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Réponse aux mensonges éhontés de François Burgat

Il existe un prodigieux remède pour surmonter l’angoisse de la page blanche, mais il faut une bonne dose de malhonnêteté intellectuelle pour y recourir : tremper sa plume dans le vitriol et la laisser courir sur la page vierge, en la noircissant de mensonges éhontés qui déshonorent son auteur.

Ce coup bas était jusqu’à présent la marque des habituels détracteurs de notre site, toujours en embuscade, des islamophobes de tous poils, des extrémistes de droite furibonds, parmi lesquels figure en bonne place un cercle de « clercs » peu vertueux mais ultra-médiatiques, maîtres incontestés de la manipulation des esprits, qui n’ont cessé de nous diaboliser.

Aussi, quelle ne fut pas notre stupeur teintée de consternation à la lecture de la violente diatribe à notre encontre signée François Burgat, un politologue de renom, spécialiste de l’islamisme dans le monde arabe, par ailleurs familier de notre site, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle manque cruellement de la rationalité digne d’un universitaire de son rang.

Comment un chercheur émérite du CNRS a-t-il pu céder à ce point à la calomnie fielleuse, qui ne repose sur rien d’autre que sur une "impression trompeuse" selon ses propres termes, trahissant ainsi la confusion de ses sentiments mais aussi la volonté manifeste de discréditer le premier site de l’islam francophone ?

La pluralité est notre parti pris et notre totale indépendance est le meilleur gage de notre objectivité, n’en déplaise au paternalisme confondant de François Burgat, qui semble dénier à tout citoyen français de confession musulmane, quand bien même né et socialisé en France, toute autonomie personnelle, ne pouvant qu’être rattaché à une officine étrangère, et en l’occurrence "algérienne" ! Cette vision tristement néo-coloniale porte un terrible coup à celui qui affiche une islamophilie sincère (en est-il même conscient ?), et plus grave encore, accrédite la thèse de la « cinquième colonne verte », largement répandue dans les milieux islamophobes.

François Burgat a lancé les hostilités contre Oumma.com, sa nouvelle bête noire, et cherche à disqualifier notre ligne éditoriale après avoir tenté, en vain, de l’influencer fortement sur le conflit syrien, afin qu’elle se calque sur la politique étrangère de Laurent Fabius et sur celle des Etats-Unis. Etonnant, non ?

Voici point par point, notre réponse étayée aux allégations mensongères de François Burgat :

« sur le site Oumma.com, depuis plusieurs, mois s’explique une évolution éditoriale troublante…. une ligne d’analyse qui est très précisément celle des autorités algériennes » : Faux, archi-faux !

Nous mettons au défi François Burgat de trouver un article corroborant ses dires, tant nous n’avons eu de cesse d’épingler le pays de cocagne qu’est l’Algérie pour mieux en dénoncer la tyrannie du pouvoir en place, les injustices et les disparités criantes, sa jeunesse sacrifiée, et la désespérance ambiante qui conduit notamment à de terribles immolations par le feu.

A cet égard, la récente interview d’Akram Belkaïd diffusée dans le cadre de l’émission d’OummaTV « l’Esprit d’Actu » apporte un cinglant démenti aux allégations fallacieuses de François Burgat.

« la prise d’otages du site gazier d’In Amenas… » dont nous aurions « exonérer les services algériens de toute implication » Faux, archi-faux !

François Burgat devait être aux abonnés absents le 18 janvier, jour où nous avons publié l’interview de Lahouari Addi, l’un des meilleurs spécialistes de l'Algérie, qui a décrypté les rapports de force qui ont précipité l’assaut algérien contre les preneurs d’otages du complexe gazier. Celui-ci a clairement incriminé le Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), soit le service de renseignement algérien, au point de s’attirer les foudres du quotidien « Le Jour d’Algérie » et d’être contraint de se défendre via un droit de réponse diffusé sur notre site, le 20 janvier.

Enfin, dernier mensonge au sujet de l’Algérie, et pas des moindres, François Burgat affirme, en citant  "l’enquête rigoureuse de Jean-Baptiste Rivoire" sur les moines de Tibhirine, que nous "avons observé un silence" sur cette affaire. Faux, archi-faux !

Ce dernier fait décidément une lecture très sélective de notre site, à moins qu’il ne soit atteint de troubles amnésiques, car nous avons bel et bien diffusé le reportage de Jean-Baptiste Rivoire en mettant en exergue la qualité de son investigation qui a soulevé nombre de zones d’ombre.

Pour couronner le tout, François Burgat nous fait grief d’avoir « opté pour un désaveu quasi indiscriminé des vainqueurs des urnes tunisiennes et égyptiennes ainsi, plus largement, que l’entier courant des Frères Musulmans ».  Là encore, faux, archi-faux !

Notre position à l’égard de l’Islamisme et des Frères Musulmans en particulier est la même qu’à l’égard de tout autre courant qui a sa propre légitimité, dès lors qu’il se conforme à l’esprit démocratique. La meilleure preuve en est l’interview d’un représentant d’Ennahdha Ameur Larayedh, qui n’est autre que le frère de l’actuel Premier ministre tunisien, que nous avons été l’un des premiers sites à réaliser. Oumma.com n’est ni pro-islamiste, ni anti-islamiste ! Nous estimons que cette mouvance politico-religieuse est tout autant critiquable que n’importe quelle autre mouvance. Telle est la philosophie de notre site, le respect de la pluralité étant un devoir et une exigence.

Depuis les révoltes tunisienne et égyptienne, ces mouvements ont accédé au pouvoir, et la saine critique fait partie du jeu démocratique. François Burgat instille là encore le doute sur notre probité intellectuelle, en soutenant que les critiquer confine à les désavouer. C’est totalement faux, sauf à penser que François Burgat considère que ces mouvements sont au-dessus de toute critique…

 François Burgat, un chercheur sous influence

Notre site Oumma.com peut se targuer d’avoir toujours condamné toutes les dictatures, toutes les autocraties, sans la moindre complaisance, et ce bien avant que le vent insurrectionnel du « Printemps Arabe » ne souffle en Tunisie et en Egypte, notamment.

Comble de l’ironie, François Burgat, nous reproche les "Qatar et Al-Jazira bashings les plus virulents" ! Stupéfiant ! L’homme de gauche, qui hurle avec les loups, s’indigne donc que l’on s’en prenne à la théocratie esclavagiste par excellence, là où l’argent coule à flots, un critère qui, il est vrai, ferait trouver du charme à n'importe quelle monarchie absolue…

Le politologue condescendant, qui a voulu orienter notre traitement du cauchemar syrien, nous taxe d’une posture pro-Assad et « d’un vibrant plaidoyer cautionnant l’engagement du hezbollah dans la sanguinaire machine répressive du clan Assad ». Faux et archi-faux !

En reprenant ainsi à son compte la rhétorique spécieuse et délétère qui alimente tous les fantasmes à notre sujet, dont celui de « site islamiste », François Burgat donne sciemment du grain à moudre à nos plus fervents calomniateurs. Soucieux d’éclairer la tragédie syrienne, ô combien complexe et moins manichéenne qu’il n’y paraît, à la lumière de l’impartialité, nous avons souhaité offrir un espace d’expression à des opinions contradictoires, sans exclusive, de Bassam Tahhan, porte-parole du collectif pour la Syrie, à l’historien Jean-Pierre Filiu, à juste titre farouchement anti-Assad, à l’occasion de la parution de son livre « Le nouveau Moyen-Orient ».

François Burgat, le chercheur épris de justice, se gardera bien de révéler ses propres contradictions pour le moins saisissantes, lorsqu’il était en poste en Syrie, au sein de l’Institut Français du Proche-Orient (IFPO). Ne frayait-il pas alors avec des officiels syriens, proches du clan Assad, dans les eaux troubles d’un despotisme qu’il dénonce aujourd’hui avec force ?

Celui qui joue les directeurs de conscience de notre site ne criera pas non plus sur les toits qu’il siège dans un think tank aux côtés de la fine fleur française foncièrement hostile à la souveraineté palestinienne, au premier rang de laquelle se trouvent Bernard Kouchner et son épouse, la reine Christine, Ockrent cela va sans dire, Pierre Moscovici, actuel ministre de l’Economie et des Finances, et Jean-Daniel Levitte, ex-hyperconseiller de l’ex-hyperprésident Sarkozy, et véritable gourou de la diplomatie française sous le mandat de la « guerre humanitaire » en Libye

Dans son texte, seul notre ami et auteur régulier, Bruno Guigue, trouve grâce à ses yeux. Or, si d’aventure vous cherchiez la signature de François Burgat sur la pétition de soutien à Bruno Guigue en 2008, alors sous-préfet de Saintes limogé par l’Elysée suite à un article paru sur notre site où il critiquait la politique israélienne, renoncez-y, car elle n’y est pas ! Il n’y a pas pire donneur de leçons que celui qui a brillé par sa désaffection publique, préférant soutenir Bruno Guigue en privé, au moment où se jouait sa nomination au sein de l’IFPO qui dépendait du bon vouloir du Quai d’Orsay. Comme il lui fut facile de sacrifier ses nobles idéaux sur l’autel du carriérisme !

Truffé d’accusations insidieuses, d’amalgames pernicieux et de raccourcis indignes, le brûlot de François Burgat déconsidère avant tout son auteur, mais pire encore fait injure à tous les contributeurs de premier plan de notre site, politologues, historiens, sociologues, islamologues, essayistes, journalistes, de toutes sensibilités et confessions, ainsi qu’à tous les Oummanautes, toujours plus nombreux à nous faire confiance et à venir sur Oumma.com et OummaTV pour en suivre les grands rendez-vous.

Si seulement François Burgat, ce chercheur que nous tenions en grande estime, savait combien cela nous coûte de répondre à son réquisitoire, mais la virulence de sa charge à notre encontre, de surcroît dénuée de tout fondement, nous y a hélas contraints.

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