in

Widad Lootah, la sexualité à coeur ouvert

Qui aurait pu deviner que derrière ce niqab, à qui il est de bon ton de tailler un costard avant de le criminaliser, vibrait l’âme d’une grande prêtresse de l’amour officiant dans une société rigoriste par excellence, celle des Emirats ? Sous l’opacité de son voile intégral, Widad Lootah est une pionnière du conseil conjugal qui ne passe pas inaperçue, ni auprès des tribunaux de Dubaï où elle fait sensation en briseuse de tabous, ni de par chez nous, où elle détonne en cassant net l’image obscurantiste accolée à ses atours.

La chape de plomb du conservatisme politico-religieux ne rebute pas cet étonnant bout de femme, elle-même très attachée à la tradition, lorsqu’il s’agit de parler d'amour, et de proclamer haut et fort  que le sexe et l’islam font bon ménage. Une compatibilité que l’Occident dénie avec mépris, et dont les Emirats ne se vantent pas par sexisme, mais qui est pleinement assumée par celle qui lutte contre l’infantilisation de la femme, notamment dans un livre très controversé, qui lui a valu des insultes et menaces de mort : "Top secret: les règles des relations sexuelles pour les couples mariés", dans lequel elle invite les femmes arabes et musulmanes à "vivre l'amour".

"Il ne faut pas avoir honte, il ne faut pas être timide", préconise Widad Lootah, qui préfère l’excès de parler vrai à l’excès de pudibonderie : "Le sexe est au coeur" de tout mariage réussi, "ce qui se passe au lit" est la première cause des problèmes conjugaux aux Emirats, a-t-elle confié à l’AFP.

 La sexualité à cœur ouvert et sans faux-fuyants, telle est la recette de « Maman Widad », surnom affectueux donné par ses patients, cette dernière prônant également l’introduction des cours d’éducation sexuelle dans les écoles émiraties.

A l’impossible nul n’est tenu, et surtout pas Widad Lootah qui, faisant fi de toutes les polémiques, repousse toujours plus loin les limites de la censure, à l'image de son prochain ouvrage qui  traitera sans mots couverts "des relations homosexuelles et lesbiennes, ainsi que de leurs conséquences sur l’institution du mariage" . Tout un programme…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Moncef Marzouki et l’hymne algérien

Sarkozy : « Je suis comme je suis, je ne mentirai pas »