in

Canada : des étudiants protestent contre le port de tenues traditionnelles en guise de déguisement pour Halloween

Avec le retour flamboyant de l’automne revient, inexorablement, le temps carnavalesque d’Halloween, riche en citrouilles et en costumes « frissons garantis » de monstres, sorcières ou autres fantômes, souvent de plus ou moins bon goût, qui met en joie petits et grands, ainsi que les tiroirs-caisses des magasins…

Au pays de l’érable, une agitation contagieuse règne sur le campus de l’université de Windsor, propre à cette période de fête où chacun joue à se faire peur avec délice, la plupart des étudiants cherchant à se distinguer de leurs camarades par le déguisement le plus original ou, plutôt, effrayant à souhait.

Mais au milieu de ce bouillonnement créatif, une crainte est née, a gagné du terrain et s’exprime désormais dans le cadre d’une campagne de protestation contre les accoutrements plus folkloriques qu’anxiogènes, portés lors de festivités qui leur sont parfaitement étrangères. Des accoutrements qui réussissent toutefois à faire peur, tant ils ridiculisent la culture dont ils sont les vêtements traditionnels.

Cette peur, teintée de colère, s’est propagée parmi un groupe d’étudiants canadiens venus d’ailleurs. Aïcha Hassani, l’une des fers de lance de la contestation, se désole en effet qu’il ne soit plus rare que des tenues typiquement marocaines, en l’occurrence le caftan, puissent côtoyer des costumes de Shrek ou de vampires au cours de soirées tapageuses.

« Si vous aimez et respectez les tenues traditionnelles, ne les portez pas pour Halloween », clame-t-elle, d’un ton désespéré. « Ces tenues ne sont pas un déguisement. Imaginez un peu, si j’allais à une soirée portant une tenue de suprématiste blanc, est-ce que vous ne trouveriez pas ça insultant? », a-t-elle poursuivi, en espérant que sa question interpelle le plus grand nombre.

À ses côtés, d’autres étudiants s’insurgent, à l’instar de Destiney Soney. « Nous ne sommes pas un costume, nous sommes des personnes, nous sommes une ethnie, nous sommes une culture », martèle-t-elle. « Nous sommes bien plus qu’une blague que l’on peut faire une fois par an ! », s’emporte-t-elle, après s’être indignée qu’un costume grotesque d’indien ait réduit à un vulgaire cliché plus de 150 tribus d’Amérique du nord.

Ces étudiants en colère ne sont pas les premiers à avoir joué les trouble-fête à l’approche d’Halloween, afin d’éveiller les consciences formatées ou engourdies par cette fête anglo-saxonne quasi sacralisée. Ainsi en 2011, la grogne était montée des rangs de certains étudiants de l’Ohio contre des costumes jugés racistes, sous lesquels étaient dissimulés soit de fieffés abrutis, soit des racistes de la pire espèce.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les joueuses de baseball de Gaza mènent un double combat, face aux préjugés et au blocus israélien

L’assignation communautaire et identitaire ou la fabrique de l’ennemi intérieur ?