Les fédérations sont à couteaux tirés sur les projets de réorganisation du culte, alors que les autorités souhaitent promouvoir un système décentralisé sur le modèle allemand.
Un an après le discours d’Emmanuel Macron aux Mureaux sur le séparatisme, l’islam de France est en voie de « libyanisation ». Il a déjà deux « gouvernements », deux « chartes » des principes républicains et il y aura bientôt deux conseils nationaux des imams . Les querelles entre les acteurs compliquent sérieusement la restructuration de cette religion, voulue par les pouvoirs publics à la suite de la vague d’attentats islamistes.
L’Elysée et le ministère de l’Intérieur vont commencer de nouvelles consultations avec les responsables des différentes structures représentatives des fidèles (trois millions de pratiquants de plus de 15 ans, selon l’Institut Montaigne). Au niveau national, l’Etat souhaite travailler avec les signataires de la « charte des principes » de l’islam de France. Ce qui exclurait de facto le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), Millî Görüs (CIMG) et le mouvement Foi et Pratique , proche des prédicateurs du Tabligh.
Ces fédérations, bien que membres du Conseil français du culte musulman (CFCM), n’ont pas signé ce texte, préférant adopter une « Déclaration de principes » apportant plusieurs nuances sur le respect des libertés et l’islam politique. Les autorités ne leur ferment pour autant pas la porte si elles ratifient la charte initiale.

