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Al-Azhar demande au Pape François de déclarer que l’islam est une religion de paix

Si la nomination du Pape François écrit un nouveau chapitre dans l’histoire de l’Eglise chrétienne, en rompant avec l’ère de la flamboyance au profit d’un pontificat axé sur le social, elle est également en passe de clore l’épisode très préjudiciable de la rupture des échanges avec les musulmans. Une rupture interreligieuse qui avait atteint un point de non retour sous Benoît XVI, suite à son fameux discours de Ratisbonne, source d’un regrettable malentendu pour le Vatican, et à l’origine d’une brouille irréconciliable avec les dignitaires d’Al-Azhar.

L’heure du dialogue de sourds, ou pire encore de l’absence totale de dialogue, semble révolue des deux côtés, le nouveau pape ayant à cœur de revivifier la relation entre l’islam et le christianisme, tandis qu’Al-Azhar est revenu à de meilleurs sentiments après avoir apprécié la teneur des premières déclarations de ce dernier, et été fortement impressionné par son geste inédit dans les annales vaticanes, lorsqu’il  procéda au rituel du lavement des pieds dans l’univers carcéral, en y associant deux jeunes femmes, dont l’une était musulmane.

Au Caire, la volonté de rétablir les relations avec le Vatican fait son chemin, à l’instar de Mahmoud Abdel Gawad, conseiller pour les affaires interreligieuses de l’imam Ahmed Al-Tayyeb d’Al-Azhar, qui a évoqué vendredi cette perspective, en demandant au Pape François, qui s’est présenté comme un bâtisseur de ponts entre les religions, de faire un « pas en avant » significatif de nature à dissiper toute ambiguité et à tisser de nouveaux liens sur des bases saines : déclarer publiquement que l’islam est une religion de paix.

Les problèmes que nous avons eus n’étaient pas avec le Vatican, mais avec l’ancien pape. Maintenant, les portes d’Al-Azhar sont ouvertes, le Pape François est un nouveau pape. Nous attendons qu’il fasse un pas vers nous, en déclarant que l’islam est une religion pacifique, que les musulmans ne cherchent pas la guerre ou la violence, ce serait un réel progrès en soi “, a indiqué Mahmoud Abdel Gawad, en précisant que si celui qui préfère endosser la mitre de « l’évêque de Rome » acceptait une invitation du Pape copte orthodoxe Tawadros II à se rendre en Egypte, il serait le bienvenu à Al-Azhar. “À ce moment-là, les relations et le dialogue seraient rétablis immédiatement“, a-t-il affirmé.

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