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Création d’une “caisse commune” entre l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis

1 – UNE « SORTIE PAR LE HAUT » DU BOURBIER GÉNÉRÉ PAR L’ASSASSINAT DE JAMAL KHASHOGGI.

L’Arabie saoudite et Les Émirats Arabes Unis, les deux pétromonarchies les plus riches du golfe, ont décidé de faire « cause commune » en fondant une « caisse commune » en vue de hisser ce duo belliqueux de la 16e place à la 10e place des puissances économiques mondiales. Une décision prise dans une conjoncture aléatoire marquée notamment par une crise économique mondiale du fait de la pandémie du Covid, et la baisse corrélative de la consommation du brut, et, dernier,  et non le moindre des facteurs, la perte de leur parrain, artisan du Muslim Ban, le sulfureux Donald Trump, sans doute le pire président de l’histoire américaine, vaincu aux élections présidentielles américaines de 2020,

Dans une démarche symbolique scellant ce « partenariat stratégique », le prince héritier saoudien Mohamad Ben Salmane, a invité son homologue d’Abou Dhabi MBZ à se joindre au sommet du G20 VIRTUEL qui doit se tenir, sauf rebondissement, les 21 et 22 novembre à Ryad.

Deux ans après l’assassinat de Jamal Khashoggi, ce premier sommet économique mondial se tenant dans une capitale arabe, de surcroît en Arabie saoudite, devrait, dans l’esprit de ces concepteurs, gommer l’effet désastreux laissé dans l’opinion internationale par l’équarrissage du journaliste saoudien au consulat saoudien à Istanbul, le 2 octobre 2018, et sacrifier sur l’autel de la realpolitik ce crime hideux, en le passant par pertes et profits.

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Le royaume saoudien a d’ailleurs prestement évacué ce sujet par une sorte de justice lapidaire: Cinq Saoudiens ont été condamnés à mort pour l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi; Un verdict qui a curieusement épargné les ordonnateurs de cet équarrissage, ses principaux protagonistes. Et les fils de Jamal Khashoggi ont pratiqué le «pardon des offenses» épargnant aux assassins le châtiment suprême.

Toutefois, en récidiviste impénitent, le prince hériter saoudien est soupçonné par la justice américaine d’avoir cherché à éliminer un autre opposant saoudien, Saad Al Jabery, ancien directeur de cabinet de l’ancien prince héritier Mohamad Ben Nayef, évincé lui aussi par MBS au point que le coup médiatique représenté par la constitution de ce géant économique pourrait avoir été neutralisé par l’impétuosité sanguinaire de l’héritier du trône wahhabite, faisant peser de lourdes suspicions sur sa capacité à gouverner.

«Faute de preuves», aucune accusation n’a été retenue contre Saoud Al-Qahtani, un proche conseiller du prince héritier Mohammed Ben Salman, a déclaré, le 23 décembre 2019, le procureur général d’Arabie saoudite, précisant que l’ancien numéro deux du renseignement, le général Ahmed Al-Assiri, a été acquitté. Ce dernier était soupçonné d’avoir supervisé l’assassinat du chroniqueur du Washington Post au consulat saoudien à Istanbul en octobre 2018 et d’avoir été conseillé par Saoud Al-Qahtani, confident du prince héritier et conseiller royal.

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Sur les onze personnes qui ont été inculpées dans cette affaire, trois ont, par ailleurs, été condamnées à des peines de prison totalisant vingt-quatre ans. Les autres ont été acquittées. «Nous avons conclu que le meurtre de Khashoggi n’a pas été prémédité», ajoute le communiqué du tribunal de Riyad. Le procès du journaliste saoudien n’a pas respecté «les principes internationalement reconnus de la justice», a constaté Reporters sans frontières. L’objectif sous-jacent de la constitution d’un nouveau géant économique est d’opérer une “sortie par le haut” du bourbier généré par ce crime crapuleux en ce que l’Arabie saoudite a choisi pour partenaire, Abou Dhabi, désormais le meilleur allié des États Unis parmi les pétromonarchies depuis la disparition du chroniqueur du Washington Post et sa normalisation forcenée avec Israël, en Août 2020.

Ce partenariat devrait en outre conjurer les prévisions pessimistes du FMI (Fonds Monétaire International) prédisant une faillite des pétromonarchies à l’horizon 2034, du fait de leurs dépenses excessives d’armement. Avec en perspective, le risque d’un lâchage occidental des roitelets du Golfe et la fin de leur impunité. Depuis 2015, coïncidant avec le coup de force de Mohamad Ben Salman contre le prince héritier en titre Mohamad Ben Nayef, la dette extérieure totale de l’Arabie saoudite a explosé passant de moins de 12 milliards de dollars en 2014 à 183 milliards de dollars fin 2019.

En cinq ans, ses réserves de liquidités ont chuté de 732 milliards de dollars à 499 milliards de dollars, soit une perte de 233 milliards de dollars. En octobre 2018, MBS a annoncé que son principal fonds souverain, le fonds public d’investissement, «approch[ait]» les 400 milliards de dollars d’actifs et dépasserait les 600 milliards de dollars à l’horizon 2020. Aujourd’hui, il ne vaut plus que 320 milliards de dollars. Lors du krach boursier du 2008, le message subliminal envoyé par les pays occidentaux au reste du monde ne souffrait aucune ambiguïté: Oui aux capitaux exotiques, non à l’immigration basanée.

Les avatars militaires des États-Unis et la faillite du néo-capitalisme de l’ère post-soviétique signent la fin de six siècles de domination absolue de l’Occident sur le reste du monde. Le partenariat stratégique saoudo abou dhabien a été scellé le 27 novembre 2018, à l’occasion de la visite officielle aux Émirats arabes Unis du Prince héritier saoudien. Cette visite a été marquée par la signature de 4 mémorandums d’entente et de sept initiatives stratégiques visant à “parfaire la complémentarité de leur partenariat stratégique dans le domaine militaire, économique, scientifique et celui du développement”.

Une Raffinerie géante en Inde doublée d’un complexe pétrochimique.

Parmi les grands projets prévus figure la construction d’une raffinerie géante En Inde d’une capacité de raffinage de 1,2 millions de barils par jour, soit l’équivalent de la production quotidienne de la Norvège. En connexion avec un complexe pétrochimique dont le coût d’investissement s’élèverait à 70 milliards de dollars, la raffinerie géante devrait être édifiée dans la province du Maharashtra (Ouest de l’Inde), d’une capacité de 600.000 barils par jour, en vue de pouvoir aux besoins énergétiques de l’Inde. Au delà des considérations tenant à la rentabilité économique du projet dans un marché de près de 1,7 milliards de consommateurs et à la réduction des coûts, l’investissement saoudo abou dhabien en Inde parait destiné, d’une part, à compenser, dans l’ordre subliminal, la destruction des Bouddhas de Bamyane par les Talibans protégés des Saoudiens et à faire pièce à l’investissement de la Chine au Pakistan, dans le port de Gwadar, de l’ordre de 50 milliards de dollars en vue d’en faire le terminal pétrolier chinois en Asie dans le cadre du projet OBOR.

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Les deux pays sont convenus en outre de délivrer des visas touristiques communs, de même que des formalités de douanes communes. Le détail de ce partenariat publié par le site de grande audience Ar Al Yom se trouve sur ce lien pour le lectorat arabophone.

LA NEUTRALISATION DE LA PRÉÉMINENCE DES FONDS SOUVERAINS OCCIDENTAUX.

Au delà de l’effet d’annonce, le partenariat des deux plus riches pétromonarchies du Golfe répond à des considérations stratégiques: Le fait de sinon de neutraliser la prééminence de Fonds Souverains Occidentaux sur le marché des investissements mondiaux, notamment Le Fonds Souverain de Norvège, à tout le moins de faire jeu égal, et surtout, le besoin de compenser la fonte de la trésorerie de ces deux pays du Golfe par suite de leurs dépenses inconsidérées dans la guerre tout azimut qu’ils ont déclenché sur l’ensemble du Monde arabe, en leur qualité de chef de file de la contre révolution arabe.

Le pot commun saoudo-bou dhabien répond au défi du « Fonds Souverain Norvégien » ou Gouvernment Pension Fund-Global.

Fonds Souverain Norvégien” ou Government Pension Fund-Global

Le Fonds Souverain Norvégien a réussi l’exploit de se hisser au premier rang des Fonds Souverains dans le monde en dépit de la modicité de sa production pétrolière de l’ordre d’1,2 millions de barils par jour, alors que l’Arabie saoudite un géant pétrolier en produit dix fois plus depuis un demi siècle, 10,5 millions de barils/jour.

Mieux, Le fonds norvégien se maintient en tête du peloton depuis 2014 par l’importance de sa capitalisation de l’ordre de 1,09 Trillions de dollars, distançant largement son rival saoudien, le Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite (Public Investment Fund ou PIF) qui se classe au 11e rang des grands fonds souverain au monde par la taille de ses actifs.

Communément appelé “le fonds pétrolier”, –de son vrai nom « Government Pension Fund-Global » (Statens pensjonsfond Utland en norvégien, Fonds de pension gouvernemental-Étranger en français)–, il constitue avec le Government Pension Fund-Norway (Statens pensjonsfond Norge en norvégien, Fonds de pension gouvernemental-Norvège)- l’un des deux fonds souverains de la Norvège.

En juillet 2014, il s’est hissé au premier rang des fonds souverain au monde par montant de capitalisation, comprenant des actifs pour un montant estimé à 878 milliards de dollars, passant à 850 milliards d’euros en 2016. Il contrôle 1,3 % de la capitalisation boursière mondiale avec des participations dans près de 9 000 entreprises. Le nouveau record a été atteint en 2019 avec 1,09 trillions de dollars. Le fonds norvégien reçoit l’ensemble des profits de la Norvège liés au pétrole via les impôts, les permis d’exploitation de gisement, d’exploration et les participations dans les sociétés comme Statoil ou Norsk Hydro.

Ce fonds est géré par la banque centrale norvégienne, mais une partie de cette gestion est déléguée à une cinquantaine de sociétés norvégiennes et étrangères. La politique de gestion est prudente avec un profil à la fois défensif et diversifié, limitant les participations à moins de 5 %. Le fonds obéit à des règles, formalisées en 2004, relativement strictes en termes d’éthique.
Les investissements en Europe représentent la majorité des investissements. Le Government Pension Fund-Global est le premier actionnaire de deux tiers des entreprises de la cote parisienne, parmi lesquels Axa, Carrefour, Capgemini, Renault, Sanofi, Gemalto ou encore la Société générale.

Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite

Le Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite (Public Investment Fund ou PIF) est un fonds d’investissement détenu par le Royaume d’Arabie saoudite. En 2017, il est classé 11e plus grand fonds souverain au monde par la taille de ses actifs. Son portefeuille d’investissement est constitué d’environ 200 investissements.

Créé en 1971 pour faciliter le développement de l’économie nationale saoudienne, le PIF tient le rôle de premier organe d’investissement du Royaume, finançant des projets liés à la raffinerie, aux fertilisants, ainsi qu’à l’industrie pétrochimique et électrique. En juillet 2014, le conseil des ministres saoudiens accorde au PIF le droit d’ouvrir son portefeuille à l’international, lui permettant de prendre des participations au sein d’entreprises et de projets publics nationaux ou internationaux sans accord préalable du conseil.

En 2017, alors que près de 90% des investissements du PIF sont effectués au sein de l’Arabie saoudite, le fonds accélère sa diversification sur les marchés étrangers, avec plusieurs investissements réalisés dans la nouvelle économie, les infrastructures, l’aérospatiale, et l’industrie culturelle. En octobre 2017, le PIF annonce son intention de porter ses actifs de 230 milliards en 2017 à 400 milliards en 2020. Le plan Vision 2030 prévoit, à terme, de porter les actifs du PIF à 2 000 milliards de dollars. Le PIF acquiert en juillet 2015 38% des parts de la société sud-coréenne POSCO.

En juin 2016, le PIF investit 3,5 milliards de dollars dans Uber, soit l’équivalent de 5% des parts de la société. Yasir Al Rumayyan, le dirigeant du PIF, intègre le conseil d’administration d’Uber, après avoir signé un mémorandum d’entente en 2016 avec le japonais SoftBank en vue de la création d’un nouveau fonds dédié aux nouvelles technologies.

L’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA) est le plus important Fonds Souverain au monde en termes d’actifs sous gestion.

Créé par Zayed Ben Sultan Al Nahyane, le 24 Février 1977, l’ADIA est basée à Abou Dhabi, le plus important des sept émirats de la Fédération des Emirats Arabes Unis. Chargé d’investir les revenus pétroliers de l’émirats d’Abou Dhabi, à travers le monde pour les faire fructifier, ADIA est entièrement détenu et gouverné par le gouvernement d’Abu Dhabi et présidé par cheikh Khalifa Ben Zayed Al Nahyane. Bien que le montant exact de ses actifs n’ait jamais été publié par ADIA, le fond gèrerait plus de 875 milliards de dollars US d’actifs. Le 26 novembre 2007, il a acheté, pour 7,5 milliards de dollars, 4,9 % de Citigroup, la première banque américaine et en devient le premier actionnaire devant la Kingdom Holding Company du prince Walid Ben Talal, qui en détient 4,3 %.

 ABOU DHABI, EN TÊTE DU PELOTON ARABE POUR L’ÉNERGIE ATOMIQUE.

Contre toute attente, les Émirats Arabes Unis se sont hissés en tête du peloton pour l’exploitation de l’énergie nucléaire dans le Monde arabe. La centrale nucléaire de Barakah, la première du monde arabe, a en effet reçu le feu vert pour son exploitation le 17 Février 2020.
«L’Autorité fédérale de régulation nucléaire (FANR) a approuvé la délivrance à l’entreprise Nawah de la licence d’exploitation du réacteur 1 de la centrale», a déclaré le représentant permanent des Emirats à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Hamad Alkaabi, lors d’une conférence de presse à Abou Dhabi.

Fondée en 2016, Nawah Energy Company exploitera et entretiendra, à terme, les quatre réacteurs de la centrale de Barakah, dans le nord-ouest du pays. L’installation a été construite par un consortium mené par Emirates Nuclear Energy Corporation (ENEC) et le coréen Korea Electric Power Corporation (KEPCO), pour un coût estimé à 24,4 milliards de dollars (22,5 milliards d’euros). Le premier des quatre réacteurs devait être mis en service fin 2017, mais la date de démarrage a été reportée à plusieurs reprises pour satisfaire, d’après les responsables, aux conditions légales de sécurité. Lorsqu’ils seront pleinement opérationnels, les quatre réacteurs auront la capacité de produire 5.600 mégawatts d’électricité, soit environ 25 % des besoins des Emirats arabes unis, qui compte une population de 9,3 millions d’habitants, dont environ 80 % d’expatriés.

5 – ABOU DHABI: UNE NOUVELLE SPARTE EN CARTON PÂTE.

Abou Dhabi qui se veut une puissance spatiale et une puissance atomique est en fait une nouvelle sparte en carton pâte, enregistrant revers sur revers tant en Libye qu’au Yémen, au point de pratiquer la fuite en avant comme mode de gouvernement,comme en témoigne la normalisation de ses relations diplomatiques avec Israël, première pétromonarchie du golfe à accomplir cette démarche.

Abou Dhabi a présenté cette décision comme étant la contrepartie de la renonciation par Israël à son annexion de la Cisjordanie, mais intervenant le 13 Aout 2020, le lendemain de la constitution du ticket démocrate Joe Biden Kamala Harris à la compétition présidentielle américaine, la reconnaissance d’Israël par Abou Dhabi est apparu comme une forme de grenouillage diplomatique, une magouille empaquetées avec de grosses ficelles destinée à donner un coup de pouce à Donald Trump, en perte de vitesse dans les sondages à moins de trois mois des élections présidentielles américaines.

Le plus riche des sept émirats constituant la Fédération des Emirats Arabes Unis (Abou Dhabi, Doubai, Charjah, Ajmane, Foujeirah, Oum el Gowein, Ras El Kheyma), Abou Dhabi s’étend sur 82.888 km2 le long de la péninsule arabique, sur le Golfe. Abu Dhabi Investment Authority dispose d’un portefeuille d’actif dont la valeur est estimé à 700 milliards de dollars, qui le place parmi l’un des plus grands fonds du Monde. Son sous-sol récèle 6 pour cent des réserves prouvées de pétrole (98 milliards de barils) Il se situe au 7eme rang pour les réserves de gaz au monde avec 6.100 mètres cubes).

Depuis l’assassinat de Jamal Khashoggi, il est considéré comme le meilleur allié des Etats Unis au sein des pétromonarchies du Golfe. Il est engagé dans une grande coopération avec la France tant sur le plan militaire avec l’amenagement d’une base aéro-terrestre à Abou Dhabi, que sur le plan culturel (Louvre Abou Dhabi).

En superposition, le Fonds souverain d’Abou Dhabi, Mubadala, a décidé d’investir, en Février 2020, un milliard d’euros dans le nouveau fonds d’investissement français, ainsi doté au total de 4 milliards d’euros. Crée sous l’autorité de la Banque d’investissement française, Bpifrance, ce fonds devrait garantir aux grandes entreprises françaises cotées un actionnariat stable et de long terme.

Une cyberpuissance

Un des deux chefs de file de la contre révolution arabe, Abou Dhabi s’emploie à se doter d’un empire maritime avec la possessions d’un chapelet de ports dans la zone du Golfe (Doubai, Charjah) et depuis la guerre du Yémen, Aden et l’Île de Socotra.

L’Emirat d’Abou Dabi s’est «fermement établi en tant que cyber-puissance, utilisant ses cyber-capacités non seulement à des fins de sabotage et d’espionnage, mais aussi, de plus en plus, à des fins de subversion – c’est-à-dire en transformant les récits en armes afin de nuire à la société civile du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord», soutient Andreas Krieg.

Ainsi, contrairement à la croyance populaire, la politique étrangère des Émirats est loin d’être laïque. Son méta-récit de «tolérance» et de «coexistence religieuse» n’est pas seulement un outil de soft power visant à dépolitiser l’islam et à éroder l’islamisme dans la région, mais sert également de coquille – bien qu’intellectuellement vide– pour promouvoir une forme d’islam politiquement quiétiste. Les Émirats arabes unis (EAU) ont parfaitement saisi le pouvoir de la religion et de l’idéologie pour mobiliser ou démobiliser la société civile dans le monde arabe. Leur promotion du soufisme est tout sauf laïque: elle sert de fondement idéologique et religieux à leur politique étrangère agressive dans la région, estime par ailleurs cet universitaire, professeur assistant au département d’études de la défense du King’s College de Londres et consultant spécialisé dans les risques stratégiques pour des gouvernements et des entreprises au Moyen-Orient. Il a récemment publié un livre intitulé Socio-Political Order and Security in the Arab World.

Somaliland et Puntland

Les Émirats arabes unis mènent une diplomatie des ports et de la canonnière, du Yémen à la Corne de l’Afrique, cherchant à étendre leur emprise jusque dans l’océan Indien. Abou Dhabi a ainsi jeté son dévolu sur la Somalie «état failli», dont plusieurs provinces échappent au pouvoir central de Mogadiscio. Le Somaliland est ainsi devenu un partenaire extrêmement fort des Émirats et plus récemment le Puntland est entré dans son giron.

Les Émirats y installent des bases militaires, construisent des ports, s’implantent économiquement et militairement dans ces zones, ce qui irrite le gouvernement central à Mogadiscio, proche du Qatar, à l’arrière plan de la rivalité qataro-abou dhabien. Les Émirats sont donc présents en Érythrée, à Djibouti, au Soudan, dans une sorte de ruée sur la Corne de l’Afrique, dont la Somalie est le terrain de jeu de ces rivalités.

Mais ce micro émirat qui se veut le Sparte du monde arabe, essuie défaite sur défaite, malgré l’important soutien logistique de la France, qui dispose à Abou Dhabi d’une importante base aéroterrestre, et l’appui des États-Unis, dont la marine organise le blocus des ports yéménites en vue de couper le ravitaillement houthiste. En vain. Tant en Libye, où Abou Dhabi soutient l’incompétent général Khalifa Haftar, qu’au Yémen, où il a accumulé les revers.

Au point de devenir la risée des stratèges mondiaux, mais une manne pour ses pourvoyeurs d’armes, notamment les trois pays occidentaux membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU (États Unis, Royaume Uni et France).

Madaniya Info

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