Loin de Riyad vers qui le monde a les yeux tournés, et de sa monarchie absolue en proie à une vive agitation depuis que des doigts accusateurs désignent son prince héritier, MBS, comme le bourreau de Jamal Kashoggi, disparu à jamais derrière les portes cossues du Consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le gouvernorat d’Asir est, lui, secoué par trois crimes horribles.
Savoir si le prince réformateur, qui habillait des atours de la modernité sa conception autocratique de l’exercice du pouvoir, a bel et bien du sang sur les mains, n’est pas la préoccupation première des autorités locales…
En l’espace de quelques jours, alors qu’une affaire criminelle sans précédent défraye la chronique, une peur irrépressible s’est installée dans la région. Une question angoissante tourmente désormais les esprits et s’exprime même pour certains à haute voix : est-ce que les trois cadavres, enveloppés dans des couvertures et abandonnés au milieu de routes très fréquentées, ont été victimes d’un serial killer ? Autant dire du jamais vu au royaume wahhabite !
Déjà sur les dents après la découverte macabre d’un premier corps ligoté sur un lit et déposé sur une autoroute de Abha, les forces de l’ordre de cette province saoudienne, frontalière avec le Yémen et l’immense étendue désertique Rub al-Khali, sont aujourd’hui soumises à de fortes pressions.

Une obligation de résultat leur est imposée : retrouver urgemment la trace du ou des dangereux criminels qui ont à nouveau criblé de balles deux hommes d’origine africaine, à Bisha et Al Dayer, selon le même mode opératoire et la même mise en scène effrayante, que d’aucuns interprètent comme la signature de leur acte odieux, mais aussi comme un avertissement glaçant.
Outre leurs racines communes, ces trois hommes abattus froidement seraient entrés en Arabie saoudite dans les mêmes circonstances, illégalement.
يمه وش ذا
— ساره علي (@zr12370) October 15, 2018