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La Journée Internationale du Hijab interdite à Lyon : une volte-face préfectorale soudaine

Alors que l’opération « World Hijab Day » ou « Journée internationale du Hijab » rencontre un vif succès aux Etats-Unis, sa terre de création, et a essaimé au-delà de ses frontières en faisant des émules, la ville de Lyon se distingue cette année par son refus de se mettre à l’heure du voile expliqué et démystifié auprès du plus grand nombre, et coiffant toutes les têtes, ou presque, dans une volte-face préfectorale soudaine, source d’un profond dépit.

Privées de cette belle action de proximité du jour au lendemain, les musulmanes de la capitale du Rhône accusent d’autant plus le coup qu’elles avaient reçu, le 25 janvier, le feu vert de la préfecture pour rééditer l’événement de l’année dernière, fortes de l’accueil très favorable, et parfois même enthousiaste, que leur avaient réservé les citoyens ordinaires abordés dans la rue.

Le motif invoqué pour ne pas voir ce hijab, d'ordinaire honni, chapeauter des passantes non musulmanes, à l’approche d’un 1er février qui s’annonçait des plus prometteurs, tient en quelques mots qui ne souffrent aucune discussion : cette opération "risquant d’engendrer des mouvements de foule dangereux", stipule l’arrêté d’interdiction qui a fait l’effet d’une douche froide à ses organisatrices et glacé l’ardeur et l’entrain des bénévoles qui avaient mis du cœur à l’ouvrage pour que cette seconde édition surclasse la première.

« La déception est à son comble », se désole Naella Aslimani, l’une des principales chevilles ouvrières de la « Journée du Hijab » en terre lyonnaise, en rappelant, non sans amertume, le formidable impact de l’opération de l’an passé, au cours de laquelle 80 femmes non musulmanes avaient volontiers accepté de se voiler et de poser ainsi métamorphosées sur une photo, sans oublier la centaine de personnes, animées d’une saine curiosité, avec lesquelles s’est noué un dialogue chaleureux et constructif.

« Le plus énervant c’est d’être considéré comme un citoyen de second rang. Il y a un véritable deux poids deux mesures. Le même jour, il y a une manifestation contre l’état d’urgence, ainsi qu’une manifestation des Kurdes, mais on court-circuite un rassemblement de filles dont tout le monde connait la portée pacifique », s’indigne-t-elle, en se disant navrée pour les nombreuses bénévoles qui espéraient beaucoup de cette deuxième opération

« On préfère montrer les musulmanes asservies ou les musulmans terroristes et laisser cette image-là aux gens. Quand on veut montrer que l’islam est le symbole de la paix, le partage… on l’empêche », déplore grandement Naella Aslimani, alors que l’effervescence des préparatifs a laissé place au désenchantement de la fête gâchée.

Flashback : L'édition 2015 de la Journée internationale du Hijab

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