Un rapport du think tank Equi, qui cherche à donner plus de poids aux voix musulmanes dans les politiques publiques, propose d’investir une partie des revenus de l’industrie halal dans le développement des arts et de la culture musulmane au Royaume-Uni. Avec un chiffre d’affaires annuel estimé à 2,5 milliards de dollars, ce secteur pourrait devenir une source de financement précieuse pour des artistes souvent marginalisés par les systèmes traditionnels de subvention.
Le rapport met en avant un contexte de plus en plus difficile pour les créateurs issus des minorités. La montée des débats autour des guerres culturelles a conduit à une réticence croissante des institutions à financer certains projets artistiques. Pire encore, de nombreux artistes musulmans se retrouvent cantonnés à des financements liés à la lutte contre la radicalisation, ce qui limite considérablement leur liberté de création et la diversité des œuvres produites. Parmi les solutions avancées, Equi recommande la mise en place d’un Groupe de Travail National, chargé de structurer et dynamiser le secteur. Le think tank propose aussi de renforcer les partenariats entre entreprises musulmanes et organisations caritatives pour mobiliser plus de ressources. L’étude rappelle d’ailleurs que les musulmans britanniques sont particulièrement généreux en matière de dons, contribuant en moyenne 900 dollars par an, contre 210 dollars pour le reste de la population.
L’initiative a été saluée par Yusuf Islam (anciennement Cat Stevens), qui insiste sur l’importance des arts et de la culture musulmane, encore largement sous-exploités au Royaume-Uni. Il appelle à des politiques plus inclusives pour permettre au secteur de se développer et de jouer un rôle plus significatif dans la richesse culturelle et économique du pays. Si ce projet offre une alternative aux financements institutionnels, il soulève aussi des questions. Certains pourraient voir cette forme de “taxe halal” comme une charge supplémentaire pour les entreprises du secteur, tandis que d’autres y verront une opportunité de soutenir une culture sous-représentée. Tout l’enjeu sera de savoir comment cette mesure sera accueillie par les consommateurs et les acteurs économiques, et si elle bénéficiera d’un soutien politique suffisant pour être appliquée.



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