L'attentat de Magdebourg, attribué à un Saoudien, révèle des motivations islamophobes, contredisant les accusations d'islamisme.
Pourquoi lire cet article :
- Analyse des réactions politiques face à l'attentat.
- Examen du profil de l'auteur et des fausses accusations d'islamisme.
L’odieux attentat commis en Allemagne, vendredi 20 décembre, au moyen d’une voiture-bélier qui a percuté la foule rassemblée sur un marché de Noël de Magdebourg, et qui a fait au moins cinq morts, dont un enfant de neuf ans, et plus de 200 blessés, a été particulièrement choquant.
Dès que le profil du suspect, arrêté à bord de son véhicule, a été rendu public et qu’on a appris qu’il s’agissait d’un psychiatre saoudien installé en Allemagne depuis 2006, des voix se sont aussitôt élevées, notamment en France, pour crier à l’« attentat islamiste ».
Pourtant, ce n’est pas faute que les autorités allemandes aient très rapidement appelé à la plus grande prudence : “Nous devons précisément comprendre l’auteur, ses agissements et ses motivations et ensuite en tirer les conséquences sur le plan judiciaire”, a déclaré avec gravité le chancelier Olaf Scholz, venu se recueillir sur les lieux de de la tragédie en compagnie de plusieurs personnalités politiques.
Jordan Bardella, président du RN, s’est empressé de dégoupiller ses grenades sur X, sans la moindre nuance, ni vérification de la véracité de ses affirmations, au risque d’achever de se discréditer.
C’est un « attentat islamiste », a dénoncé ce dangereux fauteur de troubles, ajoutant avec l’arrogance qui le caractérise : « La cible de l’attaque ne doit rien au hasard : l’islam radical mène une guerre à nos traditions chrétiennes, à nos identités, à notre civilisation ».
A l’unisson et avec la même précipitation désastreuse, Marine Le Pen s’est indignée sur X de « la barbarie islamiste » qui « sème la terreur au cœur de l’Europe ». « Cet acte de guerre contre un symbole de notre civilisation soulève les cœurs », a-t-elle renchéri.
Mais voilà que les informations divulguées par les autorités allemandes ont opposé un cuisant démenti à cette énième campagne islamophobe mensongère et hautement délétère.
«L’homme n’était en revanche pas connu pour des sympathies avec la mouvance jihadiste. Au contraire même, ses prises de positions fréquentes sur les réseaux sociaux dressent le portrait d’un homme se sentant persécuté, ayant rompu avec l’islam et dénonçant les “dangers” d’une islamisation de l’Allemagne. Certains médias lui prêtent même des accointances avec l’extrême droite allemande », pouvait-on lire sur le site de BFMTV, samedi 21 décembre.
Non seulement l’auteur de l’attentat n’a rien à avoir avec les milieux islamistes, comme allégués hargneusement par les figures et autres intervenants de l’extrême-droite, mais il s’avère que son profil indique plutôt le contraire : « L’auteur présumé est “islamophobe”, a révélé la ministre de l’Intérieur allemande Nancy Faeser, présente avec le chancelier sur les lieux du drame. (BFMTV 21/12/2024)
La presse allemande a publié quelques messages postés par le suspect quelques mois avant son terrible passage à l’acte. On y trouve des messages de haine contre l’islam et les musulmans, mais aussi contre le gouvernement allemand, accusé d’encourager l’ « islamisation » de l’Europe.
Dans un de ses messages, cette phrase énigmatique est mise en exergue : « La religion de Dieu est le judaïsme ». Dans un autre, il prie Dieu d’exaucer les vœux d’Israël en pleine guerre génocidaire à Gaza. Le doute n’est plus permis : le suspect saoudien, apostat et fier de l’être, est un islamophobe patenté doublé d’un fervent partisan d’Israël !
L’amalgame ravageur entretenu par les représentants de l’extrême-droite française, au premier rang desquels se sont tristement illustrés Marine Le Pen et Bardella, son dauphin aux dents longues, a suscité des réactions outrées de plusieurs personnalités politiques. « Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de livrer ses préjugés dont le seul objet est de cultiver le racisme antimusulman », a riposté Olivier Faure, le Premier secrétaire du parti socialiste, à Jordan Bardella
De son côté, le coordinateur politique de La France insoumise, Manuel Bompard, a fustigé des « dirigeants d’extrême droite (qui) se sont jetés comme des vautours sur l’attaque de Magdebourg pour déverser leur haine anti-musulmans ». « On apprend que l’auteur présumé de l’attaque est un partisan de leurs idées, soutien du parti AfD. N’oubliez jamais que l’extrême droite tue », a mis en garde le député de Marseille.



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