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Irak : les “bébés monstres” interpellent sur les armes américaines en Irak

Les malformations des enfants d’Irak ne cessent d’interroger la presse internationale depuis 2008. La recrudescence de « bébés monstres » dans la ville de Fallouja avait été relayée par la chaîne de télévision britannique SkyNews, et aujourd’hui, c’est une journaliste de France Info qui s’en fait l’écho, posant sans détour la question lancinante qui taraude nombre d’observateurs :”L’armée américaine a-t-elle utilisé l’arme nucléaire en Irak ?”

Alors que les autorités irakiennes éludent consciencieusement un épineux sujet, il est difficile de faire abstraction de la réalité chiffrée qui fait état de difformités horribles, telle la photographie traumatisante d’un « bébé à trois têtes » rapportée par une journaliste de la BBC en 2010.

Même si les médecins locaux optent pour la plus grande prudence, des scientifiques de renom, intrigués par le phénomène, dont Christopher Busby, directeur de l’agence de consultation environnementale Green Audit, célèbre pour sa dénonciation des armes utilisant de l’uranium appauvri, ont investigué sur la question. Son enquête parue en 2010 dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health était déjà très édifiante : “sur la période 2006-2009, le taux de mortalité à Fallouja s’élèverait à 80 ‰, quand des pays voisins comme l’Egypte et la Jordanie affichent respectivement 19,8 et 17 ‰“, concluait-il.

En décembre 2010, une nouvelle étude réalisée par une autre équipe mettait en lumière des résultats tout aussi éloquents et indiscutables : “à Fallouja, un nouveau-né a onze fois plus de chances de naître avec des malformations que dans le reste du monde“. Ces conclusions mentionnaient clairement la possibilité que les dommages génétiques observés soient liés à l’armement utilisé par les Etats-Unis, et notamment l’uranium appauvri.

Depuis, les études se suivent, et certaines analyses vont encore plus loin, à l’instar de celle menée par Christopher Busby, à paraître dans le journal scientifique britannique The Lancet, qui, après avoir testé des échantillons de terre, de cheveux, d’air et d’eau, affirme catégoriquement : “des traces d’uranium enrichi ont été détectées“.

Des résultats qui sont une vue de l’esprit pour le journaliste Jean-Dominique Merchet, expert des questions militaires, ce dernier s’inscrivant en faux contre cette thèse fantaisiste à ses yeux : “Utiliser de l’uranium enrichi sur un champs de bataille où se trouvent vos propres soldats, c’est absurde” s’exclame-t-il. Contrairement à l’uranium appauvri, il est radioactif. Ses utilisations militaires sont la propulsion de sous-marins ou de portes-avions et les bombes nucléaires.

Certains spécialistes divergent diamétralement, tandis que les journalistes convergent tous vers le même lien de cause à effet : les combats de 2004 qui plongèrent Fallouja dans le chaos. La vérité, et laquelle, mettra-t-elle tout le monde d’accord ?

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