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Calcutta : un musulman perpétue le souvenir de Mère Teresa dans une boutique à son effigie

A Calcutta, dans sa boutique à l’effigie de celle que l’on surnommait, avec respect et admiration, « la Sainte des caniveaux », où il s’affaire depuis près de trente ans à garder vivace le souvenir d’un petit bout de femme d’une immense piété, devenue l’icône mondiale du dévouement auprès des plus déshérités, c’est un commerçant musulman qui entretient, avec un plaisir intact, la flamme de la mémoire de Mère Teresa.

Situé à proximité du siège des Missionnaires de la Charité fondé par la mythique religieuse catholique albanaise, naturalisée indienne, le commerce florissant de l’affable Nurul Islam, 60 ans, s’est implanté en plein cœur d’un quartier à majorité musulmane, en lieu et place d’un magasin d’électronique.

C’est à la faveur d’une rencontre avec une touriste espagnole désespérément en quête d’un chapelet, peu de temps après le décès de la très regrettée « Mère des pauvres », le 5 septembre 1997, que l’idée d’ouvrir une boutique de souvenirs a germé dans son esprit, pour que l’image de cette femme exceptionnelle, incarnation de la foi, de l’amour et de la compassion, drapée dans son éternel sari blanc bordé de bleu, ne s’efface jamais et continue de vivre dans le cœur et les maisons de ses innombrables admirateurs.

Bien qu’ignorant tout des rosaires à ses débuts, Nurul Islam s’est imposé en l’espace de trois décennies comme le fabricant incontournable de chapelets à Calcutta, dont les plus populaires sont ceux personnalisés avec le portrait de Mère Teresa. Pour ce faire, il s’est rapproché du Père Nazareth, officiant dans l’église Saint Mary, qui l’a non seulement conseillé au mieux mais l’a aussi aidé à développer sa petite entreprise.

 

Ce rapprochement interreligieux, aux formidables potentialités, s’est avéré de bon augure sur tous les plans, faisant taire les jugements à l’emporte-pièce et autres anathèmes au sein de sa propre communauté, tout en venant à bout d’actes de vandalisme dont sa boutique fut la cible lorsqu’elle émergea dans le paysage.

Une époque tumultueuse désormais révolue dont il attribue l’apaisement à l’influence lumineuse et salvatrice de celle qui a été canonisée, ce dimanche 4 septembre, place Saint Pierre, à Rome, au cours d’une messe présidée par le pape François, en présence de plus d’une douzaine de chefs d’Etat.

Le succès aidant, Nurul Islam ne cache pas sa fierté d’avoir su diversifier, au fil du temps, sa gamme de produits à l’effigie de Mère Teresa, se rappelant avec émotion l’avoir croisée à plusieurs reprises, en pleine rigueur hivernale, aux heures crépusculaires, les bras chargés de couvertures et de lainages à l’attention des sans-abris et nécessiteux.

Alors que de longues processions de chrétiens, d’hindous et de musulmans cheminent continuellement vers sa tombe pour s’y recueillir, dix-neuf ans après sa mort, Nurul Islam fait partie de ceux qui considéraient Mère Teresa déjà comme une sainte de son vivant, la célèbre et très aimée « Mère des pauvres » étant la mère de tous en Inde.

« Pour nous, c’était notre mère, quelle que soit notre religion. Sa canonisation signifie beaucoup, c’est certain, mais pour moi elle a toujours été et demeurera une Sainte, comme pour beaucoup d’autres musulmans », a-t-il déclaré à la presse indienne, en accueillant chaque jour que Dieu fait, avec un bonheur renouvelé, la clientèle internationale qui se presse à ses portes.

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