in

Quand le QG de Sarkozy envisageait de proposer l’Intérieur à Marine Le Pen

Nommer Marine Le Pen à l’Intérieur pour s’assurer une réélection dans un fauteuil, il n’y aurait rien eu d’incohérent, ni même de renversant, quand on s’appelle Sarkozy et que l’on s’est évertué pendant cinq ans à faire sauter toutes les digues de la politique, même les plus dangereusement contre-nature qui soient !

L’ex-hyperprésident d’une oligarchie triomphante aura mis à rude épreuve les grandes valeurs républicaines tout au long d’un mandat qui a fait feu de tout bois. Adepte de la politique du casting et de l’ouverture à gauche, il n’a guère plastronné lorsqu’il a réalisé, un peu tard, que sa stratégie populiste débridée avait revigoré le FN, au point que la fille à papa, Marine Le Pen, réussissait à lui damer le pion et à lui dicter l'agenda idéologique.

Dans sa course effrénée pour torpiller l’ennemi et se maintenir sur son trône,  l’hypothèse d’un rapprochement avec la tornade blonde frontiste, et peut-être même de son entrée au gouvernement, et en poussant le bouchon encore plus loin, à l’Intérieur, aurait été envisagée par sa garde rapprochée. 

Cet épisode, passé sous silence quand l’Elysée phosphorait sous les ordres de  Patrick Buisson, ex-cadre du FN et ancien directeur de Minute,  dont l’agence de communication a largement tiré profit de la frénésie sondagière qu’il a lui-même orchestrée, est révélé dans l'ouvrage d'Éric Mandonnet et de Ludovic Vigogne, « Ça m'emmerde ce truc !», qui retrace la campagne d'entre-deux-tours de l'ancien chef de l'Etat, à paraître le 17 octobre prochain chez Grasset.

France Inter, mardi matin, a relaté le passage du livre qui décrit un QG élyséen en pleine ébullition, imaginant tous les scénarios possibles pour coiffer Hollande au poteau, en quête du « bon geste » qui aurait été la main tendue vers la leader du FN. Ce nouveau geste de l’ouverture, qui tenait du glissement à droite toute, émane de Camille Pascal, un proche conseiller, et a germé avant le débat décisif face à François Hollande, mais n’aurait "jamais été formulé devant le président", selon Patrick Cohen, journaliste de France Inter.

Du côté du Front national, cette rumeur qui a traversé les allées du pouvoir fait sourire, voire jubiler, Florian Philippot assurant que Marine Le Pen n'aurait "jamais accepté de travailler avec Nicolas Sarkozy", dans un entretien au site Le Lab.

Pour la petite anecdote, les auteurs ont emprunté à Nicolas Sarkozy le titre éloquent de leur livre : « ça m’emmerde ce truc !». Cette nouvelle réplique triviale, tellement révélatrice du peu de considération que l'ex-locataire de l'Elysée avait pour la haute fonction présidentielle, a en effet fusé avant le grand duel qu'il rata en beauté. Au moins, il n’y a pas de doute là-dessus, c’est du Sarkozy dans le texte !  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Palestine : «Cinq caméras brisées», un document à voir absolument !

Faut-il protéger son pain au chocolat ?