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Les agents musulmans du FBI dénoncent « une purge » interne islamophobe

Catapulté dans le prestigieux Bureau ovale d’où il entend régner sur son monde d’une main de fer, Donald Trump a inauguré une nouvelle ère à Washington, placée sous le signe de la suspicion, de la discrimination et de la peur envers les agents spéciaux musulmans du FBI.
Ce climat électrique a coûté son poste à l’Américain Saïd Barodi qui a été limogé sans autre forme de procès, le 1er février, par le grand service fédéral de renseignement intérieur de son pays où il officiait depuis un certain temps déjà.
La médaille qui lui fut décernée pour ses bons et loyaux services fut balayée d’un revers de main par sa hiérarchie fort soupçonneuse, laquelle était obnubilée par l’incident survenu à l’étranger il y a un an de cela, avec un douanier américain, lors de son séjour pour rendre visite à sa famille.
Passé du statut d’agent du FBI au-dessus de tout soupçon à celui suspecté du pire, Saïd Barodi a relaté dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian le jour où sa vie a brusquement basculé de l’autre côté de la barrière, quand il s’est retrouvé sur la sellette et dans le collimateur de ses supérieurs blancs.
Quel crime de lèse-majesté avait-il bien pu commettre pour faire l’objet d’une enquête à charge, longue d’un an, qui a finalement conduit à son éviction ? Le seul tort de Saïd Barodi est d’avoir refusé de confirmer son statut d’employé du gouvernement auprès d’un responsable américain des douanes dans un aéroport étranger, devant l’hostilité manifeste de ce dernier à son égard.
Cette hostilité, mue par un racisme anti-musulmans aussi flagrant que primaire, a été aussitôt dénoncée par l’ex-analyste décoré du FBI dans le courriel qu’il adressa à son directeur, James Corney, en condamnant plus largement l’islamophobie galopante qui gagnait le FBI et tentait de mettre à l’index les agents musulmans, notamment ceux originaires du Moyen-Orient.
En mai 2016, comme le rapporte The Guardian, James Comey avait organisé une réunion avec des représentants de groupes minoritaires du FBI afin d’évoquer la discrimination anti-musulmans qui commençait à se répandre en interne de manière contagieuse. Ce ne fut donc pas une surprise pour lui de découvrir qu’elle pouvait aussi frapper en dehors du sol de la bannière étoilée, en l’occurrence un brillant analyste, au parcours irréprochable.
Saïd Barodi n’est pas le seul parmi ses collègues musulmans à s’insurger contre la suspicion généralisée des « dirigeants blancs » du FBI qui les accusent sans mots couverts de n’être loyaux qu’envers la charia, et à voir dans son licenciement et celui d’un autre fonctionnaire musulman le prélude à une « purge » à caractère islamophobe qui ne fera pas de détail, ni de quartier.
Les agents musulmans du FBI, ces nouveaux coupables idéaux dans l’ère « trumpienne » de la bouc-émissarisation.
 

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