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Egypte : un animateur de la campagne BDS emprisonné par les sbires de Sissi

La collaboration du dictateur égyptien Abdelfattah al-Sissi avec l’apartheid israélien n’a pas de limites : on a appris ce jeudi l’incarcération, depuis le début du mois de juillet, du militant des droits de l’homme Ramy Shaath, enfermé dans la sinistre prison de Tora où il a été détenu avec 30 autres prisonniers dans une cellule d’à peine 30 mètres carrés.

Ramy Shaath, qui est âgé de 48 ans, est lui-même le fils d’un haut dignitaire de l’Autorité Palestinienne, Nabil Shaath, ancien ministre et Premier ministre, toujours conseiller de Mahmoud Abbas.

C’est son épouse, Céline Lebrun-Shaath, qui a donné l’alerte, sur sa page Facebook. Céline Lebrun, qui est de nationalité française et qui habitait depuis 7 ans au Caire, a été expulsée quelques jours après l’arrestation de son mari, sans même être autorisée à informer le consulat de France au Caire.

Elle dénonce ce nouveau forfait de la dictature égyptienne sur sa page Facebook.

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Rappelons que depuis le coup d’Etat de l’armée égyptienne qui a renversé en 2013 le seul président de l’histoire égyptienne à avoir été élu démocratiquement, Mohamed Morsi, pas moins de 60.000 opposants politiques ont été emprisonnés par le régime de Sissi, en plus des assassinats par centaines et de la torture généralisée.

Voici le communiqué de la famille de Ramy, mis en ligne par sa femme Céline Lebrun Shaath :

Ramy Shaath est un homme politique égyptien et palestinien âgé de 48 ans. Il est le fils du Dr. Nabil Shaath, ancien Vice-Premier ministre palestinien, ministre de la Coopération internationale et Premier ministre par intérim et actuellement conseiller des affaires étrangères du président Mahmoud Abbas.

Ramy a été arrêté dans la nuit, le vendredi 5 juillet à 00h45, à son domicile du Caire, après qu’au moins une douzaine d’agents de sécurité lourdement armés aient pris d’assaut et fouillé sa résidence sans présenter aucun document légal le permettant. Pendant le raid, Ramy a demandé à plusieurs reprises aux deux officiers en civil la raison de leur présence et si cela signifiait qu’il était en état d’arrestation, sans jamais obtenir de réponse. Au cours du raid, les agents ont saisi des ordinateurs, des disques durs et des téléphones portables. L’épouse de Ramy, citoyenne française résidant en Égypte depuis plus de sept ans, était présente lors de son arrestation. Elle a été expulsée de manière arbitraire, forcée et sans aucun motif par les agents qui ont également refusé qu’elle contacte son consulat, bien qu’étant officiellement sous sa protection.

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La disparition de Ramy a été signalée par sa famille et ses avocats au commissariat de police de Qasr el Nil, le vendredi matin. Ce n’est que 36 heures plus tard, le samedi 6 juillet, que Ramy réapparaissait devant le parquet de la Sûreté de l’État. Bien qu’il n’ait pas été autorisé à contacter son avocat ou sa famille, un avocat qui se trouvait sur place a été autorisé à assister à l’interrogatoire de Ramy par le Procureur et à s’assurer qu’il n’avait pas été maltraité. C’est alors que nous avons découvert que Ramy avait été ajouté à une affaire pénale déjà ouverte, connue sous le nom de « l’affaire de l’Espoir », et accusé d’ « assistance à un groupe terroriste ».

Né en 1971 à Beyrouth, Ramy est revenu au Caire avec sa famille en 1977, au début de la guerre civile libanaise. Fortement touché par ces événements, il a consacré toute sa vie à la défense des droits des Palestiniens, à la liberté et à la justice dans la région, convaincu que les droits humains devaient être respectés et appliqués pour tous sans distinction. Diplômé du King’s College de Londres en 1995, après avoir obtenu une bourse du British Council, Ramy a servi en tant que conseiller politique et stratégique auprès de l’ancien président palestinien Yasser Arafat. Au Caire, il a joué un rôle actif dans les négociations en vue de la création d’un État palestinien indépendant, mais devant l’échec des négociations, il s’est retiré de la politique à la fin des années 1990.

Beaucoup plus tard, en 2010, alors que le mouvement pour la démocratie et la justice sociale se développait en Égypte, Ramy à rejoint la coalition de militants qui organisèrent le soulèvement populaire de Janvier 2011 qui conduira au départ du président égyptien Moubarak. Au cours des années suivantes, il a directement contribué à la création de divers partis, mouvements et coalitions qui ont joué un rôle important dans la transition démocratique du pays, y compris le parti El-Dostour dont il a tenu le rôle de Secrétaire général, avant sa fondation officielle. En 2015, il a co-fondé et est devenu le coordinateur du mouvement BDS en Égypte, une coalition nationale lancée par plus de 10 partis politiques, syndicats d’étudiants et de travailleurs, ONG et personnalités publiques pour la défense des droits des Palestiniens à l’autodétermination.

Juste avant son arrestation, Ramy avait exprimé de manière publique son opposition au « Deal du Siècle » et participé à diverses initiatives en ce sens, rejetant également toute participation de l’Égypte à la Conférence de Bahreïn. Aujourd’hui, Ramy est détenu arbitrairement, en raison de ses activités politiques légitimes et pacifiques, et inculpé dans une affaire pénale sans fondement, sans aucun élément de preuve tangible à son encontre, à l’exception d’« éléments d’enquête » auxquels ni lui ni ses avocats n’ont eu accès.

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La Sûreté de l’État égyptienne persécute Ramy depuis de nombreuses années pour ses positions publiques contre toute forme de répression politique en Égypte, ainsi que pour sa défense des droits des Palestiniens contre l’occupation israélienne et l’apartheid. Par exemple, en avril 2012, les autorités égyptiennes ont refusé de renouveler son passeport, affirmant qu’il n’était pas Égyptien mais uniquement Palestinien. Ramy a obtenu gain de cause en mars 2013 et son passeport égyptien lui a été délivré à nouveau. Mais l’État a fait appel de ce verdict en 2018, tentant une nouvelle fois de priver Ramy de sa nationalité.

Depuis son arrestation, Ramy est détenu à la prison de Tora. Il a passé son premier mois de détention dans une cellule d’environ 30 mètres carrés, dans laquelle environ 30 autres personnes étaient aussi détenues, certaines souffrant de maladies, sans espace pour s’allonger ni temps de sortie. Face à ces conditions, nous sommes aujourd’hui très inquiets, d’autant plus que Ramy a un taux de cholestérol élevé, ce qui nécessite une activité physique régulière, une alimentation saine et des médicaments. Au cours de la première semaine d’août, il a été transféré dans une cellule légèrement meilleure, avec moins de personnes et autorisé à passer une heure à l’extérieur par jour, mais sa famille et ses amis restent inquiets.

Pendant plusieurs semaines, la famille, autorisée à une visite hebdomadaire de 20 minutes, a tenté d’obtenir sa libération auprès des autorités égyptiennes, étant donné l’absence de base légale ou de preuve justifiant son arrestation. Malgré les assurances données aux négociateurs que Ramy serait libéré, sa détention préventive a été constamment renouvelée. Aujourd’hui, nous réitérons notre demande de voir Ramy libéré, compte tenu de l’absence d’accusation et de preuves solides à son encontre, et que son épouse soit autorisée à retourner au Caire le plus tôt possible, à la fois pour soutenir son mari et parce que c’est son lieu de résidence et d’emploi.

Jusqu’à la libération de Ramy, nous tenons les autorités égyptiennes pour responsables de sa sécurité personnelle. Nous rejetons également toute tentative de ternir la réputation de Ramy et de sa famille dans les médias, en relayant de fausses accusations à son encontre.

CAPJPO-EuroPalestine

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