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Pour Mohammed Moussaoui, le port du voile “ne fait pas partie des fondements de la foi musulmane.”

Suite au récent  communiqué du CFCM qui affirmait que le port du voile “est une prescription religieuse“, Mohammed Moussaoui, ancien président du Conseil français du culte musulman, et actuel président  de l’Union des mosquées de France (UMF) a réagi en publiant un communiqué au nom de l’UMF, dont voici l’extrait ci-dessous qui souligne “que le port du voile est une pratique religieuse qui ne fait pas partie des fondements de la foi musulmane.”
Parmi les dix points du communiqué du CFCM, la question du port du voile.
La formulation de la réponse apportée à cette question : « Le port du voile est une prescription religieuse, mais celles qui ont décidé de s’en affranchir ne sont pas moins musulmanes et restent dans la communauté des croyants » est dangereuse, tant elle compare le fait de « ne pas porter le voile » au fait de « sortir de la communauté des croyants ». Certes, le communiqué du CFCM dit que le premier n’entraîne pas le second. Mais établir un tel lien n’a pas lieu d’être, d’autant que jamais aucun savant ne l’a fait auparavant. Le port du voile est une pratique religieuse qui ne fait pas partie des fondements de la foi musulmane.
Il faut rappeler également que cette pratique ne figure pas dans ce qui est communément connu comme les cinq piliers de l’islam :  l’attestation de la foi, la prière, la zakat (l’aumône légale), le jeûne et le pèlerinage pour ceux qui en ont les moyens.
Cette formulation laisse entendre qu’il est possible de juger le niveau d’islamité ou de religiosité d’une personne. C’est cette approche radicale qu’il faut combattre fermement. Probablement, le CFCM voulait sous-entendre cela, mais sa formulation était clairement malheureuse. Il faut rappeler sans cesse que la pratique religieuse, quelle qu’elle soit, diffère d’un individu à l’autre et personne n’a le pouvoir ni le droit de juger de la pratique des uns et des autres ou de les stigmatiser.
Le religieux doit rappeler les textes avec leur lecture authentique et contextualisée, accompagner les personnes qui le désirent dans leur cheminement spirituel, respecter leur liberté, reconnaître leur capacité à assumer leur responsabilité face à leurs devoirs et s’abstenir de les juger ou de les cataloguer.
Nous devons assurer à chacun sa liberté de croire ou de ne pas croire, et de pratiquer le culte de son choix. Les femmes qui ne portent pas le voile sont libres de leur choix. Celles qui souhaitent le porter doivent pouvoir le faire en toute liberté, sans limites autres que celles prévues par la loi de la République et les impératifs de l’ordre public.
Union des Mosquées de France
Fait à Paris le 30 octobre 2019

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