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Londres : Un juge autorise une femme à témoigner en niqab

C’est une justiciable britannique pas comme les autres qui est venue à la barre plaider sa cause, avec l’assentiment du juge Peter Murphy qui a finalement consenti à sa présence, une femme en niqab a fait sensation dans le tribunal Blackfriars Crown Court à Londres lorsqu’elle a comparu enveloppée sous son long voile noir.

Pour sortir de l’impasse aoûtienne, au cours de laquelle le refus de la citoyenne musulmane de faire tomber le voile avait résonné dans le prétoire londonien, bloquant le déroulement normal du procès, le juge Murphy a infléchi sa position en l’autorisant, jeudi dernier, à témoigner voilée intégralement, après qu’une femme policier ait préalablement vérifié son identité en privé et juré sous serment qu’elle était bien la bonne personne.

L’avocate de la femme en niqab, Susan Meek, a rebondi sur l’incident estival, révélateur du deux poids deux mesures à l’égard de la tolérance religieuse et du respect des libertés individuelles fondamentales, pour marteler que sa cliente avait le droit de porter le niqab, comme le stipule la convention européenne des droits de l’Homme relative aux croyances religieuses.

"Elle a le droit de porter le voile intégral en privé et en public», s’est exclamée Susan Meek, renchérissant : "Ce droit de porter le niqab s'étend également à la salle d'audience. Aucune législation dans ce pays, aucune loi ne l’interdit."

Et Susan Meek d’enfoncer le clou, en faisant valoir que le jury serait en mesure d’apprécier la véracité des dires de sa cliente à travers ses réponses et son langage corporel, mais aussi son regard filtrant : "C’est le choix de la défenderesse de se présenter voilée ou non. Si on exige qu’elle enlève son voile, au mépris de sa volonté, si c'est l'avis de la Cour, quelles seront les conséquences? Une procédure d'outrage? Est-ce que tout cela est juste et équitable ?".

Le tribunal de Londres s’est finalement rangé à l’avis de la Cour Suprême du Canada qui, l’an dernier, avait sagement statué en faveur de l’examen au cas par cas dans une affaire similaire, après qu’un juge ait, lui, imposé à une musulmane, victime d'une agression sexuelle, de retirer son niqab afin que les jurés évaluent sa crédibilité en tant que témoin.

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