel nous osâmes mentionner le fait abrogatoire. Ceci ne se produisit que parce que nous prenions l’imagination pour l’intellect, de sorte que l’idée même de nous interroger quant aux excogitations d’oulémas voulant nous faire croire que Dieu S’abrogeait volontiers jamais ne pouvait naître. Il faut donc que nous présentions nos excuses au Lecteur pour nous être montré si impie et que nous priions pour que jamais la chose ne se reproduise. Nous espérons sincèrement avoir abrogé le Faux auquel nous adhérions par les quelques éléments posés en cette Introduction.
En synthèse, aux questions le Coran est-il antisémite ? Appelle-t-il à la violence ou au meurtre ?, nous disons que notre présent essai, bien qu’objectivant certains principes évidents pour ceux étant déjà dans le Vrai, s’avérera toutefois dépourvu d’efficace en général, puisque l’on n’a jamais vu des humains se convertir à une religion du simple fait qu’un virtuose du Logos leur aurait produit un raisonnement vrai —en effet, relativement à la Foi, il est davantage question de persuasion, de sentiments et d’intuition.
Ainsi, à ces questions, il faut donc répondre “c’est selon” car en tant qu’il vit séparé de lui-même, l’individu qui se prête à sa lecture ne verra que ce que sa subjectivité voudra ou pourra voir et qui n’est autre que ce que sa subjectivité effectivement est : il verra donc des contradictions, des appels au meurtre, bref, tout ce que sa subjectivité dit de lui ; quant à ceux qui auront effectué ce travail d’introspection visant à déchirer la déchirure, ils aboliront le mensonge en lequel leur être était pris et la pure objectivité qui en naîtra leur permettra de voir en toutes les directions qu’il n’est qu’un Étant, Dieu, le Réel, la Vérité, le Bien, la Justice, le Tout (*). Soli Deo Gratia.
 
⁂⁂⁂
Explication de nos choix de traduction
Il n’est de verset que nous n’inscrivions ni de miracle que nous ne fassions sombrer dans l’oubli sans que nous n’en apportions un similaire ou plus manifeste. (Cor. 2:106)
 Nous avons décidé d’employer à profit la polysémie arabe du mot ayat qui est généralement traduit, selon le contexte et à juste titre, en tant que miracle ou verset.
La similarité n’est relative qu’aux versets en tant qu’ils sont tous la Parole de Dieu dont la qualité ne change pas : Dieu (*) était, demeure et sera la Vérité, le Bien et la Justice ; par suite, Ses Paroles sont toutes absolument et nécessairement vraies, bonnes et équivalentes.
Quant aux miracles, il suffit de considérer notre entendement qui n’embrasse simultanément qu’un nombre restreint de choses ; partant, un miracle que nous verrions est nécessairement amené à n’être en notre entendement que pour une certaine durée car supplanté par d’autres pensées, ne serait-ce qu’émanantes du quotidien. C’est d’ailleurs le privilège de certains élus que d’avoir toujours présent en le cœur le Seigneur, malgré les vicissitudes de la vie terrestre. Ainsi, pour les premiers, passer outre un miracle n’est pas si grave seulement en ce sens qu’un autre sera présenté au regard, puisque nous baignons tous dans la Création de Dieu en laquelle il n’est de partie qui n’exprime la Totale Immanence transcendantale de Dieu (*). Mais les élus sont sur un plan tout autre. Bref, ceux-là agissent aux stimuli périodiques qui leur sont envoyés par Dieu et qui provoquent chez eux des accès de piété démonstrative ; ceux-ci agissent, en tant qu’ils sont des élus, c’est-à-dire que leur cœur contient déjà bien assez pour discerner adéquatement le Vrai du Faux et connaître le Seigneur (*). Mais comprenons surtout que, en réalité, ce n’est pas tant la spécificité des miracles qui nous marque, c’est plutôt notre marque qui les spécifie en tant que miracles, puisque l’émerveillement est en nous et non en l’objet considéré. C’est donc seulement à propos des miracles qu’il peut y avoir des plus ou moins manifestes, car dépendant de notre subjectivité, mais jamais relativement à la Parole divine.
Parce que Dieu sait que faire descendre, lorsque Nous proposons un autre miracle à la place de celui attendu ils s’exclament :
             “Tu n’es qu’un faussaire !» Mais [ils montrent par là à quel point] ils sont hors du  Tout.” (Cor. 16:101)
 Ici, nous avons encore une fois employé à profit la polysémie du concept arabe puisqu’il nous paraît hautement inopérant d’imaginer que des impies aient pu attendre un verset particulier en tout temps alors que le Coran recense bien plus de passages où il est effectivement cité l’exemple de certains peuples qui souhaitaient un miracle précis comme par exemple voir Dieu, voir les Anges et autres demandes découlant d’un orgueil sans bornes (Cor. 6:37, 6:109, 7:106, 7:203, 13:7, 17:59, 20:133, 43:48, inter alia). Or Dieu voulait les éprouver, car il n’y a pas lieu de se conformer à la Vérité parce qu’on aurait été témoin d’un événement extraordinaire : on s’y conforme pour l’amour d’Elle (*), tout simplement.
En disant ils sont hors du Tout, nous ne faisons que transposer là ce que nous disions en notre Conclusion : la racine ‘A‒L‒M exprime les concepts d’Omnisapience, Univers, savoir, sage… Nous disons Omnisapience à dessein, puisque la science partage la même racine sci– que les concepts schizophrénie, scier, scinder... de sorte que la Science n’est que l’Art de découper le Tout auquel le Seigneur n’a de part : Il ne peut donc être Omniscient, malgré les traductions popularisées. Aussi, le Coran nous apprend que celui qui ne comprend rien n’embrasse ni ne respire ni ne ressent le Tout qui l’entoure et qui pourtant, à chaque instant, est porteur d’enseignements profonds. Inversement, la véritable intelligence ne consiste pas en un Quotient Intellectuel ou en la capacité d’élaborer de complexes équations : est intelligent celui qui sait ce qu’il est tant en lui-même que relativement à son rapport au Monde et aux autres êtres.
             ” Et, avant toi, Nous n’avons envoyé de Messager ou de Prophète sans que, une fois investi [en ce monde phénoménal], le Démon ne cherchât à discréditer [aux yeux d’autrui] leurs attributions que Dieu maintient et renforce [faisant par là plier les siennes] : davantage, Dieu parfait Ses Signes parce qu’Il est le Tout, le Parfait.” (Cor. 22:52)
Nous pensons que seul un conditionnement particulier peut expliquer que tant de gens ont vu en ce verset que Dieu avalisait la doctrine de l’Abrogation. Rappelons que la racine N‒S‒KH se présente le plus souvent dans le Coran pour signifier inscription ou enregistrement : bref, il exprime l’idée de permanence positive (puisque l’abrogation est une permanence négative).
Quant à la racine M‒N‒Y, elle exprime le souhait, le sperme, une émission, une convoitise. Or que désire le Démon sinon que nous nous enténébrions ? L’un des moyens qu’il emploie à cette fin est bien le discrédit sur les Envoyés qui au contraire appellent à la Lumière.
Alors Dieu effectue une N‒S‒KH, en tant qu’il octroie une permanence positive aux attributions des Envoyés de sorte que la parole de Satan voulant que Dieu ne trouve que peu d’Humains reconnaissants ne se vérifie qu’envers les véritables dénégateurs et non contre ceux qui auraient pu adhérer au Rappel (*) si ils l’avaient entendu (Cor. 7:16-17) : «Puisque Tu as décrété ma perte, je guetterai désormais les hommes le long de la Voie droite pour les harceler par devant et par derrière, sur leur gauche et sur leur droite, en sorte que Tu n’en trouveras que peu qui Te seront reconnaissants !»
De plus, nous approchâmes la racine H‒K‒M par le concept de Perfection, car l’Omnisapience est déjà signifiée par ‘A‒L‒M.
Pour être honnête, il faut que le lecteur comprenne que nous n’avons tout dit ici, non par ignorance mais par choix délibéré. Que nous nous expliquions. Relativement à un même évènement, est-il normal que la Parole de Dieu change ? Pourtant, c’est bien ce que nous lisons quand nous est contée dans le Coran l’arrivée de Moïse (‘’) au Mont. Ainsi, il n’est pas moins de trois déclarations différentes de Dieu. En la sourate 20, Dieu dit innanî (première personne du singulier) ; en la 27, c’est innaho (troisième personne du singulier) ; enfin, en la 28 figure innî (première personne du singulier mais le degré d’affirmation diffère notablement de son pendant en la sourate 20). Il n’est, à notre sens, que trois hypothèses.
L’on peut supposer qu’un copiste fit des facéties, qu’il est proprement inutile que de s’y intéresser ou que la langue arabe est en réalité fondamentalement incapable d’exprimer de façon adéquate ce que Dieu a réellement prononcé ce jour et qui devait ne tenir qu’en une phrase (et non en trois). Si nous nous intéressons à la première hypothèse, elle ne tient pas l’examen puisque Dieu garantit avoir préservé le Coran (Cor. 15:9). Quant à la deuxième, nous croyons au contraire que tout ce que Dieu (*) fait est Vrai et Réel (*). Il ne nous reste plus que la troisième hypothèse : la langue arabe est obligée d’user de diverses désinences afin que nous ayons une idée de ce qui fut effectivement dit. Ce qui conduit immédiatement à l’une des conclusions auxquelles nous aboutîmes, à savoir que le Vrai Savoir n’est qu’un Savoir du Tout. Davantage : ces désinences viennent contredire la croyance de beaucoup qui s’imaginent que le Coran est en langue arabe alors qu’il contient nombre de concepts issus de la langue première, à savoir celle des Anges et de l’Humanité avant Noé (‘’).
C’est une connaissance toute parcellaire de cette langue qui, en réalité, nous conduisit à certaines traductions. Par conséquent, un ouvrage traitant de l’Esprit de la lettre du Saint Coran se doit, si il veut prétendre à l’exhaustivité, de parler de cette langue première. Mais peut-être Dieu ne veut-Il pas que la chose soit dévoilée, de sorte que chacun fasse son effort spirituel ? Terminons avec Spinoza : «et cela certes doit être ardu qui est trouvé si rarement. Comment serait-il possible en effet, si le salut était sous la main et qu’on pût y parvenir sans grand’peine, qu’il fût négligé par presque tous ? Mais tout ce qui est remarquable est difficile autant que rare.»
 

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