Et si « la question du voile à l’école » avait été inventée par les journalistes et les politiques ? Ce livre de Pierre Tévanian raconte l’histoire édifiante de la construction médiatique d’une affaire (.). A partir de données chiffrées et d’analyses précises, il déconstruit les mécanismes qui ont fabriqué et imposé un faux problème (.). Il montre comment ce débat empoissonné a installé et, en quelque sorte, autorisé un climat général de racisme anti-musulman.
Et si « la question du
voile à l’école » était une fausse question ? Et si elle avait été
inventée par les journalistes et les politiques ? Ce livre de Pierre
Tévanian raconte l’histoire édifiante de la construction médiatique d’une
affaire qui a pris peu à peu des proportions gigantesques, conduisant au vote
d’une loi répressive et à la déscolarisation de centaines d’adolescentes.
Comment une loi programmant ces exclusions a-t-elle pu être votée avec un large
consentement de « l’opinion publique » ? Comment ce foulard, qui
suscitait des contentieux de plus en plus rares et facilement résolus, a-t-il
pu être présenté comme un problème crucial, au sein d’une école pourtant
traversée par des problèmes d’une toute autre nature et d’une tout autre
ampleur ?
A partir de données chiffrées
et d’analyses précises, ce livre déconstruit les mécanismes qui ont fabriqué et
imposé un faux problème, sélectionné les « experts autorisés » et,
écartés la plupart des voix discordantes. Il montre également comment la
question a été posée en des termes suffisamment abstraits pour occulter les
conséquences de la prohibition du voile, en particulier l’exclusion scolaire.
Il montre enfin comment ce débat empoissonné a installé et, en quelque sorte,
autorisé un climat général de racisme anti-musulman.
Pierre
Tévanian, « Le voile médiatique. Un faux débat : « l’affaire
du foulard islamique » éditions Raison d’Agir, Paris 2005 .
Introduction
Les questions auxquelles il faut
répondre par oui ou par non sont souvent des questions idiotes. Elles réduisent
des problèmes qui engagent des dimensions multiples à une simple opposition
entre un « pour » et un « contre », alors que la question
du degré est parfois essentielle. Cela ne signifie pas qu’il soit toujours
absurde de poser de telles questions. L’idée même de choix, d’engagement,
suppose que soient affirmées des ruptures, des actes tranchés qui
comportent une part d’arbitraire. Il faut « en être » ou « ne
pas en être », « prendre » ou « laisser ». Mais faire
le bon choix suppose au moins que les termes du choix aient eux mêmes été bien
choisis. Or, la « question du voile » est l’une de ces fausses
questions, propres à piéger quiconque accepte de se la poser. Cette
question - « faut-il interdire le voile à
l’école ? » - n’a pas de sens, parce qu’elle ne se pose
pas - ou plutôt parce qu’elle ne se posait pas et, sans un prodigieux
travail social et médiatique, elle n’aurait jamais dû se poser. Les pages du Voile
médiatique se proposent de dévoiler les mécanismes d’imposition qui ont
conduit à transformer le foulard de quelques centaines d’écolières
en« problème de société » national voire international - jusqu’à
rendre finalement envisageable, puis effectif, le vote d’une loi répressive par
le Parlement de la République Française.
Le but de ce livre est donc de
parler à nouveau du « problème du voile » - mais d’en
parler autrement. La réflexion ne portera pas sur le voile, considéré comme un
problème objectif, mais sur le « problème-du-voile » et sa genèse,
c’est-à-dire sur la manière dont des acteurs du champ politique et du champ
journalistique ont imposé l’idée a priori absurde selon laquelle la
présence de quelques élèves portant un foulard dans certaines écoles était en
soi problématique. Car, on le verra, ce sont bien des dirigeants politiques qui
ont lancé le « débat », et ce sont bien les grands médias qui ont
élevé « le voile à l’école » au rang de « problème de société »
authentique - sans d’ailleurs que les journalistes soient toujours
conscients de ce qu’ils faisaient, et sans même qu’ils se donnent la peine
d’expliciter la nature dudit problème : il leur a suffit de multiplier les
émissions ou les articles de presse consacrés au sujet. Cette imposition de
problématique est l’objet du premier chapitre, qui rappelle la place énorme que
ces médias ont accordé au « voile » par rapport à des questions
sociales de première importance (comme la réforme des retraites, le chômage, la
précarité, les discriminations ou les inégalités scolaires), à un moment où
aucune demande particulière n’émanait sur ce sujet ni du corps enseignant, ni
des élèves, ni de l’ensemble de la population.
Cela dit, si la multiplication des émissions et des articles consacrés
au sujet a indéniablement provoqué un effet de dramatisation, propice au
développement d’attitudes de peur et de rejet à l’égard des élèves
« voilées », elle aurait pu aussi bien être l’occasion d’un travail
d’enquête, de questionnement et de débat contradictoire, permettant de définir
et d’analyser précisément les termes du « débat » (par exemple
les concepts de « laïcité » ou de « communautarisme »),
d’introduire des nuances et des distinctions (par exemple entre le port du
foulard à Kaboul et à Aubervilliers, ou entre les agents et les bénéficiaires
du service public d’éducation) et enfin de restituer la complexité des faits
sociaux (qu’il s’agisse des significations du port du foulard ou des
problèmes de l’école face à ses « nouveaux publics »). Pour qu’au
contraire le « bruit médiatique » joue de façon univoque en faveur de
la logique prohibitionniste (c’est-à-dire dans le sens de l’interdiction du
foulard à l’école), il a fallu que l’espace de parole théoriquement ouvert
soit immédiatement refermé, par une très stricte sélection des locuteurs
autorisés à prendre part aux discussions. Le second chapitre met en évidence
cette partialité, en reconstituant la liste de tous ceux qui étaient
personnellement, professionnellement ou politiquement, concernés par la
question de la prohibition du voile à l’école, et à qui la parole a très
largement été refusée : les élèves « voilées », leurs condisciples et
leurs professeurs, mais aussi les chercheurs et les militant-e-s laïques et
féministes anti-prohibitionnistes.
Dès lors, le champ était libre pour les partisans de la
prohibition : quasi quotidiennement, par presse, radio ou télévision
interposée, ils ont eu tout le loisir de déployer leur vision de la laïcité, de
la République, de l’Islam, du voile et de la dignité des femmes, avec pour
principaux contradicteurs des responsables associatifs musulmans suffisamment
bien choisis pour être facilement disqualifiables (de sexe masculin, et le plus
souvent membres d’organisations conservatrices). Le troisième chapitre du livre
analyse la construction de ce « monologue prohibitionniste » :
un discours qui, parce qu’il s’est affranchi de tout souci de la parole de
l’autre, a pu s’abstraire des enjeux concrets de la controverse - et
notamment du plus concret de tous : le risque d’exclusion et de déscolarisation
d’adolescentes. Abstraction, dénégations, généralisations, essentialisation,
amalgames : ce dernier chapitre analyse les différentes opérations qui ont
abouti à la formulation d’une question biaisée, abstraite et manichéenne :
pour ou contre le voile ? - et à la production d’un consensus
islamophobe, faisant de l’élève voilée le vecteur de tous les maux et de toutes
les menaces.
Car il faut bien l’admettre : au-delà des stratégies clientélistes
ou de la volonté de diversion et de division qui, en amont du
« débat » médiatique, permettent d’expliquer le lancement de
« l’affaire » par des acteurs politiques
name="_ftnref1" title="">
class=MsoFootnoteReference>[1],
la « question du voile » semble avoir constitué, dans le champ
médiatique, mais aussi au-delà, dans « le public », l’exutoire
inespéré à un racisme latent, que l’on retrouve dans tous les milieux sociaux
et toutes les « familles politiques ». Sans doute cette révélation
est-elle douloureuse. Sans doute est-elle inaudible pour une bonne partie du « peuple
de gauche », qui a pris l’habitude de faire du voile le symbole par
excellence de l’oppression des femmes, de l’obscurantisme religieux ou de
l’enfermement communautaire. Le propos de ce livre n’est pas de dire que de
telles menaces n’existent pas ; il est simplement de montrer que les
quelques centaines d’élèves qui portaient le foulard n’étaient pas cette
menace, et d’attirer l’attention sur une autre menace :
celle que fait désormais peser sur la société française une loi dont le seul
effet est de priver d’école des dizaines d’adolescentes - et de
stigmatiser une partie des habitants de ce pays sur des bases qu’il est
difficile de ne pas qualifier de racistes.
Extrait du premier
chapitre
Il s’agit, en somme, de déconstruire le récit mythique selon lequel un
« problème objectif » aurait précédé et engendré une
« inquiétude » populaire, qui aurait elle même « alerté »
des médias « au service du public » et une classe dirigeante « à
l’écoute du peuple » - pour reprendre les termes de Béatrice
Gurrey, journaliste au Monde : ce serait « la pression de
l’opinion » qui aurait « convaincu le chef de l’État » de
légiférer
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:12.0pt'>[2]. Car tout indique au
contraire qu’un choix politique est à l’origine de
« l’affaire », que les grands médias ont relayé l’initiative
politique, et que « l’opinion » n’a fait que suivre. Jacques Chirac
n’était pas à convaincre, il s’était déclaré dès 1995 favorable à une loi
interdisant le voile
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:12.0pt'>[3], et c’est au contraire la
campagne politique et médiatique qui a exercé une pression sur l’opinion,
et qui a fini par la convaincre d’« opiner » à la proposition
d’interdire le voile.
L’évolution des sondages le confirme : en avril 2003, au moment où
la question de l’interdiction du voile a été relancée, il n’y avait qu’un
différentiel de 4% entre les sondés favorables et les sondés défavorables à une
telle loi ; et ce n’est qu’au terme d’une longue campagne que,
progressivement, un consentement massif a été arraché à l’opinion. Le tableau
qui suit le montre clairement. Il laisse apparaître un rapport de proportionnalité
entre les progrès de la position prohibitionniste et l’évolution du
« bruit médiatique » (mesurée ici au nombre de dépêches AFP et d’articles
de presse parus au cours des trente jours qui ont précédé chaque sondage
href="#_ftn4" name="_ftnref4" title="">
class=MsoFootnoteReference>[4]).
On peut également remarquer, dans ce tableau, que ce ne sont pas les
« convaincus » qui ont fait pencher la balance, mais plutôt les
sans-conviction : ce sont les « plutôt favorables » qui ont le
plus nettement augmenté (+15% entre avril et décembre 2003), tandis que les
« tout à fait favorables » n’augmentaient que de 5%, pour culminer à moins
d’un tiers des sondés (32%).
Question posée : Êtes
vous favorables à l’interdiction des signes religieux à l’école ?
href="#_ftn5" name="_ftnref5" title="">
class=MsoFootnoteReference>[5]
1. Avril 2003
2. Octobre 2003
3. Novembre 2003
4. Début décembre 2003
5. Mi- décembre 2003
Total Favorable
49
55
53
57
69
76
Tout à fait favorable
27
25
29
34
32
-
plutôt favorable
22
30
24
23
37
-
Total défavorable
45
40
42
41
29
20
Plutôt opposé
24
23
18
18
15
-
Tout à fait opposé
21
17
24
23
14
-
Ne se prononce pas
6
5
5
2
2
4
Différentiel
Favorable-défavorable
+4
+15
+11
+16
+40
+56
Nombre de dépêches AFP
consacrées au « voile islamique »
29
61
98
95
132
922
Nombre d’articles sur
« le voile islamique » parus dans la presse quotidienne nationale
24
145
295
304
115
84
En mettant ainsi en évidence le
rôle des médias, il ne s’agit pas de nier la responsabilité des politiques, ni
de minimiser le poids d’une islamophobie qui préexistait à la « campagne
du voile » (il faut notamment reconnaître qu’une résistance populaire au
matraquage médiatique s’est manifestée à l’occasion du référendum sur le Traité
Constitutionnel Européen, et qu’elle ne s’est pas manifestée sur « le
voile »). Il s’agit simplement de montrer qu’il ne faut pas surestimer le
poids des préjugés : aussi considérable soit-il, il n’aurait pas suffi,
sans la contribution des grands médias, à rendre acceptable la déscolarisation
forcée de dizaines d’adolescentes (cf. le sondage paru dans La Dépeche du
Midi le 28 avril 2003, qui montre que seules 22% des personnes
interrogées se disaient alors prêtes à assumer cette déscolarisation).
Il ne s’agit pas non plus
d’accuser de manipulation délibérée le groupe, au demeurant très hétérogène,
des « journalistes ». Même s’il est devenu fréquent de disqualifier toute
critique des médias en la réduisant de la sorte à une « théorie du
complot », notre propos est tout autre : il vise à montrer que, sans
que quiconque ait à conspirer et donner des consignes, tout se passe comme s’il
y avait un complot. Sans avoir à comploter, les grands médias, quasiment à
l’unisson, imposent une thématique et les termes de la discussion,
sélectionnent les locuteurs légitimes, autorisés à prendre part aux
discussions, éliminent les autres, et contribuent finalement à extorquer à
l’opinion publique un consentement majoritaire. Pierre Bourdieu a produit sur
ce point des analyses qui s’appliquent aisément au traitement médiatique du
« problème du voile à l’école ». Les grands médias, explique-t-il
href="#_ftn6" name="_ftnref6" title="">
class=MsoFootnoteReference>[6],
peuvent très bien dire tous la même chose, ou du moins promouvoir la même
vision du monde social, sans se concerter. Ils peuvent très bien relayer
servilement la vision des dominants sans recevoir d’ordres, de consignes ou
d’argent pour cela, simplement parce qu’ils y sont poussés par une série de
logiques sociales, parmi lesquelles : l’homogénéité sociale et
« ethnique » dans le recrutement des journalistes, qui se traduit par une
homogénéité des habitus, des préjugés, des références culturelles et politiques ;
le formatage idéologique réalisé par les écoles de journalisme
name="_ftnref7" title="">
class=MsoFootnoteReference>[7] ;
l’urgence de l’agenda médiatique, qui rend difficile le temps de la réflexion,
de la remise en question des préjugés ou de la vérification des
« informations » et de leurs sources ; et enfin les logiques de
marché qui dominent le champ médiatique : la recherche de l’audimat, le
sensationnalisme, la concurrence, le mimétisme et la surenchère - ce que
Bourdieu a appelé « la circulation circulaire de l’information ».
Pierre Tévanian, ‘’Le voile
médiatique. Un faux débat : « l’affaire du foulard
islamique » ‘’, éditions Raison d’Agir, Paris 2005 .
style='font-size:14.0pt'>Sommaire du livre :
style='font-size:11.0pt'>I.
Une problématique imposée
Une
préoccupation absente chez les élèves et les enseignants
Une
demande inexistante dans l’opinion publique
Un
consentement extorqué
style='font-size:11.0pt'>II.
La parole confisquée
Les
élèves voilées, leurs condisciples et leurs professeurs
Les
sociologues
Les
organisations laïques et féministes anti-prohibitionnistes
Les
points de vue étrangers
« Les
démocrates algériens »
« Les
femmes iraniennes »
« Les
beurettes »
style='font-size:11.0pt'>III.
Evitement, amalgames et
dénégations
Un
débat manichéen et désincarné
« Évidences »
et « gros concepts »
Amalgames
en série
(Voile
et viols ; intégrisme, terrorisme, fascisme, nazisme...)
L’essentialisation
de « l’Islam »
Dénaturalisations
et expulsions symboliques
La
production d’un bouc émissaire
Des
exclusions invisibles
Conclusion :
Les effets d’un consensus
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[1]
style='font-size:11.0pt'> Lorsqu’on reconstitue la genèse du « débat sur
le voile » qui a abouti à la loi du 15 mars 2004, on s’aperçoit que
l’initiative revient à la classe politique. En effet, si très peu d’enseignants
réclamaient et encore moins d’élèves un débat et une loi sur « le voile à
l’école », en revanche, plusieurs dirigeants politiques portaient de plus
ou moins longue date le projet d’une telle loi. En particulier, Jack Lang
annonçait, dès le début de l’année 2003, qu’il déposerait une proposition de
loi visant à interdire le voile. Et entre août 2002 et novembre 2003, pas moins
de sept propositions de loi furent déposées à l’Assemblée Nationale par des
élus de toutes tendances politiques (Cf.
A. Ferrari, « La lutte des
symboles et l’espoir du droit
style='font-size:12.0pt !msorm'> : laïcité
style='font-size:12.0pt !msorm'> et voile islamique en France depuis le dé
style='font-size:12.0pt !msorm'>but du nouveau millé
style='font-size:12.0pt !msorm'>naire »,
Migrations
Société
style='font-size:12.0pt !msorm'>, n°96,
novembre 2004. Les auteurs de ces propositions de loi sont, par ordre
chronologique, Jacques Myard (UMP), Maurice Leroy (UDF), Franç
style='font-size:12.0pt !msorm'>ois Aurtain, Jean-Yves Autexier et Paul
Loridant (groupe Commuhnistes Républicains
et Citoyens), Michel Charasse (PS), Didier Julia (UMP), Serge Lagauche (PS),
Jack Lang (PS), Laurent Hénart
(UMP)).
Les motivations de ces
acteurs politiques sont sans doute diverses, mais on peut mentionner malgré
tout plusieurs hypothèses fortes.
Du point de vue de la droite,
le « débat sur le voile » a sans nul doute constitué une aubaine, de
par son pouvoir de diversion et de division face à une opinion publique de plus
en plus mobilisée contre des mesures sociales impopulaires (le gouvernement
Raffarin affronte au printemps 2003 l’un des plus forts mouvements sociaux des
dernières années, contre les projets de décentralisation du service public
d’éducation et la réforme des retraites). Plus largement, le recouvrement des
clivages et des conflits sociaux par des problématiques ethnicistes ou
culturalistes fait partie du registre habituel de la droite de gouvernement.
Cette dimension ethniciste ou culturaliste est également présente à gauche,
sous diverses modalités : « mentalité » héritée du passé
colonial, perméabilité à l’idéologie dominante à l’échelle
internationale - et notamment à la théorie du « choc des
civilisations », hégémonique depuis l’après 11 septembre 2001...
S’y ajoutent, concernant le
Parti socialiste, un calcul électoraliste (dont la pertinence est loi d’être
certaine) en direction des franges de son électorat traditionnel qui lui ont le
plus manqué lors de récentes échéances électorales : les classes
populaires et le corps enseignant. Dans les deux cas, l’idée, théorisée
explicitement par plusieurs dirigeants socialistes (notamment Jack Lang et
Henri Weber), est que c’est le manque de « fermeté » (face à
« l’immigration », face à l’insécurité », face au
« voile ») qui a été reproché au PS et qui a apporté des suffrages
populaires au Front National (Sur le caractère infondé de cette analyse du vote
FN, cf. A. Collovald, Le « populisme » du FN. Un dangereux
contresens, Éditions du Croquant, 2004). Et dans les deux cas, l’analyse et
la stratégie qui en découle présentent l’avantage de ne pas être coûteuses sur
le plan financier : on espère reconquérir les électeurs uniquement avec
des symboles, sans avoir à déverser les grandes sommes que
nécessiteraient une politique sociale et une politique éducative ambitieuses.
Il faut souligner enfin le
rôle joué par des dirigeants d’extrême gauche dans le lancement de
« l’affaire d’Aubervilliers » en septembre 2003, qui mériterait à lui
seul une enquête et une réflexion approfondie.
name="_ftn2" title="">[2]
style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman"'> B. Gurrey, Le Monde,
18/12/2003
name="_ftn3" title="">[3]
style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman"'> Cf. Le Monde,
05/12/ 1995 : « M. Chirac souhaite une loi sur le port du foulard à
l’école »
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt'>[4] Source :
Pressedd.com
href="#_ftnref5" name="_ftn5" title=""> style='font-size:11.0pt'> style='font-size:11.0pt'>[5] style='font-size:11.0pt'> Précisions sur les sondages :
style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman"'>1. Sondage CSA paru dans
La Dépêche du Midi le 28/04/2003. La question posée dans ce sondage
était sensiblement différente des sondages suivants : elle parlait
d’interdiction « du voile », et non des « signes
religieux » en général.
style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman"'>2. Sondage CSA / Le
Figaro magazine réalisé le 29 octobre 2003 auprès d’un échantillon national
représentatif de 1004 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d’après la
méthode des quotas.
style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman"'>3. Sondage CSA / Le
Parisien / Aujourd’hui en France réalisé les 24 et 25 novembre 2003
auprès d’un échantillon national représentatif de 1000 personnes âgées de 18
ans et plus
style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman"'>4. Sondage CSA / France
EuropeExpress / France Info réalisé les 2 et 3 décembre 2003 auprès d’un
échantillon national représentatif de 1001 personnes âgées de 18 ans et plus
style='font-size:11.0pt;font-family:"TimesNew Roman"'>5. Sondage CSA / Le
Parisien / Aujourd’hui enFrance réalisé les 15 et 16 décembre 2003 auprès
d’un échantillon national représentatif de 1004 personnes âgées de 18 ans et
plus.
Sondage CSA / Le Parisien, paru le 20 septembre 2004, réalisé
auprès d’un échantillon national représentatif de 1000 personnes.
Source pour le comptage
des dépeches Afp et des articles de presse : pressedd.com
class=MsoFootnoteReference>
cite="mailto:Pierre%20Tevanian" datetime="2005-05-21T16:21">
class=MsoFootnoteReference>[6]
style='font-size:11.0pt'>
datetime="2005-05-21T16:21"> Cf. P. Bourdieu, Sur la télévision, Raisons
d’agir, 1996