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Islamophobie : pourquoi ce silence?

C’est désormais de notoriété publique ; certains, sinon la majorité des médias influents, tout comme les décideurs politiques sont capables de faire la pluie et le beau temps, ils discréditent, réduisent au silence, magnifient, grossissent, minimisent et temporisent selon les sujets et les circonstances. Sinon, comment comprendre le silence de certains qui frise la complicité, lorsqu’une femme se fait agresser à Argenteuil, au point d’en perdre son fœtus sans que personne ne s’en émeuve ? Pardon ! Si, ils s’en sont émus, les quelques citoyens ulcérés par cette violence ciblant une femme au seul motif qu’elle « apparait » musulmane, et qui sont sortis manifester.

Comment évacuer le sentiment que certains médias ont encore un long chemin à parcourir pour s’émanciper de la parole du politique en exercice, ou du responsable médiatique sélectif et rarement équitable? On en a désormais l'habitude, les musulmans sont représentés malgré eux; par des imams au verbe aussi intelligible que faussement convenu, et par des philosophes et autres islamologues organiques, à qui les plateaux sont grands ouverts, pour ne point froisser le spectateur, et ne jamais le bousculer dans son confort en vertu duquel des musulmans qui s'assument sont plus enclins à faire peur qu'à susciter la solidarité.

Manuel Valls, premier gardien de la paix en France est bizarrement resté muet suite à cette agression qui n’est pas inédite en son genre, en ce sens qu’elle cible une citoyenne de confession musulmane. Je vous laisse imaginer l’ampleur des réactions s’il s’était agi d’une citoyenne de confession juive. Le scénario s’est déjà produit pour ne laisser aucun doute sur l’indignation unanime- à juste titre- que cela aurait suscité. La ministre des droits des femmes, quant à elle, n’a pas non plus usé de son éloquence pour défendre les femmes agressées, appuyant ainsi le soupçon qu’elle ne défend le droit que de « certaines femmes ».

L’émotion peut être commandée, et l’on ne peut oublier l’épisode si proche du dangereux agresseur d’un militaire, barbu ( !) habillé en djellaba, largement traité par nos chers médias, qui n’avaient pas oublié (honnêteté oblige) de rappeler que c’était un acte isolé. Les éditorialistes, toujours planqués derrière leur liberté d’expression, ont bien entendu fait le nécessaire pour manipuler l’opinion, et grossir ce que d’autres collègues tempèrent. Le ministre de l’intérieur nous avait assuré sur sa lutte ferme contre les « ennemis de l’intérieur», mais on ne l’a pas entendu user de ce vocable pour les agressions lâches contre ces femmes.

Une réaction ferme du sommet de l’état, et un traitement médiatique courageux de ces agressions qui ne visent pas des victimes au hasard, ne contrediraient pas la réalité que l’acteur ne représente qu’une infime minorité de notre société, mais ces prises de position auraient reconnu un fait ; il y a en France des promoteurs de la haine, qui font des "prieurs" d’un vendredi contraints de se retrouver sur le trottoir, des occupants mal intentionnés, et des femmes voilées, des dangers potentiels, et ces promoteurs prospèrent dans la crise économique et intellectuelle ambiantes.

Serait-ce cette gêne de voir les musulmans assumer leur appartenance religieuse qui ferait passer une telle agression pour un acte presque compréhensible ? La chasse faite notamment aux femmes voilées, au moyen des lois et des projets de lois en disent long sur cette manipulation dangereuse, et insidieuse qui traverse notre société.

Ce mutisme rappelle un impératif que l’on ne cesse d’entendre ces derniers mois, sauf qu’il n’en a été question que pour la transparence des politiques quant à leur patrimoine économique. Il s’agit de la moralisation. Celle-ci doit désormais être promue au sein de nos médias et parmi nos politiques..
Les musulmans sont poussés, face à ces silences expressifs, à se rassembler, à se mobiliser, avec quelques uns de leurs concitoyens qui n’ont pas peur que leur soit jeté l’anathème de la trahison à « l’identité nationale », et là ces musulmans feront l’objet d’une thématique lancinante dans nos médias et dans les bouches de nos politiques : Le communautarisme !Il est de la moralisation de la vie publique en France que de dénoncer l’hypocrisie ambiante.

PS: J’ai appris ( par un tweet de la journaliste S. Le Bars) que Manuel Valls a envoyé une lettre à l’une des femmes agressées. Bien que ce soit un pas à noter, Je maintiens que cette réaction dénote avec d’autres nettement plus vigoureuses. Le « 2 poids 2 mesures » persiste.

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