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Courir le marathon de Boston pour les réfugiés syriens : le bel objectif d’une Américaine voilée

Au fur et à mesure qu’elle avale les kilomètres en foulées fluides, Rahaf Khatib, 33 ans, une mère de famille américaine d’origine syrienne, n’en finit pas de faire tomber des barrières insurmontables sur son passage, notamment celles des préjugés, sous son voile de compétition qui en fait une coureuse de fond à part.

Première sportive voilée à avoir fait, en septembre 2016, la couverture du célèbre magazine féminin « Women’s Running », dédié à la course à pied, au fitness, à la nutrition et la santé, cette athlète chevronnée affiche à son compteur, depuis cinq ans, un nombre record de marathons, de semi-marathons et de triathlons, forçant l’admiration des siens, des habitants du Michigan où elle réside, ainsi que du petit monde des adeptes de la course d’endurance qui l’a facilement adoptée.

Née à Damas, avant que ses parents ne s’envolent pour l’Amérique des jours heureux, bien avant que l’ère Trump ne ferme hermétiquement ses frontières aux ressortissants de sept pays musulmans, dont les Syriens, Rahaf Khatib ne ménage pas ses efforts pour récolter des fonds en faveur des réfugiés en provenance de son pays natal, dans sa double vie bien remplie de femme au foyer et de sportive accomplie.

Elle s’entraîne avec d’autant plus d’ardeur à l’approche du prestigieux marathon de Boston, le 17 avril, le plus vieux marathon au monde, qu’elle s’alignera au départ pour la première fois de sa vie en se fixant un bel objectif : réussir une course d’anthologie pour mieux braquer les projecteurs sur la cause des réfugiés syriens, si chère à son cœur.

« J’estime qu’il est de mon devoir, en tant que femme au foyer musulmane ayant l’honneur de participer au grand marathon de Boston, de saisir cette occasion pour venir en aide aux réfugiés issus de mon pays d’origine » a confié Rahaf Khatib dans un courriel adressé au Huffington Post US. « Je veux agir concrètement au sein de la Oumma, au sens large du terme et à l’échelle mondiale. La vie m’a tellement donné, c’est un juste retour des choses que de donner à mon tour à la société et à l’humanité », a-t-elle souligné.

Porte-drapeau de la cause syrienne sur la piste de ses exploits, Rahaf Khatib a des fourmis dans les jambes en songeant aux six grands marathons internationaux qui l’attendent et dans lesquels elle compte bien s’illustrer, n’en déplaise au nouvel homme fort de Washington.

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