La solution « Kepler » consiste tout simplement à prendre conscience que l’astronomie d’aujourd’hui est non seulement capable de déterminer la position de la lune à chaque seconde, mais aussi la probabilité de son observation par l’œil humain dans une région donnée du globe, et cela bien à l’avance.
Lorsqu’une société développe une culture et postule à
devenir une civilisation, un des facteurs les plus importants qu’elle doit gérer
est le temps. Elle adopte alors, ou encore mieux, elle établit un calendrier
qui lui permet de planifier ses activités aussi longtemps à l’avance que
possible.
Dès ses débuts, la société musulmane a suivi cette règle générale.
Le Coran a attiré l’attention des fidèles sur les phénomènes naturels et
cosmiques qui lui permettent – en tous temps – de déterminer
(« calculer ») ses mois et ses années : «
style=''>Ils t’interrogent sur les nouvelles lunes (ou phases) - dis
: elles servent aux gens pour compter le temps et pour le Hajj [pèlerinage]…
style=''> » (2 :189) (C’est-à-dire les activités
temporelles et/ou religieuses) ; « C’est Lui qui a fait du soleil une
clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous
déterminiez le nombre des années et le calcul (du temps). » (10 :
5)
Le Prophète Mohamed, constatant le
manque de science et de connaissance astronomique chez les Arabes/Musulmans, a
alors proposé une méthode simple de détermination du début des
mois sacrés : « Entamez le Ramadan lorsque vous aurez observé
le nouveau (fin) croissant, et célébrez l’Aid el-Fitr (entamez le mois de
Chawwal) lorsque vous aurez observé le nouveau croissant un mois plus tard, et
si le temps est couvert complétez 30 jours pour le mois ». Le Prophète
explique clairement sa logique dans un autre hadith : « Nous somme
une nation qui ne maîtrise pas la science (l’écriture et le calcul), le mois
pour nous est ceci ou ceci (et avec ses doigts il montra 30 puis 29) ».
Malheureusement, et c’est là tout
le problème, la logique de cette proclamation et les critères d’instauration
de cette méthode de détermination visuelle, ont été occultés depuis, surtout
par les courant musulmans littéralistes et fondamentalistes (retour aux
« fondements »), tant et si bien que les astronomes et hommes de
sciences musulmans n’ont pas été encouragés à développer une quelconque autre méthode
pour l’établissement d’un calendrier islamique.
A l’exception donc de quelques
rares fouqahas (savants religieux), les musulmans se sont obstinés à exiger
l’observation visuelle du nouveau croissant avant la proclamation du nouveau
mois, du moins pour les mois sacrés de Ramadan, Chawwal, Dhul-Hijja et
Muharram, et parfois pour d’autres aussi tels Chaaban et Dhul-Qiida. Cette
situation à créer deux problèmes encore plus grands :
1) Il est impossible de planifier
quoi que ce soit à l’avance, puisqu’on ne peut savoir par exemple, si le 4
Chawwal (jour de travail après 3 jours de fêtes) sera un lundi, un dimanche,
ou un mardi.
2) On n’est jamais à l’abri d’observation
erronée : le mois doit-il être déclaré à chaque fois qu’une
« observation » est affirmée ? Pour illustrer cet état de fait,
mentionnons l’existence d’ un travail pionnier en la matière effectué dans les
années quatre-vingt-dix (avec le Dr. Karim Meziane et publié en Arabe, en
Anglais et en Français (dans la revue La Recherche), dans lequel nous avions démontré par l’analyse des données historiques et astronomiques, que depuis
1962, dans un pays comme l’Algérie (une centaine de mois) que les cas
d’erreurs variaient, selon les critères imposés, entre 50 % et 80 %.
Nous
avions aussi rappelé que le croissant qui devenait toujours plus facile à
observer lorsqu’on se dirigeait vers l’ouest, les pays musulmans orientaux
devaient enregistrer des taux d’erreurs encore plus grands. En effet,
Mohammad Odeh a démontré dans une analyse similaire, que sur les cinquante
années précédentes, les taux d’erreurs en Jordanie avoisinaient les 90 % !
Enfin,
chacun sait– pour ne pas dire souffre – de la confusion qui caractérise
désormais chaque début de mois Ramadan et chaque célébration de Aïd,
lorsque l’Arabie Saoudite annonce que des fidèles ont témoigné avoir observé
le nouveau croissant (et donc que le mois doit commencer le jour suivant) alors
que tous les astronomes (musulmans ou non-musulmans, Saoudiens ou autres)
s’accordent à rejeter de telles observations considérées comme erronées.
Quant à l’autre problème, le
premier mentionné ci-haut, à savoir l’impossibilité pour la société de
planifier ses activités et pour les individus d’organiser leur temps, leurs
déplacements, leurs vacances et autres, personne ne semble s’en soucier.
Pourtant, les répercussions économiques, pour ne citer que celles-ci sont
énormes : en 2005, les agences saoudiennes de Hajj ont estimé leurs pertes
à 40 millions de Riyals (8,25 millions d’euros) du fait du changement de la
date du Hajj par le Haut Conseil de Justice, suite à un témoignage
d’« observation », par rapport à la date (correcte) annoncée précédemment
par le service spécialisé du centre de recherche KACST de Riyadh (voir Al-Sharq
al-Awsat, numéro 9546 du 16/01/2005).
Nous reviendrons sur cette
question relative à l’établissement du calendrier et à la planification des activités
de la société musulmane.
Conscients de la gravité de la
situation, les musulmans (surtout parmi les scientifiques) ont tenté de
résoudre le problème. L’essentiel des efforts s’est toutefois concentré sur une
fausse direction, ainsi que nous allons le démontrer brièvement. Nous
expliquerons pourquoi ces efforts sont fondamentalement erronés et donc voués
à l’échec. Enfin, nous indiquerons ce que nous considérons comme la solution la
plus correcte au problème, solution que nous expliciterons dans la seconde
partie de cet article.
Mentionnons d’abord l’existence de
l’ ICOP (International Crescent
Observations Project), un réseau en ligne de personnes marquant un grand
intérêt ou ayant une activité (observations, calculs) en relation avec la
visibilité du croissant lunaire. Ce projet a été créé en 1998 par Mohammad
Odeh à partir de la Jordanie. Ce réseau rassemble aujourd’hui plus de 300 membres
présents sur 50 pays. Chaque mois, ces membres envoient des rapports
d’observations (le plus souvent négatifs) au coordinateur (M. Odeh) qui publie
en ligne les résultats les plus importants, particulièrement s’il y a une
observation qui affirme avoir battu un record particulier (croissant le plus
fin, le plus jeune, le plus rapide à se coucher, etc…).
En 2006, Mohammad Odeh a utilisé
les données des 8 dernières années d’observations (737 cas différents) afin
de fixer un nouveau critère « géométrique » de visibilité du
croissant : dans quels cas de géométrie observateur-soleil-lune, le
croissant sera facilement observable, difficile ou impossible à voir.
En Décembre 2006, l’ICOP a
organisé à Abu Dhabi une conférence internationale sur les questions
d’astronomie en rapport avec la vie des musulmans. Cette conférence a consacré l’essentiel
de son temps à palabrer sur les différentes solutions présentées par les uns
et les autres face au problème de la détermination des mois musulmans et de
l’établissement d’un calendrier islamique.
La conférence a réuni la plupart
des spécialistes en la matière en abordant le problème, ainsi que les différentes
solutions proposées. Au terme de ces débats, les participants ont approuvé
une douzaine de résolutions
importantes. J’ai eu l’honneur de diriger le comité scientifique, de présider
une des sessions et de présenter un papier.
Dans la présentation que j’ai
effectuée (le second jour), j’ai d’abord passé en revue les différentes
solutions au problème telles qu’elles avaient été avancées par les spécialistes
durant le premier jour. Il est instructif de voir comment le problème est
généralement perçu et quelles solutions sont préconisées :
style=';'>·
Insistance sur l’observation (surtout à
l’œil nu), avec l’exigence de satisfaction de certains critères, par exemple
que la séparation lune-soleil soit de plus de 6,5 degrés environ.
style=';'>·
Utilisation possible de télescopes
dédiés à la « tâche », afin de « s’assurer » que le
croissant est bien au-dessus de l’horizon au moment de l’observation par les témoins.
style=';'>·
Si le croissant n’est visible ni à
l’œil nu, ni au télescope, analyse d’une photo et calcul des rapports de
luminosité/bruit-de-fond dans les gammes de couleur Rouge, Bleu, Vert.
style=';'>·
Installation à l’échelle de la planète
d’un réseau de télescopes et GPS et transfert « en temps réel » des résultats
d’observation par webcams, SMS, et emails, en utilisant des logiciels
d’analyses des données en « open source ».
style=';'>·
Observations à bord d’avions volant à 15 000 m d’altitude (pour éviter la poussière) le long de « la ligne de date lunaire » et
communication « en temps réel » avec les services religieux présents
au sol (cette idée est poursuivie depuis déjà plusieurs années).
style=';'>·
Observations par satellite : il y a en
effet un projet en Egypte, approuvé par l’Organisation de la Conférence des Pays Islamiques pour le lancement d’un satellite complètement dédié à l’observation
du croissant lunaire.
Pour frapper les esprits afin de leur
faire prendre conscience que cette ligne de recherche en vue de trouver une
solution au problème n’était en rien correcte, j’ai rappelé aux
participants (des astronomes pour la plupart) un cas de figure similaire et célèbre
dans l’histoire de l’astronomie : le problème des orbites de planètes.

Tout le monde sait qu’avant
Copernic tous les astronomes (à part un cas isolé) affirmaient que que la Terre était le centre de révolution de toutes les « planètes » (y compris le soleil
et la lune). Tout le monde sait aussi et surtout depuis les grecs (le modèle
de Ptolémée), que les orbites devaient être circulaires… ni plus ni moins, car
tout simplement les anciens l’avaient décrété ainsi ! Et lorsque les
données d’observations ne collaient pas aux orbites circulaires, les solutions
stipulées consistaient à rajouter de petits cercles (épicycles) sur les grands
cercles (déférents). Et quand cela ne réglait pas complètement le problème, on
rajoutait d’autres cercles (voir schéma) ! On se retrouve ainsi parfois, avec
des modèles de plusieurs dizaines de cercles… Tout cela parce qu’on ne
parvient pas à se défaire de l’idée d’orbites circulaires autour de la Terre.
Puis vint Kepler, au début du 17ème
siècle. Après des années de travail en vue de résoudre le problème, il comprit
pourquoi la solution avait échappé à tous pendant si longtemps : il
fallait remplacer toutes ces solutions compliquées d’épicycles imbriqués et de
cercles excentrés par une orbite elliptique simple et unique !
Le problème de la détermination
des mois musulmans et de l’établissement d’un calendrier musulman en est encore
au stade pre-Keplerien : on s’obstine à exiger l’observation du croissant
durant « la nuit du doute » (l’équivalent du cercle), en lui
rajoutant des « solutions » afin que le système fonctionne : à
savoir les télescopes, les analyses d’images, les observations par avion et par
satellite, etc. Alors que la solution « à la Kepler » existe bel et bien !
La solution « Kepler »
consiste tout simplement à prendre conscience que l’astronomie d’aujourd’hui
est non seulement capable de déterminer la position de la lune à chaque
seconde, mais aussi la probabilité de son observation par l’œil humain dans une
région donnée du globe, et cela bien à l’avance.
Afin de comprendre cette idée
cruciale, il suffit de saisir l’analogie suivante. Lorsque le muezzin appelle à
la prière du Maghreb, disons à 17h 30mn, il ne se rend pas à l’extérieur
pour s’assurer que le soleil se situe bien en-dessous de l’horizon. Il se
contente en fait de consulter son calendrier ou même son logiciel des temps
de prières. Il a tout simplement bien pris conscience que les calculs de ces horaires
étaient fiables.
Ces mêmes calculs astronomiques,
basés en effet sur les mêmes équations en plus d’autres, peuvent aujourd’hui
nous donner la position et la taille du croissant ainsi que sa probabilité
d’observation en un lieu donné. Si je me base sur ces calculs, je peux savoir
longtemps à l’avance, quand le croissant d’un certain mois sera visible, par
conséquent , quand le mois devra commencer. Je pourrai alors établir un
calendrier et planifier ma vie religieuse aussi bien que civile, vies qui sont
à l’évidence bien imbriquées.
Il n’est pas acceptable d’avoir un
système de gestion du temps (des mois et des années) où chaque jour ( il suffit
de le vérifier aujourd’hui même) les journaux du monde islamique (parfois d’un
même pays) portent 2 dates hégiriennes différentes, parce l’un des journaux a
suivi le calendrier « civil » établi et distribué à l’avance, et
l’autre a « ajusté » ses dates après les « observations »
annoncées par le Conseil Religieux du pays. Ainsi que je le signifie toujours
à mes étudiants : imaginez que vous annoncez à vos amis occidentaux que « chez
nous » pour savoir si le mois d’août (le huitième, celui qui correspond à
Chaaban) aura 29 ou 30 jours, il convient d’attendre le dernier soir.
Vous ne pouvez donc leur donner
un rendez-vous, par exemple, le 4 septembre/ramadan (le 9ème mois),
car vous ignorez si la date sera un dimanche ou un lundi. Vous ne pourrez pas
également effectuer de réservation d’avion, car vous ignorez si celle-ci coïncidera
avec un jour de travail ou pas.
Cette aberration doit cesser au
plus vite, si le monde musulman souhaite vraiment redevenir une civilisation,
dans le sens entier du terme, alors qu’aujourd’hui la solution est
pratiquement entre nos mains.
style=''>Dans la seconde partie de cet article, j’exposerai les
efforts qui ont été consentis en vue d’aboutir à un calendrier islamique,
ainsi qu’une l’ analyse des principes et des critères sur lesquels il a été basé.
J’évoquerai également la solution que j’ai proposée à la conférence d’Abu
Dhabi en décembre 2006, solution qui est à mon sens et en toute humilité, la
plus prometteuse.
Commentaires
Salam alaykoum, Qu’Allah accorde Ses meilleures récompenses à notre frère Nidhal que je salue fraternellement. Cet effort très savant devrait enfin permettre à tous les musulmans de se mettre d’accord sur ce point de fixer la date du Ramadan !
Ramadan moubarak à tous. Malika Dif
Ce problème de la détermination du début du mois de Ramadan, est une invite et un piège. C’est une invite à cultiver le savoir scientifique, et, pour ce faire, à aller jusqu’en Chine s’il le faut. Ensuite c’est un piège tendu aux esprits simples qui ne se contentent pas de leur simplicité sans pour autant se donner la peine de se renseigner. Car résoudre ce problème est parfaitement faisable sous une latitude déterminée, mais il est tout simplement impossible de trouver une solution unique pour toutes les latitudes, à moins de convenir, à la manière du calendrier "profane", d’un méridien universel pour décider de la définition d’un "jour" et d’une "nuit" qui ne dépendent plus alors ni du jour ni de la nuit que l’on constate, mais de réalités administratives. Encore un effort, et il nous restera à abandonner purement et simplement notre calendrier lunaire. Je ne vois vraiment pas que cela soit souhaitable, même et surtout en se plaçant sous l’autorité de Kepler.
La science est en effet La solution au problème. Néanmoins, je doute qu’elle puisse rééllement convenir à ce cas précis. J’en veux pour preuve le cas de la Lybie qui applique depuis de nombreuses années ce principe Képlerien. Or, chaque année, le premier ou le dernier jour du Ramadan se trouve décalé en Lybie par rapport au reste des pays musulmans. Parfois, ce décalage est même de plusieurs jours. Cette année (2007) encore, le 1er jour du Ramadan est annoncé pour mercredi 12/09/2007 alors qu’aucun autre pays ne l’a annoncé. L’année dernière, il y avait deux jours de décalage entre les calculs lybiens et le reste du monde.
Merci en tout cas de nous fournir des dédails précis sur la méthode Képler (calculs détaillés, etc.).
Salam ’Alikoum
Superbe démonstration pédagogique merci au frère Nidhal Guessoum !!! Pourvu qu’il soit écouté ..par ces gestionnaires d’âmes..
Mon voeux pieux : c’est de voir un jour les musulmans de cette terre s’accordaient au moins pour ce jour et pour la fin de ce ramadan !...(ce n’est vraiment pas normal que certains fêtent et d’autres jeûnent encore !! et ce dans une même famille en France..le cas est arrivé..)
Alors si j’ai bien compris le jour de Arafat, le jour de l’Aïd el Kébir etc ont pu malheureusement être erronné par le passé et ce depuis Kepler..
Pas trop grave pour les soumis d’en bas..par contre c’est trés grave pour les politiciens et hommes de pouvoir arabo-musulmans.par ailleurs..allez savoir ...on peut s’imaginer pleins de trucs concernant le feu vert (du début et de la fin de ce mois béni) sur le ou les calife(s) petrodollariste(s)..
Preuve encore que les arabo-musulmans ne se mettront pas d’accord sur le 1+1 =2...par pure pretexte du "j’ai raison" et "vous avez tord" et le pire c’est qu’ils affirment tous au nom d’Allah et au nom de Sa Science....nous sommes frères et soeurs..certains courants de pensées absolutistes rétrogrades devraient scientifiquement être exclus...de donner leurs avis sur cette question...malheureusement ils ont l’argent..nerfs de toutes les guerres...
Bon RAMADAN à TOUTES et à TOUS et BONNE PURIFICATION..
En tant que musulman de confession et scientifique de formation, j’approuve sans réserve cette volonté de planifier le calendrier islamique pour simplifier le quotidien du musulman.
Compte tenu du savoir scientifique et des technologies actuels, il est évident que les savants en charge d’établir ce calendrier doivent adopter l’approche la plus précise permettant de déterminer à l’avance les dates du calendrier islamique.
Les responsables dudit "Conseil Religieux du pays" (quel que soit le pays !) ont pour ma part deux solutions : s’entourer, ou bien déléguer la responsabilité de notre calendrier aux hommes maîtrisant la science de l’astronomie la plus récente. En aucun cas, ils ne doivent imposer leur ignorance à la communauté des croyants. J’ai découvert les lois de Kepler en Terminale scientifique il y a presque 15 ans et je les ai approfondies un peu plus tard en classe préparatoire aux grandes écoles. Malgré ça, je reste persuadé d’avoir encore à apprendre à ce sujet comme dans d’autres.
Plus généralement, un débat sérieux doit être (ré)-ouvert au sujet de l’arbitrage de la science (médicale, physique, astronomique, biologique, etc...) dans les questions restées en suspend dans l’islam et ne doivent pas systématiquement dépendre des seuls théologiens, surtout lorsque ces derniers font preuves de lacunes tant scientifiques ou plus généralement d’un manque.
Brillante démonstration M. Guessoum. L’islam a besoin d’homme de science de votre dimension. Malleureusement quand on voit l’incompétence du CFCM, on se réjouit de lire un article aussi pertinent. J’espère vous relire bientôt sur ce site.
Super Nidhal Guessoum. Cet article renoue avec les grands esprit de l’islam.
Même Ernest Renan avait de l’admiration pour les savant musulamns voire citation ci-dessous.
« Cette civilisation musulmane, maintenant si abaissée, a été autrefois très brillante. Elle a eu des savants, des philosophes. Elle a été, pendant des siècles, la maîtresse de l’Occident chrétien. Pourquoi ce qui a été ne serait-il pas encore ? Voilà le point précis sur lequel je voudrais faire porter le débat. Y a-t-il eu réellement une science musulmane, ou du moins une science admise par l’islam, tolérée par l’islam ? Il y a dans les faits qu’on allègue une très réelle part de vérité. Oui ; de l’an 775 à peu près, jusque vers le milieu du XIIIe siècle, c’est-à-dire pendant cinq cents ans environ, il y a eu dans les pays musulmans des savants, des penseurs très distingués. On peut même dire que, pendant ce temps, le monde musulman a été supérieur, pour la culture intellectuelle, au monde chrétien. »
(préambule d’Ernest Renan) Cette conférence faite à la Sorbonne en mars 1883 déboucha sur une intéressante controverse avec le célèbre cheikh afghan Gemmal Eddin (Afghâni), alors de séjour en France.
Ernest Renan
Ernest Renan (1823-1892), célèbre philologue, spécialiste des études sémitiques, auteur d’une Vie de Jésus (1863) qui eut une répercussion considérable en Europe par son approche rationaliste et critique jugée à l’époque scandaleuse.
Personnage officiel de la République française, comblé d’honneurs, ce maître à penser fut aussi un maître de la prose (cf. La poésie des races celtiques chez le même éditeur).
Salam ’alikoum les musulmans du IX au XV etaient des grands astronomes comme Al -Biruni(voire le soleil d’allah brille sur l’occident de sigrid hunke ou l’islam fondateur des sciences de boutammina).
qui calcula le rayon de la terre . Donc ils connaissaient et savaient calculer les phases de la lune avec presqu’ autant de précision qu’Aujourd’hui.
Le fait de voire la lune a l’oeil nu n’est autre qu’une prescription de notre honnorable prophete (saw).
la science n’a rien avoir la dedans.
En fait le probléme et un probléme d’unité de la oumma et d’orgueil quant a certains des dirigeants de pays musulmans !!!!!!
J’approuve cet article des deux mains. Il est temps de sortit de l’amateurisme et du foilklore qui caractérise l’annonce du mois de ramadan et appliquer des solutions scientifiques qui existent et qui hyper crédible comme le démontre le frère Nidhal Guessoum.
Remarquable analyse.
Si l’on élargit l’éventail des fleurons culturels à l’ensemble du monde arabe (et persan, puisque les deux sphères se sont enrichies mutuellement), la liste des penseurs, philosophes, poètes, juristes, physiciens ou mathématiciens est impressionnante mais nous les connaissons peu : Saadi, Omar Khayyam, al-Ghazali, al-Khansa, Madjnoun Layla (le fou de Laïla), Djamil, Hafiz, ibn Sina (Avicenne), ibn Rushd (Averroès), Maïmonide (un médecin juif), al-Farabi, ibn Khaldoun (le premier sociologue, longtemps avant Auguste Comte ou Durkheim), etc. Arrêtons ici mais ajoutons par contre, et c’est une remarque capitale, que nombre de poètes étaient également juristes, mathématiciens et philosophes de premier ordre, témoignant par là de l’unicité du savoir et surtout du caractère poétique de ce savoir, c’est-à-dire créateur. On ne peut s’empêcher ici de se remémorer, quelques siècles et cultures plus tard, la formule géniale du psychologue suisse Jean Piaget : "comprendre c’est inventer".
La science était belle, inspirée et utile. On n’est pas bien loin de l’atmosphère de la Grèce antique et on peut même affirmer que sans l’école de traduction de Bagdad et la pléthore de commentateurs qui ont récupéré Platon, Aristote, Plotin et tout le néo-platonisme subséquent pour le transmettre ultérieurement à la Scolastique médiévale, l’Occident aurait oublié ses racines helléniques. Rappelons également que si Aristote était considéré comme le Magister primus, le Magister secundus était le très grand philosophe al-Farabi (v. 870-950), auteur par ailleurs de traités scientifiques et musicaux réputés. Et puisque nous évoquons la dette de l’Occident à l’égard de l’Orient, qui prouve bien que nous avons un solide fonds commun, n’oublions pas que Dante plaçait Saladin aux côtés d’Hector, d’Énée et de Jules César dans le panthéon des païens vertueux de sa Divine Comédie ; n’oublions pas non plus que Frédéric II, empereur germanique du XIIIe siècle, apprit l’art de gouverner auprès des politiciens arabes et que Machiavel, trois siècles plus tard, était en contact avec les stratèges persans par l’entremise de Venise.
je trouve vraiment inapproprié à la fois au plan moral et au plan spirituel le fait de mélanger entre la science et une tradition prophètique déja tranchée depuis quatorze ciècles pour détérminer le début du mois de ramadan,l’imam moslim rapporte le hadith suivant selon Kouraybe serviteur d’Ibn Abbas,Oum El Fadhle fille d’El Hareth l’a envoyé pour quelque besoin chez Mouâwiya à Damas.
Il a dit : « Je suis allé à Damas, j’ai exécuté ma tâche. Le mois de Ramadhan a débuté quand j’étais à Damas : J’ai vu le croissant lunaire la nuit du vendredi. Puis, je suis retourné à El-Madina à la fin du mois. » Ibn Abbas m’a interrogé sur le début du mois : « Quand est-ce que vous avez vu le croissant ? »
Je lui ai dit : « Nous l’avons vu la nuit du vendredi. » Il a dit : « Toi tu l’as vu ? »
J’ai dit : « Oui et les gens l’ont vu et ont jeûné ainsi que Mouâouiya. » Il a dit : « Mais nous ne l’avons vu, que la nuit du samedi. Nous jeûnerons jusqu’à completer trente jours ou voir le croissant de Chawal. » J’ai dit : « Tu ne te contentes pas de la vision de Mouâouiya et de son jeûne (c’est le Khalife) ? »
Il a dit : « Non ! C’est comme cela que nous a ordonnés (de faire) Le Messager d’ALLAH Salla Allahou Alaïhi wa Sallam. » fin de citation
Que Dieu Guide la nation musulmane à trouver le remède qu’il lui faut.
Nidhal Guessoum démontre clairement que recourir à la science est une démarche qui n’est pas incompatible avec la foi. Merci M.Guessoum pour cet article qui restitue bien des vérités.
J’ai beaucoup de respect pour vos connaissances mais j’ai arrêté de lire cet article dès que vous avez parlé de "planifier" les dates du début de Ramadhan, du Hajj ou des fêtes. Je croyais que l’on avait compris une chose qui me parait très simple : L’Islam est une religion Vivante, le Coran est un texte Sacré Vivant ... tous ces décalages, pour moi, attestent de ces Vérités. Dieu aime l’Impair. Et qu’est l’impair si ce n’est Le Mouvement, le dépassement toujours vivant de la dualité ou du chiffre Pair, dans le sens de la Création comme dans le sens du Retour. Je ne suis pas favorable à la fixation immuable des dates de début de Ramadhan, du Hajj ou des fêtes quitte à ce que l’on se chamaille ainsi sur le décalage d’un jour jusqu’à la fin des Temps ! BON RAMADHAN à tous, un Ramadhan qui profite aussi aux non musulmans même s’ils ne le savent ni ne l’admettent.
Nidhal Guessoum a poser le pb comme il le fallait. J’espère que les autotités religieuses sauront apprécier à sa juste valeur ce texte pour en tirer toutes les conclusions et comprendre que la science peut nous être d’une grande utilité pour des mois religieux aussi important.
Assalam Alaikum
Merci à M. Guessoum pour son aricle !Il existe un problème religieux en arrière-plan.Les musulmans traditionalistes sont méfiants à l’égard de l’astronomie de peur de tomber dans l’astrologie(La prédiction de l’avenir est interdite.)Donc, si on prédit à l’avance tel phénomène,on tombe bien dans ce problème.Or,le Coran a bien établi q’Allah a institué une loi immuable(sunnata Allahi fi khalqihi).C’est le travail des fuqaha de prouver que l’astronomie n’est pas l’astrologie,que les phénomènes astonomiques font partie de cette loi de la création voulue par Dieu,qu’l n’y a pas de risque de tomber dans le zoroastrisme,que l’astronomie est devenue une connaissance accessible proche de la fitra (tout est relatif)et qu’elle facilite la vie quotidienne des musulmans,ce qui est un concept très important dans l’Islam.Amicalement.
J’aprécie l’analyse, fort intéressante, d’un scientifique sur la religion. Mais n’est-ce pas la poésie qui prime en ce domaine. En clair, la religion n’est-elle pas le dernier vecteur de rêverie dans un monde qui court sans cesse après on ne sait trop quoi ? Je suis chrétien pratiquant et je trouve merveilleux que certains, comme mes frères musulmans, puissent encore lever la tête pour regarder tout simplement les étoiles...et la lune.
Ce n’est pas la première fois que le Dr Nidhal Guessoum prend position et propose des solutions judicieuses pour résoudre cette question socio culturelle cruciale - celle de la maîtrise du Temps calendaire - qui se pose régulièrement à la Communauté Musulmane. Dans son livre magistral publié en langue arabe, intitulé :
إثــــبـــات الـشـهـــور الـهــلالـيـــة ومـشــكــلــة الـتــوقــيــت الإســلامـــي - دراســـة فـلــكــيـــة وفـقــهــيـــة – (شـركـــة دار الأمـــة – الـجـــزائـــر 1993)
il a proposé des solutions claires, compatibles aussi bien avec la science qu’avec le Coran et les hadiths ad-hoc.
Malheureusement, la Communauté Musulmane tous pays et contrées confondus, se trouve aujourd’hui à un stade de quasi coma historique, du fait de ses dirigeants politiques.
L’article de Nidhal Guessoum est remarquable, comme d’habitude. Il explique très clairement la problématique du calendrier lunaire, telle qu’elle se pose aux musulmans aujourd’hui. Je dis ceci d’autant plus sincèrement que ce sont les articles de Guessoum (et Meziane) dans "La Recherche" qui furent mes premières lectures dans ce domaine, et m’ont permis de commencer à comprendre les différents problèmes associés au calendrier lunaire.
Je voudrais ajouter les observations suivantes que me suggèrent certaines passages de l’article.
Guessoum écrit : « Il est impossible de planifier quoi que ce soit à l’avance, puisqu’on ne peut savoir par exemple, si le 4 Chawwal (jour de travail après 3 jours de fêtes) sera un lundi, un dimanche, ou un mardi. »
Commentaire : Du fait qu’ils utilisent depuis plus d’un siècle le calendrier grégorien, de manière généralisée, pour traiter toutes les questions relatives au temps, les musulmans ne se sentent plus concernés par ce problème. Il est tout de même important de réfléchir aux implications de cette situation :
(a) le prophète Muhammad peut-il avoir fixé une règle de détermination du début des mois qui était anti-scientifique et rendait impossible l’établissement d’un calendrier lunaire, alors qu’il a toujours encouragé la recherche de la science (jusqu’en Chine) dans ses autres hadiths ?
(b) Les musulmans ne se sentent guère gênés d’utiliser le calendrier grégorien, pourtant basé sur le calcul astronomique. Le calcul astronomique serait-il donc « licite » quand il est utilisé par des astronomes occidentaux, pour établir leur calendrier, mais deviendrait-il « illicite » quand ce sont des astronomes musulmans qui l’utilisent pour établir le calendrier lunaire ?
Guessoum écrit : « …nous avions démontré par l’analyse des données historiques et astronomiques, que depuis 1962, dans un pays comme l’Algérie (une centaine de mois) que les cas d’erreurs variaient, selon les critères imposés, entre 50 % et 80 %.
Nous avions aussi rappelé que le croissant qui devenait toujours plus facile à observer lorsqu’on se dirigeait vers l’ouest, les pays musulmans orientaux devaient enregistrer des taux d’erreurs encore plus grands. En effet, Mohammad Odeh a démontré dans une analyse similaire, que sur les cinquante années précédentes, les taux d’erreurs en Jordanie avoisinaient les 90 % ! »
Commentaire : L’insistance des ulémas sur la nécessité d’observer la nouvelle lune pour décréter le début du mois se fonde, entre autres, sur le raisonnement suivant :
le calendrier basé sur le calcul décompte les jours du nouveau mois à partir de la « conjonction » lunaire, laquelle précède d’un jour ou deux l’observation visuelle de la nouvelle lune. S’il était utilisé, le calendrier basé sur le calcul ferait commencer et s’achever le mois de ramadan, et célébrer toutes les fêtes et occasions religieuses, en avance d’un jour ou deux par rapport aux dates qui découlent de l’application du hadith du Prophète. Ceci ne serait pas acceptable, d’après eux, du point de vue de la charia.
Il y a dans ce raisonnement la notion qu’un début de mois basé sur l’observation visuelle, dans des conditions souvent problématiques, donne des résultats plus « justes » que celui basé sur le calcul.
Il est pourtant évident que lorsque le ramadan commence en des jours différents dans différents pays (avec un décalage atteignant parfois 4 jours), il ne peut y avoir qu’un seul jour qui est « juste » et tous les autres sont erronés. Donc, même en appliquant le hadith du Prophète, on ne célèbre guère ces fêtes en des jours plus « conformes » du point de vue de la charia.
Guessoum écrit : « Enfin, chacun sait– pour ne pas dire souffre – de la confusion qui caractérise désormais chaque début de mois Ramadan et chaque célébration de Aïd, lorsque l’Arabie Saoudite annonce que des fidèles ont témoigné avoir observé le nouveau croissant (et donc que le mois doit commencer le jour suivant) alors que tous les astronomes (musulmans ou non-musulmans, Saoudiens ou autres) s’accordent à rejeter de telles observations considérées comme erronées. »
Commentaire : C’est l’un des aspects les plus surprenants de la situation, celui qui donne le plus à réfléchir. Les Saoudiens se « trompent » si souvent et de manière si « méthodique » dans leurs observations des débuts de mois que de nombreuses « mauvaises langues » déclarent que la séquence d’ « erreurs » s’inscrivait peut-être plus justement dans le cadre d’une politique délibérée pour faire coincider certaines dates musulmanes importantes avec certains jours (comme le vendredi), en particulier en ce qui concerne les grandes occasions religieuses (le ramadan, le hajj, etc.).
Il faut aussi souligner que l’Arabie Saoudite a abandonné depuis 1999 l’observation visuelle de la nouvelle lune pour lui substituer une procédure basée sur la comparaison des moments auxquels la lune et le soleil se couchent aux coordonnées de la Mecque, le soir du 29è j de chaque mois. Quand le Soleil se couche avant la lune, le nouveau mois commence immédiatement. Quand la lune se couche avant le soleil, le mois a une durée de 30 j.
Mais, même ce « calendrier de l’année civile » continue de souffrir de tous les aléas, étant donné qu’il n’est pas établi à l’avance pour toute l’année (alors que rien n’interdit de faire cela, sur le plan scientifique).
Génial la méthode Kepler, avec cela on n’a plus de chance que les deux fetes de laids soient un jour des jours fériés en France ! Parceque un jour férié qu’on déterminerait un jour à l’avance, ou un jour de repos à poser un jour à l’avance c’est pas sérieux...
(.suite)Certains ont donné le sens (voir le croissant de ses yeux) au verset célèbre(chahida achahr).Ce n’est pas le sens retenu en général.Par ex ; Assouyouti l’explique par (être présent ,c-à-d,chez soi).D’autre part,si on est mercredi et que je dis :(après-demain,on sera vendredi),peut-on m’accuser de chercher à prédire l’avenir ?La prédiction de l’avenir consiste à annoncer de évènements pouvant arriver à un individu ou un groupe d’individus,là où il y a ce qu’on appelle en probabiltés un arbre de choix,donc une contingence.C’est parmi ces chemins que Dieu choisit la destinée.La vérité scientifique est de l’ordre du nécessaire:l’arbre de choix se réduit à un seul chemin.Si je dis, un plus deux feront trois,suis-je un sorcier ?D’ailleurs,si on demande quelque chose à Dieu,il est indispensable d’après les fuqahas eux-m
êmes de demander ce qui est réalisable et non une impossibilité par rapport aux lois de la nature..D’autre part,Dieu est Vérité,l’Islam est une religion de Vérité et n’a pas à témoigner en faveur de l’erreur
salâm `alaykum
Il est important de comprendre pourquoi depuis 14 siècles la majorité des savants ont rejeté la méthode calculatoire et pourquoi aujourd’hui de plus en plus de savants acceptent les données du calcul astronomique contemporain.
Parmis les éléments qui ont fondé cette opinion il y’a les points suivants :
1) Beaucoup de savant ont affirmé qu’il y’ey un parfait consensus (ijmâ`) des savants classiques sur la nécessité de recourir à l’observation visuelle sur la base de plusieurs hadîth-s tel celui-ci "[b]Ne commencez pas le jeûne tant que vous n’avez pas aperçu la lune et n’arrêtez le jeûne que lorsque vous l’apercevrez. Si le ciel est nuageux estimez la fin du mois[/b]" (al-Bukharî et Ahmad).
L’auteur de Al-Bâji rapporte que l’imâm Mâlik a dit que si un imâm préfère le calcul à la vision comme méthode alors il est interdit de prier ou d’obéir à cet imâm.
2) Les méthodes des astrologues (comme on disait à l’époque) étaient considérées comme hypothétiques par nature et complètes conjectures. De plus selon le hadîth "[b]Celui qui a recours à un astrologue (`arraf) sur un sujet ne verra pas ses prières agrées par Allâh le Très-Haut pour 40 jours.[/b]" (Muslim).
Les astrologues avaient mauvaises réputations, Ibn Rushd considérait même qu’ils devaient être traduit en justice.
Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyah fit une étude à ce sujet. Après avoir interviewé plusieurs astrologues il en conclus que la seule méthode sure était la vision et que de l’aveux même des astrologues leur science était essentiellement conjecture. Il vu qu’il y’avait plus de mal que de bon en cette matière dans les observations des astrologues. Adopter ce point de vue revenait à baser un élément de culte sur quelquechose d’érroné et en plus de suivre une autre religion dans son égarrement (cf. ci dessous).
3) Certains ont argué de la difficulté au quotidien du calcul, et du fait que seul peu de gens en étaient capable selon l’avis du shaykh an-Nawâwî.
De plus un hadîth vient appuyé cette position "[b]Nous sommes une nation illetrée. Nous n’écrivons ni ne calculons. Le mois est ainsi et ainsi. Ce qui signifie parfois 29 jours et parfois 30 jours.[/b]" (al-Bukharî)
En fait ce hadîth fait référence au calendrier juif et aux recours intense à la numérologie dans la tradition rabbinique. Depuis la fondation de leur calendrier les rabbins ont pris l’habitude d’attribuer une date aux événements bibliques (y compris la création du monde) mais surtout de baser le début des mois sans avoir recours à une observation mais sur la base d’une durée préétablie, donc fixe.
Toutes ces raisons rendaient suspicieux la qualité d’un tel calendrier aux yeux du Prophète et par l’interdit d’imitation religieuse le recours aux pratiques de numérologie et de datation empirique fut interdit.
Il y’a beaucoup d’autres éléments et une étude exhaustive prendrait un facilement un bon facicule.
Néanmoins on comprend pourquoi les réticences furent nombreuses durant plusieurs siècles à adopter un mode calculatoire qui n’était pas fiable.
Certains savants ont malgré tout affirmé que si le calcul astronomique se révèle fiable et non pas que probable alors il doit être pris en compte. Taqi ad-Dîn As-Subkî qui fut de cet avis alla même jusqu’à dire que si les calculs sont fiables et précis il fallait même rejeter le témoignage visuel si il contredit le calcul précis !
Ibn Taymiyah qui était son contemporain devait penser surement de la même manière et c’est sans doute la raison qui l’ont poussé à son étude bien qu’il en conclus que les méthodes de son époque ne pouvaient en aucun cas être fiable et que seule le recours à la vision était permis (qui plus est je me permettrait de préciser qu’une fatwâ n’est que rarement universelle mais plutôt généralement contextualisée).
Parmi les savants qui nous sont contemporains ont peu cités des sommités comme Mahmud Shakir, Mustafa Az-Zarqa ou plus recemment Yusûf al-Qardâwî ont adopté ce point de vue.
Il y’a une excellente étude à ce sujet avec de nombreuses citations, des reférences historiques intereligieuses et beaucoup de précieuses informations faite par le shaykh Zulfiqar `Alî Shah qui est membre du Fiqh Council d’Amérique du Nord.
Elle est en partie disponible sur le site d’islamonline.net en anglais.
Je ne peux que vous encourager vivement a y jeter un oeil.
wa Allâhu A`lâm
`alaykum salâm wa rahmatullâhi wa barakatu
C’est une initiative intéressante. Ce texte est celui d’un savant qui maîtrise son sujet et propose des pistes sur lequelles on doit se pencher avec sérieux.
Macha Allah, je viens de découvrir l’auteur. Il me plait. Je crois effectivement que les sujets diverses des sciences profanes doivent être traités par les experts en la matière avec les connaissance islamique adéquat. Afin de ne pas sombré dans l’obscurantisme et la bêtise.
’suite et fin).Il convient néanmoins d’être très prudent en utilisant l’astronomie.Pour M. Guessoum,pas de problème:il a les compétences nécessaires.Par contre,on observe une cacophonie dans les calendriers des heures de prière publiés en France.Je rappelle que le lever du soleil et le crépuscule astronomiques sont calculés par rapport à ce qu’on appelle le centre du disque solaire et sans tenir compte de la réfraction atmosphérique.
Et si l’essentiel est ailleurs , pas dans le calcul du temps et de l’argent, pas dans la necessité de savoir longtemps à l’avance un jour de fête ou de travail ?Et si on est devant deux mondes qui garderont toujours leur différence car c’est leur charme commune ?Pourquoi se complexer ? Pourquoi vouloir uniformier alors qu’il y aura toujours une probabilité d’erreur quelque soit le type de calendrier adopté ?Pourquoi vouloir absoluement une fête le même jour alors que le décalage est parfois utile (voir les vacances scolaires) ?Si nous sommes croyants,contentons nous de ce qu’ont annoncé les prophètes !Ils sont pour la science mais pas afin de s’alligner à l’occident ou à l’orient mais pour s’approcher de la satisfaction divine laquelle est possible quelque soit la civilisation ,avec ou sans calendrier.On a l’impression que sous prétexte de soucis scientifiques,économiques,sociales...l’auteur ne cherche finalement que l’allignement à l’occident matérialiste !En tout cas il a fait sienne apparemment une certaine vision du monde et il insiste pouqu’on le suive.Non, car il n’y a point de raison valable.
Assalmou alaïkoum,
Merci infinimemnt monsieur Guessoum, pour cette démonstration. Pourquoi ces soit-disant Oulémas n’écoutent pas les scientifiques. Ce que vous dites est pourtant tellement évident. A suivre leur logique, on devrait observer la lune pour tout évènement religieux de l’islam.L’Aïd El Kebir, le mawlid ennabaoui, El Achoura...
C’est d’autant plus maleheureux de constater que cette nuit de doute est une source de désaccord entre les musulmans du monde alors que le ramadhan est avant tout un mois d’union et de fraternité entre les croyants ...
Ramadhan moubarak à tous. en attendant la deuxième partie de ce document.
Le Quran nous dit d’apprendre, d’entreprendre etc.. Il serait temps que le calendrier musulman soit basé sur des connaissances acquises tout à fait en conformité avec l’Islam !
Faut-il une décision de l’Organisation des pays musulmans, de la Ligue Islamique ou .. ?
Pour le calcul astronomique de la nouvelle lune, on ne parle pas prévision scientifique, nous parlons de calcul scientifique et les calculs scientifique concernant la lune, le soleil, les étoiles, l’astronomie sont fiables à 100 % . Un exemple, les Japonais ont été capables d’envoyer une fusée avec un satellite qui a approché une comète volant à des millions de kilomètres de la terre, je dis bien des millions de Km et il est arrivé à se poser et à photographier et à recueillir des particules qu’il a analysée et dont les informations ont été envoyées à la terre.
Ça c’est de la science ce n’est pas de la prévision et cela n’a été possible que grâce aux lois d’Allah SWT ( Loi de gravitation universelle etc.). Ce n’est pas pour rien que dans le Coran il est dit : 2:189. Ils t’interrogent sur les nouvelles lunes - Dis : « Elles servent aux gens pour compter le temps et aussi « C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous déterminiez le nombre des années et le calcul (du temps). » (10 : 5). Allah SWT nous pousse à étudier le calcul à travers le soleil et la lune. Donc,si on se fie à la science et celle-ci est une science d’Allah SWT et c’est une science de Haq ( vérité) on ne peut pas se tromper nous sommes capable de calculer scientifiquement et sans aucune faute quand sera la prochaine nouvelle lune dans 100 000 années. Et dans ce cas de figure la science est la seule qui puisse unir tous les musulmans pour tout ce qui concerne le temps et par conséquent les fêtes religieuses, suivant l’injonction d’Allah SWT.
Deuxièmement je ne suis pas d’accord avec "Musulmans de France" lorsqu’il dit : "ne critiquons pas les savants". Ceci est extremenment grave. Cela me rappelle l’église Moyen Âge qui interdisait à toute personne qui n’était pas dans le clergé de lire ou d’interpréter la Bible, il devait obligatoirement passer par des prêtres. La question : avons-nous créé des prêtres dans l’islam sans s’en rendre compte, le musulman aurait-il un intermédiaire entre son Dieu et lui ?. . Les savants, il y a 1200 ans ont fait un travail remarquable de leur temps et sont capables de se tromper. La preuve il se contredisent souvent. Sommes-nous donc comme des moutons au XXIe siècle qui suivent sans réfléchir et qui adoptent sans aucune critique ce qui a été dit il y a 1200 ans. Est-ce que ces savants sont comme des dieux pour qu’il ne se trompent pas ? EstaghfirAllah.
Non, je crois que notre religion est compatible avec la science et la raison et qu’il ne peut pas y avoir de contradiction entre l’islam et la raison, parce que Allah SWT est la vérité et s’il y a contradiction c’est qu’il y ait eu mauvaise interprétation. Dieu dit "que si c’est d’un autre que Dieu, il y aurait trouvé plusieurs contradictions". Donc je crois qu’il faut méditer tout cela et aboutir à cette union de la réflexion des musulmans et prendre la science comme un moyen que Dieu a mis à notre disposition pour aboutir à la vérité, El Haq.
Donc pour éviter la discorde, pour unir tous les musulmans, il faut au contraire s’abriter sous le parapluie de la science avec pour objectif : Pourquoi Dieu a t il crée cela ?, parce que le monde, l’univers est un livre ouvert qui nous pousse à la réflexion c’est un Coran ouvert qui nous dit " JE N’AI PAS CRÉE CELA EN VAIN".
Pour terminer je rappellerai ce verset essentiel pour tout musulman et qui nous pousse à ne pas suivre un chemin sans réflexion et il nous à donné des sens pour cela : "ne suivez pas ce dont vous n’avez aucune connaissance, nous vous avons donné l’ouïe, la vue, le coeur (la raison), surtout tout cela vous serez interrogé personnellement". Wa salamu Alaykom wa ramadan Mubarak à tout M’umin croyant. Paix sur la Terre et dans nos coeurs.
As-salamou ’Alaykoum,
Il est très clair que l’auteur est très compétent dans le domains de l’astronomie, que Dieu le récompense pour son travail.
Mais, il est aussi clair que ce même auteur n’est pas très compétent en matière de Fiqh. Et le fait qu’il utilise des références du Coran (traduit en français), ne change pas la chose.
Exemple : Dans le passage : "...si le 4 Chawwal (jour de travail après 3 jours de fêtes)...".
Eid Al-Fitr consiste que d’un seul jour et non pas 3. Il confond avec Eid Al-Adha. Eid AL-Fitr est un seul jour et le lendemain on reprend le jeune des 6 jours de Chawwal pour ceux qui veulent.
Un autre point est que le frère apparemment ne sait pas que même du temps des Sahabas (Compagnons) il existait des différences entre pays dans la célébrations de Eid AL-Fitr.
Dieu n’a jamais dis que les musulmans du monde entier doivent jeûner et fêter le même jour.
Je suis d’accord que dans un seul pays, la communauté devrait s’unir.
Mais le vrai problème de base des différences et disputes ne se trouve pas dans l’astronomie. Le vrai problème de notre communauté se trouve dans l’ignorance de notre religion ! Si les gens connaissaient les fondements de notre religion et les principes du Fiqh, ils ne suiveraient pas chacun un pays ou un calendrier. Ils chercheaient plutôt à s’unir dans leur communauté.
Malheureusement l’auteur souffre aussi un peu de cette ignorance de notre religion...
Le meilleur conseil pour le frère auteur c’est de reconnaitre ses compétences comme ses faiblesses et laisser le travail de Fiqh aux spécialistes dans le domaine.
Wa Allahou A’lam.
As-salamou ’Alaykoum,
Il est très clair que l’auteur est très compétent dans le domains de l’astronomie, que Dieu le récompense pour son travail.
Mais, il est aussi clair que ce même auteur n’est pas très compétent en matière de Fiqh. Et le fait qu’il utilise des références du Coran (traduit en français), ne change pas la chose.
Exemple : Dans le passage : "...si le 4 Chawwal (jour de travail après 3 jours de fêtes)...".
Eid Al-Fitr consiste que d’un seul jour et non pas 3. Il confond avec Eid Al-Adha. Eid AL-Fitr est un seul jour et le lendemain on reprend le jeune des 6 jours de Chawwal pour ceux qui veulent.
Un autre point est que le frère apparemment ne sait pas que même du temps des Sahabas (Compagnons) il existait des différences entre pays dans la célébrations de Eid AL-Fitr.
Dieu n’a jamais dis que les musulmans du monde entier doivent jeûner et fêter le même jour.
Je suis d’accord que dans un seul pays, la communauté devrait s’unir.
Mais le vrai problème de base des différences et disputes ne se trouve pas dans l’astronomie. Le vrai problème de notre communauté se trouve dans l’ignorance de notre religion ! Si les gens connaissaient les fondements de notre religion et les principes du Fiqh, ils ne suiveraient pas chacun un pays ou un calendrier. Ils chercheaient plutôt à s’unir dans leur communauté.
Malheureusement l’auteur souffre aussi un peu de cette ignorance de notre religion...
Le meilleur conseil pour le frère auteur c’est de reconnaitre ses compétences comme ses faiblesses et laisser le travail de Fiqh aux spécialistes dans le domaine.
Wa Allahou A’lam.