La nomination de Tammy Bruce, ancienne voix de Fox News et actuelle porte-parole du département d’État, au poste de représentante adjointe des États-Unis à l’ONU soulève une vive controverse. Une enquête de CNN a exhumé près de deux décennies de propos islamophobes, complotistes et ouvertement haineux : Bruce a accusé Barack Obama d’être un « musulman caché » décidé à affaiblir son pays, traité l’ancien président de « Kenyan » et remis en cause sa citoyenneté. Elle a également multiplié les attaques contre les musulmans américains, qu’elle sommait de « prouver leur loyauté » après le 11-Septembre.
Ces déclarations ne sont pas de simples écarts : elles dévoilent un discours structuré, forgé dans la suspicion systématique envers l’islam. Sur son blog et dans ses chroniques, Bruce affirmait que l’« establishment musulman » bénéficiait d’un passe-droit, qualifiait la famille royale saoudienne de « bêtes » et dénonçait le projet de centre islamique près de Ground Zero comme un acte de « conquête ». Elle appelait même à « mettre dehors » les musulmans jugés insuffisamment patriotes.
Bruce a également longtemps ciblé l’ONU, qu’elle décrivait comme « l’ennemi » des États-Unis et appelait à « démanteler », allant encore plus loin que Donald Trump dans la dénonciation de l’institution multilatérale. Malgré ce passif toxique, le candidat républicain assure que Bruce « représentera brillamment » les États-Unis à New York, tandis que la Maison Blanche défend sa « loyauté » à l’égard du président.
Cette promotion arrive au moment où Washington tente de coordonner ses efforts avec plusieurs pays musulmans dans un contexte explosif marqué par le génocide à Gaza. Confier un rôle diplomatique stratégique à une responsable ayant bâti une partie de sa carrière sur la stigmatisation de l’islam tient de la provocation. C’est aussi un signal clair : le second mandat Trump est prêt à placer à des postes clés des figures pour qui le soupçon, la caricature et la hostilité envers les musulmans ne sont pas des accidents, mais une ligne politique assumée.

