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Hommage à Jean-Claude Lefort, ancien président de l’AFPS, mort à 79 ans

« Je suis grand-père français (…) quand je parle j’ai des frissons. La fierté que j’éprouve devant le combat de ma fille et de son mari. Ce petit enfant qui a du sang palestinien dans ses veines. Je ferai tout pour qu’il naisse dans cette belle ville de Jérusalem ». 

Ces mots forts et particulièrement poignants sont ceux que prononça en 2016, sur le plateau d’OummaTV, le regretté Jean-Claude Lefort. Ce fervent militant dans l’âme, d’abord du mouvement ouvrier, puis de la cause palestinienne, livra alors une intervention marquante aux côtés de sa fille Elsa, épouse de l’avocat franco-palestinien des droits de l’homme, Salah Hamouri.

Aussi est-ce avec une grande tristesse que l’équipe Oumma vient d’apprendre la disparition, à l’âge de 79 ans et au terme d’un âpre combat contre la maladie, de l’ancien député PCF du Val-de-Marne, plébiscité dans les urnes de 1988 à 2007, et ex-président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), qui avait fait de son engagement anti-colonialiste, et notamment en faveur de la souveraineté de la Palestine un véritable sacerdoce. 

L’équipe Oumma présente ses sincères condoléances à sa famille.

En hommage à cet infatigable et farouche défenseur des grandes et nobles causes, mû par la flamme de l’espérance, qui ne cessa d’appeler à la libération de son gendre, Salah Hamouri, devenu la bête noire d’Israël, nous vous invitons à (re) découvrir l’entretien qu’il nous avait fait l’honneur de nous accorder en février 2016, alors que sa fille enceinte venait d’être expulsée sans ménagement de Jérusalem. 

Nous publions également, ci-dessous, le communiqué en sa mémoire de l’AFPS

Nous avons appris,.jeudi après-midi, le décès de notre ancien président et ami Jean-Claude Lefort. C’est une immense tristesse pour tous les membres de l’AFPS qui l’ont côtoyé et pour tous ses ami⸱es de Palestine, une disparition difficile à réaliser pour nous tous et toutes.

A 79 ans, nous savions Jean-Claude très malade, même s’il n’en parlait guère. Il a succombé, ce 20 juin, des suites d’un cancer contre lequel il a mené son dernier combat.

Nos pensées les plus chaleureuses s’adressent immédiatement à sa fille Elsa Lefort-Hammouri, à Salah Hammouri et à ses petits-enfants.

Avant de devenir président de l’AFPS en mai 2009, Jean-Claude Lefort était déjà ce genre d’homme qui, par ses engagements et son action politique, participait à l’écriture de l’histoire du mouvement ouvrier.

Il a d’abord consacré sa vie aux luttes menées par le parti communiste français, dont il a été membre pendant 60 ans. Après avoir été un dirigeant des jeunesses communistes, il sera à l’époque du Programme commun le secrétaire particulier de Georges Marchais, membre du Comité central, puis secrétaire de la grande fédération du Val-de-Marne (300.000 membres à l’époque), puis député de ce département, constamment réélu de 1988 à 2007.

Il prononcera, lors de la discussion de la loi “anti-foulard” de 2004, l’un des plus beaux discours contre son adoption.

Devenu membre de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale pendant trois législatures, Jean-Claude Lefort a participé à de nombreuses négociations internationales et a sillonné le monde.

En 1998, c’est lui qui propose la création d’une « Commission d’enquête sur la part des responsabilités françaises dans le génocide au Rwanda ». Vice-président de ce qui fut, finalement, la Mission d’étude parlementaire sur le Rwanda. Homme de caractère, il se trouva en désaccord avec les conclusions finales du rapport de la Mission et refusa d’en être coauteur.

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C’est lui encore, qui en mémoire de la lutte contre le fascisme en Espagne, a été coprésident fondateur de l’Association des amis des combattants en Espagne républicaine (ACER), avec José Fort et François Asensi. Ce qui lui a permis notamment de récupérer une partie des archives des Brigades internationales déposées à Moscou pour le compte de l’ACER.

Militant internationaliste convaincu, Jean-Claude ne s’en laissait pas conter et ne reculait pas facilement devant l’adversité, surtout quand celle-ci s’incarne dans des régimes autoritaires ou colonialistes qui bafouent le droit des peuples à l’autodétermination.

C’est cette conviction chevillée au corps qui va l’amener, après avoir passé le relais de son mandat de député à Pierre Gosnat, ancien maire d’Ivry en 2007, à s’investir totalement dans l’action de solidarité avec le peuple palestinien au sein de l’AFPS.

Devenu rapidement membre du Conseil national, il succédera à Bernard Ravenel, pour devenir le second président national de l’AFPS en mai 2009. Jean-Claude Lefort était convaincu que la centralité de la question palestinienne en faisait la solution et non le problème de la situation au Proche-Orient. Il rappelait que les paramètres de la paix sont connus et qu’ils portent un nom : l’application du droit international, rien que le droit international, mais tout le droit international.

Président de l’AFPS, Jean-Claude s’est révélé particulièrement sensible à la démarche d’une construction démocratique de l’association et a joué un rôle essentiel dans son organisation et sa structuration. Il a été l’un de ceux qui ont beaucoup insisté pour que les jeunes adhérent⸱et prennent toute leur place à tous les niveaux de l’AFPS, et puissent mettre en valeur leurs initiatives propres.

Dans les mémoires militantes, restera parmi tant d’autres choses le souvenir de son investissement dans plusieurs campagnes qui avaient fortement mobilisé les militant⸱es de l’AFPS et continuent encore aujourd’hui de raisonner fortement dans l’actualité ; celle sur la reconnaissance de l’Etat de Palestine et celle sur le soutien aux prisonniers politiques palestiniens.

Sans oublier son engagement en faveur du bateau pour Gaza, qui lui a valu une très longue interdiction d’entrée en Palestine et en Israël.

Inlassablement, il a été l’un des porte-parole avec sa fille Elsa des campagnes pour la libération de Salah Hammouri, détenu à plusieurs reprises dans les geôles israéliennes et devenu plus tard l’époux d’Elsa. C’est à l’occasion de ces campagnes pour la libération de Salah que de nombreux Groupes locaux de l’AFPS ont fait connaissance avec Jean-Claude, jusqu’en 2018.

Toute sa vie durant, Jean-Claude a été un militant, un communiste et un anticolonialiste infatigable. Il a servi la cause palestinienne avec force et détermination et a joué un immense rôle dans le développement du mouvement de solidarité avec la Palestine.

Nous garderons le souvenir de son humanité entière, de son intelligence et de son sourire, comme de ses coups de gueule souvent salutaires…

Le peuple palestinien vient de perdre l’un de ses amis les plus fidèles. Nous lui rendrons hommage, comme il se doit, en poursuivant le combat essentiel pour la solidarité avec le peuple palestinien.

Le Bureau National de l’AFPS, le 21 juin 2024

 

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