Une satire sur les propositions de Jordan Bardella concernant la francisation des prénoms en France.
POURQUOI LIRE :
- Pour comprendre les implications culturelles de la politique des noms.
- Pour explorer la satire sur l'identité nationale.
- Pour réfléchir aux enjeux de la diversité en France.
Une satire de Jamal Mimouni
Je constate que certains ont caricaturé mes propos sur les prénoms, notamment concernant l’interdiction une fois au pouvoir, de ne plus accepter que les parents puissent prénommer leurs nouveau-nés Mohammed. Pourtant, ma démarche est simple : une nation doit savoir qui elle est. Une civilisation qui ne sait plus nommer finit par ne plus savoir où elle habite et devient proie au grand remplacement.
Je vais donc préciser ma pensée et présenter une politique globale. Effectivement, il ne serait pas cohérent de s’interroger uniquement sur l’acceptabilité du prénom Mohammed. Si l’on considère que les prénoms véhiculent une histoire, une culture et un imaginaire collectif, alors il faut avoir le courage d’aller au bout de la réflexion. La France s’est construite en partie à partir de l’épopée de Charles Martel qui, ne cessons pas de le rappeler, a battu les Arabes à Poitiers. On ne peut rien y faire. C’est la France, aimez-la ou bien quittez-la.
Ainsi, Leïla devrait devenir Lila, Yasmina devrait devenir Jasmine. Pour les garçons, Ahmed devrait devenir Aimé puisqu’ils aiment tellement leur Prophète, Youssef pourrait devenir Joseph, Ali devenir Alain, Rachid devenir Richard, et Samir devenir Samy. Fatma ou Fatima pourraient peut-être faire l’objet d’une petite exception, puisque Notre-Dame de Fátima, au Portugal, est une sainte et que nous considérons tous le patrimoine historique chrétien comme faisant partie intégrante de ce qui définit la France. Nous conviendrons que d’autres noms seront plus difficiles à franciser, tels que Khadidja, Zineb, Boubaker ou Mamadou, mais avec un peu de bonne volonté et d’imagination, il y a des solutions.
Je veux également rassurer ceux qui m’accusent de discrimination. La réforme concernera tout le monde. Antonio devrait redevenir Antoine, Mickaël devrait retrouver sa forme plus traditionnelle de Michel. Kevin deviendra Kévin. Dylan pourra choisir entre Didier et Dylain. Jason sera invité à adopter une orthographe plus conforme à nos traditions nationales, par exemple Jaison ou Jean-Son. Enfin Jordan devrait se renommer Jourdain.
Certains trouveront ces propositions radicales. Je les considère au contraire comme modérées, car je suis un homme de compromis. D’ailleurs, je ne suis pas fermé à certaines exceptions. Schwarzenegger, par exemple, représente un cas particulier. Certes, ce nom comporte davantage de consonnes que la moyenne autorisée par le futur ministère de la Francophonie Heureuse, mais il a tout de même contribué à la diffusion mondiale de valeurs essentielles : les biceps, le cinéma d’action et le libre marché. Une commission pourra donc examiner son dossier et proposer des compromis.
D’autres noms posent également question. Je pense notamment à Zemmour, entre autres. Je n’ai rien contre les personnes concernées, mais enfin, si nous voulons être cohérents, nous devons l’être jusqu’au bout. On ne peut pas expliquer toute la journée que les noms sont un enjeu civilisationnel et découvrir soudainement les vertus du multiculturalisme lorsqu’il s’agit de son propre patronyme. Je suis donc favorable à une solution équilibrée où le nom Zemmour pourrait être maintenu à titre provisoire, sous réserve d’une étude approfondie, quoique plusieurs pistes puissent être considérées : Zémur, Desmurs.
Pourtant, personne ne peut nier les efforts d’intégration réalisés, et surtout pas moi, et je suis donc favorable à une période transitoire pour certains noms. Prenons l’exemple de Sarkozy, qui ne correspond pas exactement aux standards nationaux. Sarkozy pourrait rester Sarkozy, même en gardant le « y » à la fin, quoiqu’un « i » final serait bien mieux, à condition que chacun fasse l’effort de le prononcer avec un léger accent corrézien.
Aujourd’hui, lorsqu’un professeur fait l’appel dans une classe, il doit parfois voyager mentalement à travers quatre continents avant d’arriver au nom suivant. Aucune grande puissance mondiale ne peut fonctionner dans de telles conditions. La France doit retrouver sa souveraineté énergétique, industrielle et certainement orthographique et phonétique.
D’ailleurs, dans le même esprit, nous devrons harmoniser les prénoms régionaux. Les Bretons auront droit à un quota raisonnable de Gwenaël et de Ronan, mais au-delà de trois consonnes consécutives, il faudra saisir la Commission de Standardisation Patronymique et Prénominale de leur département. Les Corses conserveront leurs prénoms, mais seulement après validation par un comité composé de deux instituteurs, d’un maire rural et d’une grand-mère de Corrèze.
C’est une question de cohérence et de lisibilité, voire même de dignité nationale.
Encore une fois, il ne s’agit point de stigmatiser quiconque, mais bien d’appliquer les mêmes principes à tout le monde et de remettre un peu d’ordre, de même que le monde moderne est ordonné. Empruntant à la physique moderne le concept d’entropie (Deuxième principe de thermodynamique) lié à la quantité de désordre d’un système, je dirais que l’entropie est l’ennemie de la civilisation, et c’est pourquoi l’ordre doit être défendu avec énergie (A la base du premier principe de thermo) et, lorsque nécessaire, par décret.



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