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Voile : le CFCM appelle les responsables politiques à « cesser de mettre des cibles dans le dos des musulmans »

Le CFCM appelle à cesser les attaques contre les femmes musulmanes portant le voile, dénonçant les conséquences de telles déclarations politiques.

POURQUOI LIRE :

  • Comprendre la position du CFCM sur le port du voile.
  • Découvrir les implications des discours politiques sur les femmes musulmanes.
  • Analyser le lien entre politique et discrimination dans la société française.

Dans un communiqué, le Conseil français du culte musulman (CFCM) condamne fermement les déclarations de responsables politiques assimilant les femmes musulmanes portant le voile à une idéologie extrémiste.

Pour le CFCM, ces prises de position ne sont pas sans conséquences. Dans un contexte marqué par les insultes, les menaces et les agressions visant des femmes musulmanes, le Conseil estime que « la responsabilité politique et morale de celles et ceux qui participent à cette surenchère est engagée ». Le CFCM alerte ainsi sur des discours qui contribuent, selon lui, à désigner les femmes voilées à la vindicte publique et lance un appel clair aux responsables politiques : « Cessez de mettre des cibles dans le dos des musulmans ».

« Le port du voile n’est pas l’invention d’une idéologie extrémiste »

Le Conseil rejette également l’idée selon laquelle le voile serait le produit d’une idéologie extrémiste contemporaine. Il rappelle que cette pratique existe depuis des siècles, sous différentes formes, dans les traditions juive, chrétienne et musulmane. Si certains mouvements extrémistes peuvent chercher à l’instrumentaliser, cela ne saurait, selon le CFCM, justifier son interdiction à celles qui choisissent librement de le porter.

« La réponse de la République doit être claire : une femme qui choisit de porter le voile, comme celle qui choisit de ne pas le porter, doit être protégée et son libre choix respecté. »

Le CFCM dénonce une surenchère électorale

À l’approche de grandes échéances électorales, le CFCM s’interroge également sur la volonté de certains partis de faire de la tenue vestimentaire des femmes une priorité politique, au point d’envisager de mobiliser les forces de l’ordre pour la contrôler dans l’espace public. Pour l’organisation, policiers et gendarmes ont d’autres priorités : lutte contre le terrorisme, la criminalité, le trafic de stupéfiants, les violences faites aux personnes et l’insécurité.

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Le CFCM met ainsi en garde contre toute stratégie visant à détourner le débat électoral en attisant « la peur, la stigmatisation et la division » au détriment des véritables défis auxquels la France est confrontée.

« N’exposons pas notre pays aux reproches d’intolérance et au ridicule »

Le CFCM considère par ailleurs qu’une interdiction du voile dans l’espace public serait contraire aux libertés constitutionnellement protégées, notamment la liberté de conscience, la liberté individuelle et le principe de laïcité. Il rappelle à ce titre les propos d’Aristide Briand en 1905, lors des débats sur l’interdiction de la soutane. Celui-ci estimait qu’une telle mesure aurait exposé la République au « reproche d’intolérance » et même au « ridicule », alors que la loi de séparation des Églises et de l’État devait instaurer « un régime de liberté ».

Le CFCM conclut en appelant les responsables politiques « à la responsabilité et à la retenue ».

« Ne faisons pas de millions de Français les otages de stratégies électorales. Ne mettons pas de cibles dans le dos des femmes musulmanes. »

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