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L’humoriste Océanerosemarie : “J’ai plein de copines voilées, elles ont toutes choisi de l’être”

L’hypocrisie des bien-pensants, l’endogamie de caste, mais aussi l’obsession pathologique de l’islam ne résistent pas au rouleau compresseur de l’humour militant d’Océanerosemarie, actuellement à l’affiche du spectacle « Chatons violents » à Paris.

Auteur, compositeur, interprète et étoile comique montante sur la scène du one-woman show, cette véritable femme orchestre du spectacle, qui n’a jamais fait mystère de son homosexualité, ose rire de tout, et notamment des sujets les moins consensuels, voire tabous et carrément casse-gueules, ayant trouvé la plus caustique des armes pour désamorcer les polémiques passionnelles et briser les préjugés noircis à dessein.

Invitée dimanche dernier de l’émission "Maghreb-Orient Express" (voir vidéos ci-dessous), sur TV5MONDE, la reine du rire à contre-courant a appelé à « déconstruire l’islamo-fantasme »  le plus sérieusement du monde, délaissant momentanément l’antidote de l’ironie pour s’exprimer avec ses tripes sur un mal français très contagieux :  « dès qu’on parle des femmes voilées, c’est tout le temps des femmes soumises, voilées de force. Moi j’ai plein de copines voilées, elles ont toutes choisi d’être voilées. Peut-être faut-il écouter ces voix-là. Quand il y a eu les débats sur les lesbiennes, elles, on ne les entendait jamais parler. Alors avec les femmes voilées c’est pareil, on parle à leur place. Il faut déconstruire cet islamo-fantasme. »

Océanerosemarie a l’art d’épingler les travers de la société française pour faire sourire, rire et réfléchir, et elle ne pouvait pas décemment laisser passer l’absence criante des féministes issues des courants historiques et dominants en France lors de la « Marche de la Dignité ». Elle a pris sa plus belle plume engagée pour réagir dans une tribune parue dans Libération le 5 novembre, appuyant là où le bât blesse, comme elle sait si bien le faire, au risque ou en espérant faire grincer bien des dents… 

"Derrière ces femmes (du collectif ndlr), en revanche, aucune trace d’Osez Le féminisme, Féministes en mouvement, La Barbe, les Femen (lol), les Chiennes de garde, Ni putes ni soumises (double lol), ou autre association féministe de premier plan. Cela interroge. Faut-il en conclure qu’aucune de ces associations ne s’est reconnue dans le combat pour la justice porté par les 70 femmes de la Mafed (Marche des femmes pour la dignité) ? Le message était clair : nous vivons dans un pays où la justice et la police sont à deux vitesses et où celles et ceux qui ont une gueule d’Arabe, de Rom ou de Noir, pour peu qu’ils vivent en plus dans un quartier populaire, en font les frais. La routine se résume à un contrôle au faciès, à des violences policières (verbales ou physiques) et peut conduire, dans le pire des cas, à des crimes policiers. (…/…) A tous les gens de gauche, voici ce que je voudrais dire : je suis blanche, lesbienne, bourgeoise, féministe, militante des droits LGBT, j’ai été à la marche de la Dignité et je déplore l’absence de toutes les féministes dites «intersectionnelles» et de toutes celles et ceux qui partagent mes combats."

Dans ce deuxième extrait de l'émission, elle évoque sa prise de conscience des discriminations liées aux origines, ce qu'elle appelle le "privilège blanc", résultat d'une histoire coloniale pas encore affrontée ni résolue…

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