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Maroc : plus de 50% des actes de violence contre les femmes sont commis par leur conjoint

A l’heure où la violence faite aux femmes, tragiquement universelle, est sortie de la confidentialité et de l’intimité des foyers où elle souvent cantonnée, en France et ailleurs, un rapport rendu public au Maroc, vendredi 15 décembre, a jeté une lumière crue sur le véritable fléau de la violence domestique qui frappe des femmes vulnérables à l’abri des regards, dans plus de 50% des cas d’agression contre le sexe dit faible recensés sur le territoire national.

Dans son deuxième rapport annuel couvrant l’année 2016, l’Observatoire national de la violence à l’égard des femmes a mis en évidence que ce sont les jeunes femmes âgées entre 18 et 30 ans (plus de 40%) qui sont les principales victimes de la brutalité de leur conjoint, suivies des épouses de 31 à 45 ans, soit en âge d’exercer un métier, du moins en théorie, et par conséquent d’être moins dépendantes financièrement de leur époux.

Lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée en présence de Bassima Hakkaoui, la ministre marocaine de la Famille, de la Solidarité, de l’Égalité et du Développement social, les responsables de l’Observatoire ont précisé que les chiffres avancés sont irréfutables et s’appuient sur les actes de violence dûment répertoriés par les tribunaux, les hôpitaux, les postes de police et de gendarmerie.

La persistance de plusieurs cas d’agression qualifiés de « dangereux », car pouvant entraîner la mort, avec ou sans préméditation, est également ressortie de ce sombre état des lieux, tandis qu’il apparaît que les femmes sans travail, n’ayant aucune source de revenus, sont les proies faciles de cette violence, notamment sexuelle. A cet égard, la moitié des violences sexuelles (65% en 2015 et 68% en 2016) ont été infligées à des jeunes femmes de moins de 30 ans, selon des données de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Dans la hiérarchisation des violences à caractère sexuel perpétrées au Maroc, le viol caracole tristement en tête, comme l’attestent les recensements des cellules institutionnelles relevant du ministère de la Justice et de la gendarmerie royale, qui font état d’une hausse alarmante du nombre de femmes déclarant en être victimes ou ayant besoin d’une assistance auprès du personnel de santé.

L’âge ne protège pas contre les agressions portant gravement atteinte à l’intégrité de la gent féminine, si l’on en juge par les 883 femmes seniors (plus de 61 ans) qui ont subi des actes de maltraitance en 2015 (6% des cas), et les 792 autres en 2016, (soit 5% des cas).

Si, aujourd’hui encore, le havre de paix du foyer se transforme en enfer pour un trop grand nombre de femmes marocaines, le danger les guette toujours autant à l’extérieur, à chaque coin de rue, dans l’infiniment grand de l’espace public où le plus grand nombre d’actes de violence verbale, physique et sexuelle est enregistré, les prenant pour cibles de prédilection.

7 commentaires

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  1. En France, 8 femmes sur 10 qui sont victimes de violences (verbale, psychologique, physique) le sont par un homme qui leur est proche: conjoint, pacsé, concubin, ou partenaire/petit ami. En 2016 en France, 123 femmes sont mortes suites à ces violences.

    Il s’agit d’un phénomène psychologique et social, pas seulement économique ou culturel. Tous les pays sont concernés, à divers titres.

    Il faut protéger ces femmes, surtout il faut dénoncer auprès de la police/gendarmerie les auteurs des violences. Comme un chien enragé qui continue de mordre, un homme qui a levé la main sur une femme recommencera.

    Les musulmans en particulier doivent suivre le modèle du Prophète (saw) qui PAS UNE SEULE FOIS n’a crié contre ou frappé l’une de ses épouses. En cas de crise: prendre ses distance, faire intervenir un tiers.

      • Ahmed
        Désolé pour les clichés qui traînent dans votre esprit, mais la violence conjugale, par exemple, transcende les classes sociales, les appartenances ethniques et confessionnelles. Quand Bertrand Cantat a tué Marie Trintignant, je parie que vous ne vous êtes pas posé la question de la religion… On vous connaît Ahmed, laissez la haine de vos racines de côté, c’est hors sujet ici.

  2. Je confirme et j’atteste , en tant que marocain, que la société marocaine est le foyer de tous les maux et que l’être parfois a perdu toute notion d’humanité. Les constats sont là tels des symptômes de la gangrène qui ronge cette Oumma dont l’unique soucis est celui de manger et boire.
    Les chiffres d’oumma parlent mais j’aimerai qu’on aille plus loin avec des chiffres maghrébins, du monde dit arabe et puis à l’échelle du monde musulman.
    De telles infos nous aideront à prendre la mesure de notre décadence, de voir le fond du trou au fond duquel on gîte. Et aussi nous poserons-nous les bonnes questions dans un cadre plus large comme celui des violences faites à la population indépendamment du sexe ( l’ignorance, l’éducation, l’économie, le travail, la santé … ) et qui se répercutent dans les espaces familiaux, sociaux etc …
    Je regrette la conclusion d’oumma qui, à mes yeux, est une violence ajoutée aux femmes marocaines et à la populations en évitant de poser le problème dans son cadre le plus large.
    Les grands médias occidentaux s’acharnent à “dénoncer” les violences faites aux femmes en afghanistan, iraq, egypte, … alors que ni les bombes ni les embargos ni les les guerres n’ont réussi à administrer une correction à ce “monstre” qu’est l’homme musulman.
    Des méthodes de cette nature ne sont bien-entendu qu’enfumage et fumisterie.
    Au final, ce qu’on oubli de dire aussi est que toutes les violences faites aux femmes sont des violences faites directement et indirectement faites aux hommes et aux sociétés.

  3. Y-en a mare de cette histoire de “Violence faite aux femmes”; tous ces articles et documentaires TV sont en réalités des violences faites aux hommes, car c’est EUX, qui sont ainsi attaqués en permanence dans les médias.

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