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Décès de Denis Goldberg, héros du combat contre l’apartheid

Denis Goldberg, un homme qui a dédié sa vie à la lutte contre l’apartheid, qu’il soit sud-africain ou israélien, est décédé dans sa ville natale du Cap (Afrique du Sud) à l’âge de 87 ans.

Né en 1933 dans une famille de militants communistes d’origine juive lituanienne, Goldberg a fait partie de la petite minorité de citoyens blancs d’Afrique du Sud engagés dans la lutte contre le régime raciste au pouvoir pendant la plus grande partie du XXème siècle.

Membre du Parti communiste sud-africain clandestin, il est l’un des tout premiers blancs à rejoindre l’African National Congress (ANC) de Nelson Mandela à la fin des années 1950.

Goldberg sera ainsi l’un des accusés du tristement célèbre procès dit de Rivonia, en 1964, où il comparaît pour « haute trahison » aux côtés de Nelson Mandela et de huit autres militants. Six « Noirs », un « Indien » et Goldberg, le plus jeune des accusés, seront condamnés à la détention perpétuelle.

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Ségrégation raciale oblige, Goldberg n’est pas envoyé, comme Mandela et ses autres camarades, au terrible pénitencier de Robben Island, mais dans une prison pour Blancs, à Prétoria (la capitale du pays), où les conditions de détention y sont à peine moins cruelles.

Libéré au bout de 22 ans, Goldberg s’exile à Londres, et ne reviendra dans son pays qu’après la chute du système de l’apartheid.

Juif, Goldberg n’acceptait pas plus l’apartheid de l’Etat d’Israël que celui qui avait sévi si longtemps en Afrique du Sud.

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“Il ne fait aucun doute pour moi qu’Israël est un Etat d’apartheid. Et je ne permets qu’en mon nom, le même type d’oppression s’exerce contre les Palestiniens. Je me dois de le dire publiquement, tout en m’exprimant avec calme, bien que je sois très en colère », avait-il déclaré, il y a quelque temps, lors d’une conférence du mouvement BDS sud-africain.

“Le lobby pro-israélien ici en Afrique du Sud, que ce soit la Fédération Sioniste ou le Conseil des Juifs d’Afrique du Sud (équivalent local du CRIF, NDLR), essaie de nous faire croire que la question d’Israël-Palestine est une affaire complexe. C’est un mensonge : on est tout simplement en présence d’un groupe dominant, les Israéliens juifs, qui refuse d’accorder l’égalité des droits à la population palestinienne indigène », ajoutait-il, en préconisant le boycott d’Israel, comme il avait appelé à celui du régime d’apartheid sud-africain.

Devenu critique également du gouvernement actuel de l’Afrique du Sud, gangrené par la corruption, Denis Goldberg n’en a pas moins reçu un hommage appuyé des autorités, à l’annonce de son décès.

CAPJPO-EuroPalestine

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Commentaires

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  1. Un grand homme en effet, qui a su dénoncer l’apartheid en étant Sud Africain, et l’oppression des palestiniens en étant juif. Il eut aussi le courage de faire ce désolant constat que les dirigeants élus d’Afrique du Sud ont été indignes du héroïque Mandela, et font que les damnés de l’apartheid sont devenus les damnés de l’incompétence et de la corruption de leurs chefs.

  2. Un grand homme de foi, même si sa foi se voulait strictement incarnée dans la lutte du siècle présent. Mais qu’est-ce que la foi, si ce n’est l’engagement, l’adhésion, la dévotion, qui permet à l’humain de se dépasser et de dépasser ses pulsions immédiates ? Le reste n’est plus qu’une question de vocabulaire. Or le vocabulaire peut devenir un piège où l’apparence prend le dessus sur le fond. Saluons tous les hommes de foi et d’engagement quelque soit la forme qu’ils prennent. Le reste ne nous appartient pas, c’est à Allah de décider qui l’a reconnu et qui ne l’a pas reconnu, par dessus les proclamations qui ne sont souvent qu’incantatoires.

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