La BBC, média public britannique, est au cœur d’une polémique après la révélation d’un partenariat entre sa branche commerciale, BBC Storyworks, et le fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF). En cause : une série de contenus — films et articles — jugés trop laudateurs envers le royaume, notamment sur la condition des femmes et ses engagements écologiques. Des critiques dénoncent des productions assimilables à de la “propagande glossy”, c’est-à-dire des contenus très soignés et attractifs qui donnent une image positive mais partielle de la réalité. Ces contenus sont financés par un régime régulièrement pointé du doigt pour ses violations des droits humains. Le partenariat suscite d’autant plus de malaise qu’il intervient dans un contexte marqué par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, attribué aux autorités saoudiennes.
Ces contenus, hébergés sur un site aux couleurs de la BBC mais non accessibles depuis le Royaume-Uni sans VPN, visent à promouvoir l’image d’un pays en transition, mettant en avant investissements “verts” et ouverture progressive aux femmes. Une présentation jugée trompeuse par plusieurs ONG, qui accusent le PIF d’utiliser ses investissements comme outil de “soft power” pour redorer son image. Pour Human Rights Watch et Amnesty International, ces collaborations risquent de banaliser des atteintes graves aux libertés fondamentales, toujours dénoncées dans le royaume. Elles alertent également sur le danger que représente ce type de partenariat pour la crédibilité éditoriale de la BBC.
De son côté, la BBC assure maintenir une séparation stricte entre ses activités commerciales et journalistiques. Mais cette affaire relance le débat sur son modèle économique, fragilisé par la baisse des recettes issues de la redevance audiovisuelle.

