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Pour la première fois, une association académique européenne annule une conférence prévue en Israël

Une association européenne de chercheurs en santé mentale a annulé son projet de tenir sa prochaine conférence en Israël, dans la crainte d’un retour de bâton de la part du mouvement international en faveur du boycott.

“C’est la première fois qu’une organisation de ce type revient sur une décision déjà approuvée de tenir une conférence en Israël, ce qui montre que la campagne pour le boycott des universités israéliennes est en train de gagner du terrain”, déclare l’Audirp.

Le Réseau européen pour l’évaluation de la qualité des services de santé mentale (ENMESH), qui comprend 400 membres, avait décidé lors de sa dernière conférence biennale qui s’est tenue début juin à Lisbonne, que sa prochaine réunion prévue pour l’été 2021 aurait lieu à Jérusalem.

Cependant, deux semaines plus tard, Mike Slade, professeur pour le rétablissement et l’insertion sociale en psychiatrie à l’Université de Nottingham, et qui préside le comité exécutif de l’ENMESH, a adressé une lettre aux membres de son conseil les informant de sa décision unilatérale de ne pas tenir la conférence à Jérusalem.

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Il explique dans sa lettre, selon des sources concernées, que c’était avant tout une tentative visant à limiter les dégâts compte tenu des plaintes qu’il avait reçues contre le lieu choisi venant de plusieurs membres du conseil, et qu’il s’attendait à un autre retour de bâton. Il note dans la lettre que si l’organisation réalisait son projet de tenir sa prochaine conférence en Israël, elle pourrait s’attendre à passer les deux prochaines années entraînée dans une controverse et sous la pression de la campagne pour le boycott.

L’annulation a provoqué une lettre de protestation de la part de l’Association israélienne de réadaptation psychiatrique, laquelle compte de nombreux membres actifs à l’ENMESH.

Ilanit Hasson-Ohayon, professeure de psychologie à l’Université Bar-Ilan, près de Tel Aviv, était membre du comité qui était chargé de planifier la prochaine réunion. Elle a dit à Haaretz que la proposition de tenir la conférence de 2021 à Jérusalem avait déjà été soumise deux années auparavant, lors de la précédente conférence de l’ENMESH qui se tenait aux Pays-Bas.

Interrogé par Haaretz sur sa décision, Slade écrit dans un courriel : « L’ENMESH est un réseau de recherche non officiel, sans infrastructure ni financement officiels. Nous avions initialement décidé de tenir notre conférence de 2021 en Israël. Plusieurs membres du conseil, de toute l’Europe, ont par la suite fait état de leurs préoccupations quant au lieu choisi, tandis que d’autres s’y sont montrés favorables. Dans mon rôle de président, je me suis entretenu avec de nombreux collègues au sein et en dehors du conseil de l’ENMESH, notamment avec des collègues d’Israël, sur la meilleure façon d’avancer compte tenu des opinions différentes exprimées par les membres du conseil.

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« Suite à cette consultation, j’ai conclu qu’il était dans l’intérêt de l’ENMESH de modifier son projet. Même si je reconnais que la décision sera perçue par certains comme idéologique, ce n’est en réalité qu’une décision pratique prise dans le meilleur intérêt de l’ENMESH. Il n’a fallu aucune ‘intimidation’ et aucune déclaration n’a été faite sur la question de soutenir ou ne pas soutenir un boycott d’Israël ».

Le professeur Zvi Ziegler, coordinateur de l’effort interuniversitaire israélien qui vise à combattre les boycotts académiques, a confirmé que c’était bien la première fois qu’une organisation académique annulait sa décision de tenir une conférence en Israël. Et il demande au comité exécutif de l’ENMESH d’ « annuler l’annulation ».

En 2013, deux organisations académiques relativement petites, basées aux États-Unis – l’Association d’études asio-américaines et l’Association d’études américaines – ont voté en faveur du boycott des universités et institutions académiques israéliennes. Une initiative identique qui avait été prise par l’Association américaine des anthropologues, beaucoup plus importante, a été annulée en 2016.

En mars, le sénat de l’Université du Cap, en Afrique du Sud, a voté pour l’imposition d’un tout premier boycott général sur toutes les institutions académiques israéliennes et les universitaires israéliens. Cette décision est actuellement examinée par les autorités supérieures de l’université, mais elle n’est pas totalement remise en question.

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Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine

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2 commentaires

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  1. L’Apartheid est une réalité-

    Le Boycott est une réponse face à cette pratique. Cela n’a rien d’anormal ou d’extraordinaire. Rien de nouveau sous le soleil….

    Seuls ragent les supporters de l’Apartheid qui voudraient pouvoir ostraciser en toute impunité et même (quelle audace !) sous les sunlights et les applaudissements forçés… Les méthodes nazis comme d’hab.

    What else !

  2. En réponse aux questions relatives à la prochaine conférence ENMESH, la déclaration suivante est faite:

    Le réseau européen d’évaluation des services de santé mentale (ENMESH) est un réseau international informel de collaborateurs à la recherche, dépourvu d’infrastructure formelle et de financement. Depuis 1994, il organise des conférences de recherche bisannuelles en Europe. Le conseil d’administration de ENMESH, composé de 15 chercheurs de toute l’Europe, prend les décisions. Lors de la réunion du Conseil de juin 2019 à Lisbonne, le Conseil a décidé de tenir la conférence ENMESH 2021 en Israël. Après de nouvelles consultations et compte tenu des ressources insuffisantes pour mener à bien le type de campagne auquel sont soumises certaines conférences tenues en Israël, il a été conclu avec réticence qu’il n’était actuellement pas possible d’accueillir la conférence ENMESH en Israël. La décision était une décision pratique, pas une décision politique ou permanente, et on espère qu’il sera possible de tenir une future conférence ENMESH en Israël. La décision n’a également rien à voir avec des individus; les membres du conseil, y compris le président, travaillent régulièrement avec des collègues israéliens et publient avec eux, dont beaucoup sont également des membres précieux du réseau ENMESH. ENMESH a l’intention d’améliorer la gouvernance et les processus décisionnels afin que cette situation ne se reproduise plus

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