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Une entreprise interdit les signes religieux dans une “charte de la laïcité”

Dans un « vade retro, Satanas » sans concession à l’égard des signes religieux, ces épouvantails que la République ne saurait voir, l’entreprise de recyclage Paprec innove à sa manière, plus royaliste que le roi, en étant la première société à proscrire officiellement ces fameux signes devenus ostensibles avec le temps, une certaine dictature intellectuelle et le raidissement laïciste de la France, parmi lesquels le voile a été érigé en repoussoir absolu.

Avis aux éventuel(le)s candidat(e)s intéressé(e)s par un poste à pourvoir dans ce groupe privé installé en Seine-Saint-Denis ! Laissez vos croix à la maison, enlevez votre kippa, rasez-vous de près, et présentez-vous tête nue, sous peine de n’avoir aucun avenir au sein de l’entreprise qui marche fièrement sur les traces de Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, en adoptant une « charte de la laïcité » entrepreneuriale, dont nul n’ignore que sa finalité vise essentiellement à gommer la visibilité musulmane du paysage.

Jean-Luc Petithuguenin est un chef d’entreprise heureux, fier d’avoir pu fédérer ses 4 000 employés, en l’espace de 4 mois, autour d’une charte qui a fait consensus, sans fausses notes, comme il l’assure. Ce dernier s’apprête à l’officialiser mardi, date de l’entrée en vigueur des huit articles qui afficheront la couleur d’une neutralité très partisane, faisant bien peu de cas de la liberté de conscience pourtant inaliénable, et dont on se demande jusqu’à quels confins du territoire national elle va bien pouvoir s’étendre…

"J'applique le modèle qui prévaut dans la sphère publique et je l'applique à l'entreprise. J'applique le modèle de la République", a revendiqué haut et fort le patron de Paprec à l’AFP, en assumant pleinement son militantisme républicain, sans craindre de tomber sous le coup de la loi pour discrimination religieuse.  

Qui sait, peut-être même espère-t-il secrètement être trainé devant les tribunaux pour jouer les martyrs et prendre d'autant plus facilement la tête de la croisade laïcarde dans le milieu de l’entreprise, comme le laissent entendre ses déclarations péremptoires: "On compte défendre notre point de vue, défendre qu'on l'a voté tous ensemble. Mais effectivement, on prend le risque que les tribunaux nous disent “vous avez tort”Je suis prêt à endosser ce risque et j'espère pour mon pays que je ne serai pas condamné, qu'on verra une évolution et que le législateur fera peut-être bouger les lignes."

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