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Le Conseil de la Fatwa condamne la position de la Cour de justice européenne sur l’interdiction du hijab

Depuis Dublin où siège son aréopage de sages, le Conseil européen de la Fatwa et de la Recherche (ECFR) tonne et tempête contre la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), et sa récente décision, jugée discriminatoire, d’autoriser les entreprises à proscrire le hijab en interne.

« L’ECFR insiste sur le fait qu’une telle décision réduit considérablement les possibilités d’intégration positive et a un impact négatif sur les droits de citoyenneté. Elle prive, de surcroît, le monde de l’entreprise des contributions de femmes musulmanes qui peuvent apporter beaucoup à la construction des sociétés et des civilisations », ont dénoncé mercredi dernier, sous une plume à la fois inquiète et indignée, l’ensemble des membres de cette fondation islamique privée, qui a vu le jour en 1997, sous l’impulsion de l’Union des organisations islamiques en Europe.

L’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne a été rendu à Luxembourg, le 13 octobre dernier, à la lumière de la désormais célèbre affaire concernant une femme musulmane qui s’est entendu dire, lorsqu’elle postula pour un stage de six semaines au sein d’une entreprise belge, qu’elle ne pourrait pas l’effectuer voilée. Celle-ci, loin de se démonter, porta plainte devant un tribunal en Belgique, mais en pure perte puisqu’il sollicita l’avis de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

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« La règle interne d’une entreprise interdisant le port visible de signes religieux, philosophiques ou spirituels ne constitue pas une discrimination directe si elle est appliquée à tous les travailleurs de manière générale et indifférenciée », stipule l’arrêt de la CJUE.

Ne l’entendant pas de cette oreille, le Conseil européen de la Fatwa et de la Recherche, qui redoute des conséquences désastreuses pour de nombreuses femmes musulmanes européennes, fustige une décision qui viole l’article (9/10) des conventions européennes sur les droits de l’homme, ainsi que la déclaration universelle des droits de l’Homme publiée par les Nations Unies : «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ». 

« Si cette décision est appliquée, elle isolera davantage encore les femmes voilées en Europe, les empêchera d’assumer pleinement un rôle actif dans les domaines scientifique, sanitaire, universitaire et économique au sein de leurs sociétés respectives », alertent ses membres, tout en exhortant la Cour de justice de l’Union européenne à reconsidérer sa position.

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